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Le sens des programmes 2015 au travers des occurrences

Temps de lecture : 15 minutes
Le sens des programmes 2015 au travers des occurrences

Pour une lecture rapide des programmes… L’omniprésence de certains mots est un excellent indicateur pour identifier ce qui est prioritaire ou très important. C’est une bonne façon de se centrer sur le sens avant d’entrer dans le détail des programmes et rester dans l’esprit de ce qui est attendu. 

Si la phase travail par discipline et par cycle est nécessaire, elle ne peut se faire qu’avec le cap du sens global donné à ces programmes. Une première approche des programmes donnant accès aux intentions sous-jacentes est un incontournable.  Il est également nécessaire d’y retourner régulièrement pour que le détail ne fasse pas oublier le sens.
Lire et relire l’introduction et les spécificités pour chaque cycle soit 3 pages pour la maternelle, 4 pages pour le cycle 2 et 5 pages pour le cycle 3.

Connaître les occurrences pour repérer l’essentiel. Ce travail est proposé de la maternelle au cycle 4 pour rester dans la dynamique d’une continuité des programmes depuis les débuts de la scolarité.  

Les occurrences dans les programmes de maternelle
Extrait de l’article sitEColes Maternelle : lire les nouveaux programmes, Elisabeth Lhérithier et Marie-Odile Plançon :

Par ordre d’importance on trouve donc les mots suivants : jeu, corps, communiquer, progressivité, coopération, réflexion, personne, désir, diversité, fiches.
Certains de ces mots ne sont ni nouveaux, ni surprenant dans des programmes pour la maternelle et pourtant la lecture du texte montre des changements, des évolutions. C’est particulièrement vrai pour le jeu, le corps, la personne, le désir, les fiches. Le mot fiche par exemple ne figure qu’une fois, dans la phrase suivante : « Dans tous les cas, les situations inscrites dans un vécu commun sont préférables aux exercices formels proposés sous forme de fiches. »
D’autres, tels que communiquer, progressivité, coopération, réflexion, diversité présentent des définitions plus novatrices et plus ouvertes tout en rappelant que « chaque enseignant s’attache à mettre en valeur, au-delà du résultat obtenu, le cheminement de l’enfant et les progrès qu’il fait par rapport à lui-même. Il permet à chacun d'identifier ses réussites, d'en garder des traces, de percevoir leur évolution. Il est attentif à ce que l'enfant peut faire seul, avec son soutien (ce que l'enfant réalise alors anticipe souvent sur ce qu'il fera seul dans un avenir proche) ou avec celui des autres enfants. Il tient compte des différences d'âge et de maturité au sein d'une même classe. »

Histogramme des occurrences dans les programmes de la maternelle 2015

Les occurrences dans les programmes de cycle 2, cycle 3, cycle 4
Document Bénédicte Dubois, responsable du Pôle éducation inclusive, IFP Nord Pas de Calais, 2016

La publication de nouveaux programmes permet l’identification du plan d’action, des intentions et des valeurs qui s’expriment en filigrane au profit du système éducatif français.  Cf.  Contenus et programmes scolaires : comment lire les réformes curriculaires ? Par Olivier Rey, Chargé d’études et de recherche à la Veille scientifique et technologique.

Les tableaux suivants mettent en exergue les nombres de mots exprimés dans les programmes des cycles 2, 3 et 4 et permettent, d’une certaine façon, de pointer les valeurs ou les intentions qui sont sous-tendues mais aussi ce qui est considéré comme prioritaire. Ils se présentent sous la forme d’un comparatif permettant d’identifier une progression au fil de la scolarité.
En cycle 2 : Le mot « culture » est exprimé 45 fois, le mot « langage » 48 fois, et le verbe « questionner » apparait 30 fois….
En cycle 3 : Le mot « projet » est exprimé 40 fois, le verbe « comparer » 30 fois, « échanger » apparait 24 fois...
e terme « projet » est cité 27 fois dans les programmes de cycle 2, 43 fois dans les programmes de cycle 3, 54 fois dans les programmes de cycle 4.
Pour plus de cohérence, ces mots sont catégorisés par fonctions cognitives impliquées dans tous les apprentissages.

Références des concepts : 
- Définitions (fonctions cognitives): association québécoise des neuropsychologues
- Autres définitions
- Définition créativité : LUBART Todd (2003),  Psychologie de la créativité, Colin.


 

Commentaires tableaux cycles 2, 3, 4

En lien et cohérence avec les attendus du Socle commun de connaissances, de  compétences et de culture, l’enseignement du français met l’accent sur l’aspect communicationnel et les échanges verbaux tout au long de la scolarité. Le débat en classe, qui nécessite de savoir argumenter, (se) justifier, expliquer… augmente de façon exponentielle d’un cycle à l’autre. Cela renvoie à l’apprentissage du statut d’élève où il faut apprendre à travailler ensemble mais aussi gagner en habileté et en assurance pour devenir des acteurs responsables dans le monde de plus en plus complexe dans lequel nous vivons.

Les fonctions exécutives, qui occupent une place prépondérante dans tous les apprentissages, sont déjà très prégnantes au cycle 2 à travers les verbes raisonner, réfléchir, analyser… mais aussi à travers le concept de créativité. Créer ne se réfère pas qu’au domaine artistique mais à une multitude de domaines, y compris lorsqu’il s’agit de résoudre des problèmes de la vie quotidienne. Cette capacité à résoudre des problèmes, à réaliser des projets en formulant des buts, à mettre un plan en action, à prendre des décisions, augmente au fur et à mesure de la scolarité de l’élève, dans la logique de développer des compétences adaptatives à la complexité du monde en perpétuel changement.

En ce qui concerne le domaine de la perception, les verbes observer, identifier, repérer et explorer sont cités de nombreuses fois, surtout au cycle 3, cycle de consolidation. Sans doute est-ce pour insister sur l’apprentissage à adopter une posture d’observateur, assortie d’une approche « rationnelle » du monde. Par voie de conséquence, le verbe décrire, qui se réfère au domaine du langage mais aussi à la capacité à exposer des éléments observables avec objectivité, est cité une trentaine de fois dans les trois cycles.

Socle de tout apprentissage, la mémoire est davantage déclinée en termes d’appropriation que de restitution, ce qui met en exergue les mécanismes actifs qui utilisent les indices de l’encodage. Co extensive de la mémoire, l’attention est exprimée sous la forme de mobilisation des connaissances, des expériences et des outils. On repère donc, qu’à travers ces programmes, il ne s’agit pas seulement d’appliquer des connaissances mais de les adapter et de les généraliser.

L’utilisation des outils numériques comme supports de communication et d’apprentissage est bien évidemment recommandée, plus particulièrement au cycle 3, sans doute identifié comme étant le moment stratégique de leur apprentissage.

Le mot culture, présent dans l’intitulé du Socle commun pour la première fois, est fréquemment nommé dans les trois cycles. Il se réfère aux connaissances acquises dans une multitude de domaines : littérature, philosophie, sciences, art, histoire, géographie… mais invite également à l’exercice du jugement et à l’éclairage que doit avoir l’Homme sur lui-même et sur le monde pour lui permettre de progresser.

Si la « pédagogie de  projet » est présente depuis plusieurs décennies à l’école maternelle, « l’apprentissage par projet » apparait explicitement et de façon graduelle dans ces programmes au cours des cycles 2, 3 et 4. Cela met en évidence la nécessaire continuité recommandée tout au long de la scolarité d’un élève.

Au regard des valeurs sous-tendues par les mots les plus exprimés dans ces programmes, l’apprentissage par projet synthétise l’ensemble des attendus de l’Ecole. Un processus systématique d’acquisition et de transfert de connaissances au cours duquel l’apprenant anticipe, planifie et réalise, dans un temps déterminé, seul ou avec des pairs et sous la supervision d’un enseignant, une activité observable qui résulte, dans un contexte pédagogique, en un produit fini évaluable. (Proulx, 2004)

Enfin, le verbe comprendre, exprimé 124 fois au cycle 4 (!) ne se limite pas seulement aux contenus disciplinaires et didactiques mais aussi à la maîtrise de compétences métacognitives permettant à l’élève de développer une conscience de ses démarches au cours de l’exécution de tâches dans lesquelles il est engagé. Cela rejoint le domaine 2 du socle commun : « Méthodes et outils pour apprendre », qui a pour objectif de permettre à tous les élèves d’apprendre à apprendre afin de réussir dans leurs études et de se former tout au long de la vie.

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