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Textes à méditer : Terreaurisme (Et si on parlait de terreaurisme ?)

Temps de lecture : 14 minutes
Textes à méditer : Terreaurisme (Et si on parlait de terreaurisme ?)

A la recherche de la paix ; Etat d’urgence ! ; Et, si demain ; « Vous n’aurez pas ma haine » ; Il y avait de l’étrange… ; Prière pour l’enfant meurtri

A la recherche de la paix

Il était une fois une petite ville dont les habitants arboraient toute l’année un visage triste et morose.
Malheureux de voir une telle ambiance régner dans sa ville, le maire fit une proclamation publique :
- Y aurait-il parmi vous un volontaire pour aller chercher la paix ? Je crois que la paix serait la solution à tous nos problèmes !
Un vieux jardinier accepta de partir. Il n’avait pas de plan de route ; pas de destination précise.
Il avait juste dans son bagage ce projet un peu fou… de ramener la paix de son mystérieux voyage.
De longues semaines passèrent, et personne n’avait de ses nouvelles.
Le vieux ne revenait pas et les mauvaises herbes envahissaient son jardin.
Ce spectacle désolait sa vieille voisine. Les fruits et les légumes du printemps allaient être complètement perdus si personne ne prenait soin de cette terre tant aimée et soignée d’ordinaire par le jardinier.
Elle finit par s’armer d’une bêche et se mit au travail pour entretenir le jardin abandonné.
D’autres voisines la regardaient par leurs fenêtres. Elles dirent à leurs grands gaillards de fils :
- Vous n’avez pas honte de rester plantés là devant la télévision pendant que cette vieille dame est penchée sur sa bêche ?
- Personne ne l’y a forcée, marmonnèrent-ils. 
Mais ils étaient bons, au fond d’eux… et ils finirent par la rejoindre.
L’été arriva… le jardinier n’était toujours pas de retour.
Mais son jardin fleurissait et il y avait fort à faire… les arbres croulaient sous le poids des fruits.
D’autres bonnes volontés se proposèrent, et tous ces camarades de travail, se lièrent d’amitié et le jardin devint un petit bijou et une vraie source de bonne humeur et de joie.
On apportait chaque jour d’énormes bouquets de fleurs aux malades des hôpitaux ; on organisa même une grande fête pour déguster ensemble les délicieux fruits et légumes !
C’est au cours de cette fête que le vieux jardinier revint. Il fut accueilli par des ovations.
Un grand silence se fit quand il posa son sac sur le sol.
Tout le monde guettait cette paix promise sûrement cachée dans ce sac.
Et le jardinier prit la parole :
- Je n’ai pas ramené la paix, dit-il. Il parait qu’elle m’a précédé ici.

Charles Delhez


Etat d’urgence !

« Vous n’aurez pas ma haine. Non, je ne ferai pas le cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère, ce serait céder à la même ignorance qui a fait ce que vous êtes. » (Antoine Leiris)
Violence et haine contre paix, pardon et amour ? Quel choix allons-nous faire ? 
Laisser germer et croître ces graines de violence qui se traduisent par tant de paroles, de gestes,  destructeurs de l’autre parce qu’il est différent, parce qu’il ne pense pas comme moi ? 
Ou bien accepter de prendre en compte l’autre tel qu’il est et non pas tel que nous voudrions qu’il soit, considérer celui qui est différent comme notre semblable ? 
Et si nous construisions un « vivre ensemble » en adoptant les clés, les sésames qui ouvriront la porte à l’amour pour dominer la haine. 

A l’image d’Abraham, « quittons notre pays », nos points de repère habituels, notre « trop connu », pour aller vers l’autre. Vainquons la peur que nous avons devant toute réalité inconnue, qui ne nous est pas familière.
« La peur est vaincue quand elle n’a plus de visage à prendre, quand on s’efforce de jeter un regard de paix sur tout être, même le plus apparemment hostile. Etre chenille et aimer en tous ses frères le papillon en devenir et cela sans frontières ni dans l’espace, ni dans le temps. » (Christian de Chergé)

Accueillons la différence.
« Là où règne l’identique, la dictature, la violence et le chaos ne sont jamais loin. » (Gabriel Ringlet)

Si l’autre devient mon frère, cherchons à mieux le connaître, le comprendre.
« Tu étais loin, j’ai ajusté mon fusil, j’allais tirer. Tu t’es approché, tu étais là, tu m’as tendu la main. J’ai su que tu étais mon frère. » (Proverbe touareg)

Oui, « donnons au monde un nouveau signe d’harmonie, une mosaïque de visages si divers, de toutes les races, langues, peuples et cultures mais unis dans le nom de Jésus qui est le visage de la Miséricorde. » (Le pape François)

N’est-il pas là le véritable état d’urgence : oser opposer la force de la paix et de l’amour à la violence, l’aveuglement moral et la haine. Et il n’est pas limité dans le temps cet état d’urgence !

Yvon Garel


Et, si demain

Et, si demain...
Le monde décidait d'essayer d'être humain.
Quelques instants seulement, pour voir...
Et enfin pouvoir croire
Que l'homme n'est pas un animal,
Et sait faire autre chose que le mal.

Et, si après-demain...
Le monde décidait d'être humain.
Quelques heures, pour se prouver
Que chacun d'entre nous peut trouver
La force d'aider son prochain
En lui tendant la main.

Et, si du jour au lendemain
Le monde décidait de rester humain,
En s'avouant, au fil des jours
Que la solidarité est son seul recours
Pour que chacun sur terre
Existe, et enterre
Ses malheurs et ses souffrances,
Et vive enfin ses espérances 

Dominique Sagne


« Vous n’aurez pas ma haine »

« Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son coeur.
Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un oeil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus. »

Antoine Leiris (16 novembre 2015, à la suite de l’attentat du Bataclan)


Il y avait de l’étrange…

Il y avait de l’étrange dans mon ciel, et je ne le savais pas.
Mon ciel était au-dessus de mes toits et mes étoiles,
Je croyais les connaître toutes,
Mais toi, l’étranger, tu m’as dit d’autres toits, d’autres cieux,
Et tu as fait se lever des astres que je ne connaissais pas.

Il y avait de l’étrange dans ma terre, et je ne le savais pas.
Mes jardins étaient couverts de pommiers et de mirabelliers,
Mais toi, l’étranger, tu as planté dans ma terre
Des fleurs de palmiers et des plants d’olivier,
Et tu as fait jaillir une sève que je ne connaissais pas.

Il y avait de l’étrange dans ma langue, et je ne le savais pas.
Ma langue chantait en patois et dialectes,
Mais toi, l’étranger, tu es venu avec d’autres notes et paroles,
Et tu as fredonné des airs que je ne connaissais pas.

Il y avait de l’étrange dans ma peau, et je ne le savais pas.
Ma peau à moi rêvait de noir d’ébène et de jaune sable,
Mais toi, l’étranger, tu m’as révélé des couleurs inouïes,
Et tu as dessiné des arcs-en-ciel que je ne connaissais pas.

Robert Riber  (Prêtre et poète, 1935-2013)


Prière pour l’enfant meurtri

Seigneur, ton fils est né enfant dans les bras de Marie,
Il est venu ainsi partager notre vie.
Aussi faible que nous, il a vécu la violence,
Et sur la croix, il a porté nos souffrances.
 
Quand un enfant pleure, Seigneur,
Tu souffres avec lui.
Donne à tous les adultes
De te reconnaître en ces enfants meurtris,
Et entoure chacun d’eux de ta tendre présence.
 
Seigneur, offre à tous les petits le rire et l’espérance,
Verse dans nos coeurs les flots de ton amour,
Insuffle-nous la force de toujours porter secours.
Avec toi, nous le croyons,
Nous vaincrons la violence et bâtirons la paix.
Amen.

Site ACAT Sélestat

© Becausetoujours

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