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Le pèlerinage, une démarche de foi

Temps de lecture : 10 minutes
Le pèlerinage, une démarche de foi

La démarche du chrétien qui prend la route pour rejoindre un lieu de pèlerinage s’inscrit dans une optique que l’on peut résumer avec quatre verbes : partir, cheminer, demeurer et repartir.

PARTIR
Faire un pèlerinage, c’est évidemment partir de chez soi.
Abraham est devenu le père des croyants parce qu’il a répondu positivement à la parole de Dieu qui lui disait : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père pour le pays que je t’indiquerai ».
Partir c’est répondre à un appel, faire confiance à une parole entendue, faire crédit à une promesse. Il en va ainsi pour tout pélerin.
Partir n’est pas fuir : par peur des responsabilités et pour leur échapper. Partir, c’est marquer une rupture : une rupture avec les habitudes qui enferment, une rupture qui donne du champ et du recul, une rupture qui traduit l’envie de découvrir autre chose.
Partir, pour un chrétien, c’est répondre à l’invitation du Christ qui ne cesse de redire : « Viens et suis-moi ».
Partir en pèlerinage, c’est se désinstaller et partir vers d’autres lieux, vers d’autres cieux, vers d’autres gens : c’est s’ouvrir à l’inconnu et à la nouveauté.
 
CHEMINER
Si les conditions actuelles des pèlerinages ont relativisé l’importance de la route, il importe de ne pas perdre de vue l’aspect du cheminement, de la route à faire.
La marche oblige à s’investir tout entier : non seulement avec le cœur mais aussi avec le corps.
La foi ne nous vient pas seulement par la tête mais aussi par les mains, par les pieds…
La marche impose aussi de se désencombrer. 
Quand on doit marcher, on laisse derrière soi beaucoup de choses et on se contente de l’essentiel. Marcher, c’est se débarasser de ce qui n’est pas essentiel et c’est aussi s’en remettre, pour survivre, à l’imprévu des rencontres.
En matière de cheminement, deux références sont fondamentales : les quarante ans d’exode d’Israël à travers le désert, temps d’épreuve et d’édification et les déplacements de Jésus passant de village en village, allant à la rencontre des oubliés et s’engageant résolument pour culminer dans son chemin de la croix.
Ces deux  références peuvent nous aider à qualifier la qualité chrétienne de nos pèlerinages : si et en quoi ils dépouillent - si et en quoi ils permettent des rencontres - comment s’y inscrit le chemin de croix de Jésus.
On ne peut pas faire pèlerinage sans partager la Passion du Christ et sans participer d’une manière ou d’une autre aux épreuves qui marquent la vie de nos frères.
 
DEMEURER
Jésus s’adresse aux premiers disciples. « Que cherchez-vous ? » leur demande-t’il.
« Rabbi, où habites-tu ? » questionnent-ils à leur tour.
« Venez et voyez » leur répond Jésus. « Ils allèrent donc, ils virent où Il demeurait et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là. »
Aller : se déplacer vers Celui qu’on cherche.
Voir : ouvrir ses yeux, ses oreilles, son esprit, son cœur pour se laisser prendre.
Demeurer : tenir et durer dans cette proximité et cette écoute.
La marche vers un sanctuaire, le séjour dans le sanctuaire, correspondent bien à ce triple mouvement.
En pèlerinage, dans un sanctuaire, nous sommes invités à demeurer un peu dans un lieu où le Seigneur « signifie » son dessein de salut et d’Alliance.
 
Demeurer,
c’est prendre le temps et rompre avec l’agitation ;
c’est écouter la parole et l’accueillir comme Parole de Dieu ;
c’est évoquer et invoquer : évoquer la grande histoire du salut et invoquer celui dont 
on croit qu’Il est là.
 
REPARTIR
Le pèlerinage est un moment important, mais il doit renvoyer au quotidien de la vie.
Car le temps n’est pas encore venu pour le pèlerin de rester sur la montagne. Il faut redescendre comme ont dû le faire Pierre, Jacques et Jean après la Transfiguration.
Aux femmes cherchant le Crucifié au tombeau, l’ange dit : « Il n’est pas ici. Il est ressuscité. Allez dire à ses disciples qu’Il vous précède en Galilée ».
Le pèlerinage chrétien ouvre sur autre chose, sur un ailleurs. Il renvoie les pèlerins vers la Galilée : ce monde ambigu où coexistent le meilleur et le pire, ce monde souvent éloigné de la foi. Aller en Galilée, c’est accepter d’entrer dans la mission de Jésus lui-même, c’est redire à sa suite : « le Règne de Dieu est proche ; convertissez-vous et croyez à l’Evangile », c’est annoncer le Règne comme il l’a fait par des gestes, par des signes et par des paroles. 
Le pèlerinage débouche sur la mission. Il établit dans la paix et bannit la crainte des cœurs… « Soyez sans crainte ».
 
Ces quelques lignes sont extraites d'une intervention du P. Dubreil, sur le pèlerinage comme démarche de foi.
 
"Tous, pèlerins d’Emmaüs" 
 
Seigneur Jésus, souviens-toi de cette petite maison là-bas à Emmaüs, 
et du bout de chemin qui y conduit quand on vient de la grand-route.
Souviens-toi de ceux qu’un soir, tu abordas là-bas, 
souviens-toi de leurs cœurs abattus, 
souviens-toi de tes paroles qui les brûlèrent, 
souviens-toi du feu dans l’âtre auprès duquel vous vous êtes assis, 
et d’où ils se relevèrent transformés, 
et d’où ils partirent vers les prouesses d’amour…
Regarde-nous.
Vois, nous sommes tous pèlerins d’Emmaüs, nous sommes tous des hommes qui peinent dans l’obscurité du soir, las de doutes après les journées méchantes.
Nous sommes tous des cœurs lâches, nous aussi.
Viens sur notre chemin, brûle-nous le cœur à nous aussi.
Entre avec nous t’asseoir à notre feu…
Et qu’exultant de joie triomphale, à notre tour, nous nous relevions pour bondir révéler la joie à tout homme au monde en l’Amour à jamais jusqu’à notre dernier souffle…
 
Abbé Pierre (1912-2007). 
 

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