Accueil > Contenus d'enseignement > Langages - penser - communiquer > Français

Au pied de la lettre

Temps de lecture : 3 minutes
Au pied de la lettre

La réforme de l'orthographe vue avec humour, mais pas que...

Déjà fin aout ! Sorti in extrémis de ma cahutte, j’enfile mon teeshirt et file daredare vers l’école. J’avance cahincaha. Le surentrainement de handball se fait encore sentir. J’aurais dû me contenter de quelques parties de pingpong !

Arrivé dans la salle des maitres, l’alignement des boites dans les garde-mangers me rappelle que je ne suis pas en avance. Je dépose mon casse-croute et salue mes collègues arrivés au compte-goutte. Tout le monde est là : le casse-pied, le combattif, le déchainé, la globetrotteuse, la manageuse, les sans-gênes et les souffre-douleurs, les rabat-joies et les trouble-fêtes. Benoitement, j’ouvre le porte-document que la directrice avait posé sur les sous-mains. De ce mélimélo, je retiens ce qui fait figure d’évènement : les rectifications orthographiques de 1990 appliquées dans les nouveaux programmes, à partir du cycle 2. Un tel renouvèlement m’interpelle ! J’avoue méconnaitre les grandes lignes de cette réforme. Ce n’est pas le cas de ma collègue de droite qui est au moins sure d’un changement : la féminisation des noms de métiers et de fonctions. Il faut dire que c’est une footballeuse ! Autour de la table, les aprioris ne sont pas favorables : « Pourquoi faire disparaitre l’accent circonflexe ? », « Je n’ai pas l’impression que c’est un allègement ! », « C’est un surcroit de travail, en pleine rentrée scolaire ! », « On fabrique de nouvelles embuches pour nos élèves ! »…

L’emploi de la « nouvelle orthographe » n’est pas imposé, mais recommandé. Chaque enseignant semble divisé entre ce qu’il éprouve subjectivement et ce qui serait souhaitable objectivement pour ses élèves. Je crois que nous avons un lien très affectif avec la langue écrite. Voir disparaitre les mots que nous avons connus depuis l’enfance est un petit déchirement. Mais la langue est vivante et, pour les élèves, la perspective est sans doute différente.

Commentaires

Pas encore de commentaires.

Ajouter un Commentaire

* Informations obligatoires
(ne sera pas publiée)
 
Avertissez-moi des nouveaux commentaires par e-mail.
 
J'ai lu et j'accepte les conditions d'utilisation. *
 
 
Powered by Commentics