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Miséricorde (Le nom de Dieu est miséricorde : Pape François)

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Miséricorde (Le nom de Dieu est miséricorde : Pape François)

« L’Église n’est pas là pour condamner, mais pour permettre la rencontre avec cet amour viscéral qu’est la miséricorde de Dieu. Pour que cela se produise, il est nécessaire de sortir. Sortir des églises et des paroisses, sortir et aller chercher les gens là où ils vivent, où ils souffrent, où ils espèrent. »  

À travers son ouvrage, une conversation avec le journaliste Andrea Tornielli, le pape François nous délivre un témoignage personnel et des clés pour comprendre le Jubilé en particulier et son pontificat en général. En voici quelques extraits.

Être miséricordieux signifie ouvrir son coeur au mystère. Regardons l’attitude du Seigneur : la miséricorde, c’est l’attitude divine qui consiste à ouvrir les bras, c’est Dieu qui se donne et qui accueille, qui se penche pour pardonner…. On peut dire que la miséricorde est la carte d’identité de notre Dieu. 
La miséricorde est comme le ciel : nous, nous regardons le ciel criblé d’étoiles, mais quand le soleil se lève, au matin, avec sa grande lumière, les étoiles ne se voient plus. Ainsi est la miséricorde de Dieu : une grande lumière d’amour et de tendresse, parce que Dieu pardonne non avec un décret mais avec une caresse. 
La miséricorde est un élément indispensable dans les relations humaines, pour qu’il y ait de la fraternité. La seule mesure de la justice ne suffit pas. Avec la miséricorde et le pardon, Dieu va au-delà de la justice, il l’englobe et la dépasse, en un évènement supérieur dans lequel on fait l’expérience de l’amour, qui est le fondement de la vraie justice. 
 
La fragilité des temps où nous vivons, c’est aussi cela : croire qu’il n’existe aucune possibilité de rachat, une main qui t’aide à te relever, une étreinte qui te sauve, te pardonne, te soulage, t’inonde d’un amour infini, patient, indulgent, et te permet de reprendre la route.
Oui, je crois que ce temps est celui de la miséricorde. L’Eglise montre son visage maternel, son visage de maman, à l’humanité blessée. Elle n’attend pas que les blessés frappent à sa porte, elle va les chercher dans la rue, les accueille, les embrasse, les soigne, leur fait sentir qu’ils sont aimés…  
L’Église est comme un hôpital de campagne, où l’on soigne en priorité les blessures les plus graves. Une Eglise qui réchauffe le coeur des gens, par son attention et sa proximité.
L’hôpital de campagne, l’image avec laquelle je me plais à représenter cette « Eglise en sortie », a pour caractéristique de naître là où l’on se bat : ce n’et pas la structure solide, pourvue de tout où on va soigner les maladies bénignes ou gravissimes. C’est une structure mobile, de sauvetage, d’intervention rapide, pour éviter que les combattants ne succombent. On y pratique la médecine d’urgence, et non les check-up spécialisés. 
 
L’important, dans la vie de tout homme et de toute femme, n’est pas le fait de ne jamais tomber en chemin. l’important, c’est de toujours se relever, de ne pas rester à terre à lécher ses propres plaies. 
Le premier et le seul pas requis pour faire l’expérience de la miséricorde consiste à reconnaître que l’on a besoin de miséricorde.
Se reconnaître pécheur, c’est se placer face à Dieu, qui est notre tout, en nous présentant à Lui, c’est-à-dire en lui présentant notre néant. Nos misères, nos péchés. 
Dieu cherche la brèche dans le coeur de l’homme, pour trouver ce rai de lumière qui permet l’action de la grâce. Il ne veut pas que les gens se perdent. Sa miséricorde  est infiniment plus grande que notre péché, son remède beaucoup plus puissant que la maladie qu’il doit soigner en nous…. Dieu nous attend, il attend seulement que nous lui accordions ce minuscule rai de lumière pour pouvoir agir en nous, avec son pardon, avec sa grâce. 
 
Notre humanité est blessée ; nous savons reconnaître le bien et le mal, nous savons ce qu’est le mal, nous essayons de suivre le chemin du bien, mais souvent nous tombons à cause de notre faiblesse et nous choisissons le mal. 
Nous sommes des êtres sociaux et le pardon a un aspect social. Se confesser devant un prêtre est une façon de remettre ma vie entre les mains et le coeur d’un autre qui, à cet instant, agit au nom et pour le compte de Jésus. C’est une façon d’être concret et authentique : se mettre face à la réalité en regardant une autre personne, et non soi-même reflété dans un miroir.  
Le confessionnal ne doit pas être un pressing pour qu’on vous nettoie ose c et vous devenez comme avant. Comme si on faisait nettoyer une veste ou une robe : on les passe à la machine, et le tour est joué. Mais le péché est bine plus qu’une tache. le péché est une blessure qui doit être soignée, pansée. 
L’Église condamne le péché parce qu’elle doit dire la vérité : ceci est un péché. Mais en même temps, elle embrasse le pécheur qui se reconnaît tel, elle est proche de lui, elle lui parle dans l’infini miséricorde de Dieu. 
 
Il n’est pas de situation dont nous ne puissions sortir ; nous ne sommes pas condamnés à nous enliser dans les sables mouvants, dans lesquels, plus nous bougeons, plus nous nous enfonçons. Jésus est là, la main tendue, prêt à nous saisir et à nous tirer de la boue, du péché, même si nous sommes tombés dans l’abîme du mal. Nous devons seulement prendre conscience de notre état, être honnêtes envers nous-mêmes, ne pas lécher nos blessures. Demander la grâce de nous reconnaître pécheurs, responsables de ce mal. Plus nous reconnaîtrons nos propres manquements, plus nous éprouverons de la honte et nous nous humilierons, plus vite nous serons inondés par l’étreinte de sa grâce. Jésus nous attend, nous précède, nous tend la main, est patient avec nous. Dieu est fidèle. 
 
Enseigner la miséricorde aux enfants en les habituant aux récits de l’Evangile, aux paraboles. En dialoguant avec eux et, surtout, en leur faisant faire l’expérience de la miséricorde. En leur faisant comprendre que, dans la vie, on peut se tromper, mais que l’important est de toujours se relever. En parlant de la famille, j’ai dit que c’est l’hôpital le plus proche : lorsque quelqu’un est malade, c’est là qu’on le soigne, tant qu’on peut le faire. La famille est la première école des enfants, elle est la référence incontournable pour les jeunes, le meilleur refuge pour les plus âgés. J’ajoute que la famille est aussi la première école de miséricorde, car si l’on est aimé et si l’on apprend à aimer, on est pardonné et on apprend à pardonner. Je pense au regard d’une mère qui s’épuise au travail  pour ramener à la maison le pain pour son fils drogué. Elle l’aime nonobstant ses erreurs. 
 

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