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Textes à méditer : Violence (face à la violence)

Temps de lecture : 27 minutes
Textes à méditer : Violence (face à la violence)

Comme un matin blessé... ; Nous sommes tristes ; Psaume 78 (réécrit pour aujourd'hui...) ; Après le 13 novembre 2015 ; Fais éclater ta Pentecôte ; La paix est une fleur délicate ; Pardonner ; Seigneur, pardonne ! ; Prière pour les bourreaux ; Prière du Mahatma Gandhi ; Rends-nous solidaires

Comme un matin blessé...

S’ils t’amenaient à douter
De l’humanité qui est en toi
Alors ils auraient réussi leur crime

S’ils plantaient dans ton cœur
Les couteaux de la haine
Alors le sang de leurs victimes aurait fleuri pour rien

S’ils te faisaient désirer
Plus la guerre que la paix
Alors ils auraient su t’amener sur leur propre terrain !

Contemple avec tes larmes
Combien tu peux te fourvoyer toi-même
En leurs sombres desseins

Arrache les épines ôte la poutre
Vois et regarde l’humanité blessée qui est en toi

Ne sois plus le terreau
De leur geste violent qui arrache et détruit
Mais cette terre où n’étant rien
Grandit en toi l’Amour
La Voie la Vie et le Chemin !

Jean Lavoué, 16 novembre 2015
(www.enfancedesarbres.com)


Nous sommes tristes

En union de prières avec les victimes des attentats et leur famille...

Tu es ma lumière et mon salut Seigneur
Au milieu des informations sanglantes qui, tous les jours,
Illustrent nos journaux télévisés,
Écoute-moi Seigneur, je t’appelle.

Au milieu de ces enfants innocents, abusés, pris en otage,
Enrôlés dans les desseins d’adultes fanatiques assoiffés de barbarie,
Entends-moi Seigneur, je crie vers toi.

Au milieu de la violence gratuite qui touche les plus pauvres,
Les plus faibles d’entre nous,
Réponds-moi Seigneur, je ne comprends pas.

Au milieu de ce monde qui me fait peur, je te cherche, où es-tu Seigneur ?
Ne m’abandonne pas, ne me laisse pas me perdre sur les routes de la désespérance,
Montre-moi le chemin qui conduit vers Toi.

Oui je te fais confiance Seigneur.
Donne-moi la force d’espérer
que ton amour et ta bonté habitent au cœur de notre humanité. 

Salésien(ne)s Coopérateurs de Don Bosc


Psaume 78 (réécrit pour aujourd'hui...)

Dieu, ils ont détruit ton héritage,
ils ont souillé ton image,
ils ont fait de nous un tas de ruines,
ils ont détruit notre vie :
ils ont tué l'innocent
comme bête sauvage

Ils ont versé le sang de tes enfants
comme de l'eau sur la terre.
Pleins de mépris pour nous,
ils se rient de notre vie.
La colère, Dieu, la colère monte en nous !
Son feu brûle et va s'étendre !

Et toi, point de colère contre ces bandits
qui ne connaissent rien de ta loi 
et détruisent tes enfants ?
Ce sont des ogres qui nous dévorent
et nous ravagent la vie.

La haine, cette vieille histoire, nous dévore.
Alors, fais vite,
si tu veux en nous un peu de pitié !
Nous sommes faibles : fais vite,
si tu ne veux pas la haine en nos cœurs,
si tu veux que le pardon se lève
à l'horizon !

Beaucoup nous disent : « Et Dieu, où est-il ?
Ne va-t-il pas venger le sang innocent ?
N'y aurait-il pas une justice divine
pour ses malheureux fidèles qui crient ?
S'il est tout-puissant, qu'attend-il ? »

Oui, notre Dieu, rendre coup pour coup
et plus encore : on le voudrait !
Sept fois et encore...

Mais alors, comment te célébrer
et continuer à chanter tes louanges, 
Dieu de miséricorde ?

Jean Bouteiller (« Quand surgit la mort, violente imprévue », Quand nos chemins rencontrent le deuil et la mort, Ed. CRER, 2005)


Après le 13 novembre 2015

Dieu de Miséricorde, Père de toute bonté,
nous crions vers toi en ces jours sombres que nous vivons.
Les larmes, l'angoisse, la colère nous engloutissent.
Pourquoi tous ces morts innocents ?
Pourquoi tout ce malheur qui frappe tant de familles ?
Qu'avons-nous fait pour mériter tant de haine ?

Ceux qui sont morts étaient souvent jeunes.
Ils étaient de diverses origines et appartenaient à tous les milieux sociaux.
Filles et garçons, femmes et hommes, ils représentaient une part de l'avenir du monde.
Ils ne demandaient qu'à vivre en bonne intelligence avec tous ;
or voilà qu'un fanatisme hideux les a décimés,
et a recouvert d'un voile de deuil notre nation.

Seigneur, ne nous laisse pas sombrer dans le désespoir !
Ne nous abandonne pas à la peur, toujours mauvaise conseillère !
Protège-nous de tout esprit de revanche et de tout désir de vengeance !
Epargne-nous la tentation de nous livrer à des amalgames et à des généralisations.
Donne-nous la force de vivre l'épreuve avec sang-froid.
Accorde-nous de demeurer des ouvriers de justice et de paix.

Nous le savons, Père du Crucifié et de tous les crucifiés de l'histoire,
notre humanité est en permanence violentée par les forces du mal.
Mais tu nous dis que le péché et la mort n'auront pas le dernier mot !
Le Christ Jésus est sorti victorieux du tombeau,
et avec lui la lumière surgit au cœur de toutes nos obscurités.
Ainsi nos larmes deviendront fleuves de paix et océans d'amour.

Amen.

Christian Delorme (publié dans la revue « Le Pèlerin » du 9 novembre 2015)


Fais éclater ta Pentecôte

Nous sommes à bout de souffle, Seigneur, mais tu nous viens tout entier, 
de toute ta force, de toute ta ferveur, de tout ton Souffle brûlant... 
Aide-nous à déchiffrer ta face incandescente sur le visage de l'étranger ou de l'étrangère ! 
Dis-nous comment accueillir autrui dans sa vérité, dans sa langue et son langage,
dans ses ténèbres ou sa foi, l'accueillir au cœur de ta silencieuse présence ! 
Apprends-nous comment laisser brûler ce feu du dedans 
qui nous vient d'en haut à chaque Pentecôte de nos vies, 
comment laisser éclore cette tendresse des entrailles
qui pousse aux gestes les plus fous, aux intercessions les plus audacieuses ! 
Dans l'étroitesse de nos demeures, entre dans nos barricades les plus sacrées,
fais éclater ta Pentecôte, qu'elle nous donne un second souffle !
Viens toi-même intercéder en nous pour les êtres qui souffrent...
pour les êtres qui blessent et qui détruisent... 
pour les êtres dont l'humanité est en danger ... 
Ô Dieu, donne Souffle à notre prière ! 

Pasteur Lytta Basset (Traces vives, Ed. Labor et Fides, 1997)


La paix est une fleur délicate

La paix est une fleur délicate.
Elle se sème et se cultive dans le jardin de tout un chacun, 
et des peuples qui se veulent frères.
Car tu ne la fais pas sans nous, Seigneur, 
sans cœurs qui s'ouvrent les uns aux autres, 
sans mains qui se tendent les unes vers les autres. 
La paix, ça se demande et ça s'obtient, 
ça se prépare, ça vient bien après des luttes onéreuses et des réconciliations laborieuses.
Après des siècles de fer et de sang, 
elle est venue cette paix entre l'Allemagne et la France, entre chrétiens d'Irlande. 
Donne-nous de croire que la paix peut advenir dans, 
et entre tous les pays en guerre sur notre terre. 
Donne-nous de croire que la réconciliation peut jaillir des terres qui se sont déchirées, 
comme elle a grandi en Afrique du Sud, 
et malgré les bombes, les larmes et le sang, 
les hommes de paix en Israël et en Palestine tentent de la faire grandir. 
Car la paix, c'est comme l'enfant de Noël, 
c'est fragile, c'est si fragile, qu'il faut la demander, et la redemander, 
la faire et la refaire sans cesse, 
et devenir ainsi artisan de paix en payant le même prix que le Prince de la paix.
« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! »

Monseigneur Jacques Delaporte (Archevêque de Cambrai, 1926-1999) 


Pardonner

Pardonner, 
ce n'est pas tout laisser passer. 
Pardonner, ce n'est pas tout oublier. 
Pardonner, ce n'est pas être faible, 
c'est être fort pour vaincre le mal. 

Pardonner, c'est refuser la rancune, 
l'exaspération, la vengeance; 
le mal que m'a fait l'autre me brûlera longtemps, 
mais je refuse de lui faire payer. 

Pardonner, c'est regarder la faute en face, 
c'est la regarder à deux : 
celui qui l'a commise, 
celui qui la pardonne. 
Mais s'il y a l'Amour, il n'y a ni juge ni victime.

Pardonner, c'est redonner ma confiance, 
sans réserve, à celui à qui je pardonne. 
C'est lui dire : « Tu es meilleur que ce que tu as fait ». 

Pardonner, c'est lui permettre de retrouver confiance en lui-même. 
Pardonner, c'est porter avec l'autre 
le mal qui est en lui et qui est en moi aussi. 
Demain, c'est lui qui devra me pardonner. 
Ensemble nous sortirons du mal qui est en nous. 

Pardonner, c'est vivre et faire vivre 
avec un cœur nouveau. 
Le mal serait en moi si je ne pardonnais pas. 
Pardonner, c'est aimer deux fois. 
« Notre Père pardonne-nous nos offenses 
comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. »

Groupe ACAT jeunes « Magenta », Champagne-Ardenne 


Seigneur, pardonne ! 

Seigneur, l’acclamation de la foule à l’entrée de Jérusalem 
masque difficilement la violence qui te brisera. 
Aujourd’hui, dans nos villes, nos quartiers, nos familles, 
Par des paroles, des gestes, par des discours et des images, 
La violence gagne du terrain, se banalise et nous défigure. 
Par peur, par résignation, je fais comme si de rien n’était. 
Seigneur, pardonne ! 
Aujourd’hui, au plus profond de moi,
la violence accomplit son œuvre de destruction
par les barrières que j’érige, les dominations que je maintiens 
et par le mal que je ne voudrais pas faire.
Par cupidité, convoitise et mensonge, je m’habitue. 
Seigneur, pardonne ! 
Aujourd’hui, sur tous les continents,
la torture, la guerre, la pauvreté accomplissent leur œuvre de destruction. 
Des hommes, des femmes, des enfants sont défigurés, brisés, crucifiés. 
Par lassitude et faiblesse je m’habitue. Seigneur, pardonne ! 
Donne-nous la passion des gestes qui font vivre, le courage et la compassion,
l’envie de marcher sur les chemins risqués du refus de l’indifférence et de la violence. 

Anonyme 


Prière pour les bourreaux 

Seigneur, nous voulons prier pour les bourreaux, mais tous seuls nous n’y arrivons pas. 
Dans ce monde de barbarie, comment vivre en vérité ton second commandement ? 
C’est toute l’humanité qui est malade. 
Nous confondons justice et pardon, 
nous ne savons pas comment prier d’un cœur sincère pour ceux qui torturent et qui tuent. 

Toi, Seigneur, tu as souffert de la méchanceté des hommes, 
et tu n’as retenu contre eux qu’amour et compassion devant leur aveuglement. 
Que peuvent apporter de plus à l’immensité de te miséricorde nos prières défaillantes ? 
Et pourtant, Seigneur, nous osons croire que tu attends de nous 
non seulement de lutter pour que cesse un jour cette déchirure profonde dans notre humanité, 
mais un surcroît d’amour qui nous associera à ton œuvre de rédemption. 
Mais c’est si difficile de voir clair en nous-mêmes. Nous avons besoin de ton aide. 
Apprends-nous à être en tout temps des artisans de paix, 
à nous méfier de l’engrenage de la violence. 
Apprends-nous à ne condamner que les effets du mal, pour mieux le combattre, 
et à ne pas juger le tortionnaire, notre frère, enfermé dans ses ténèbres. 
Apprends-nous à croire en vérité, que tout homme, même le plus vil, est à ton image. 
Apprends-nous à prier : que notre prière soit toujours, pour tous, un élan d’amour. 
Accorde-nous la force de lutter sans relâche pour que ta Parole soit reconnue et suivie. 
Humblement, nous appelons ta clémence pour les bourreaux qui ont quitté cette vie 
et dont tu peux sonder la souffrance. 
Nous te supplions pour tous ceux qui, par perversité ou lâcheté, se livrent au mal. 
Ouvre leurs yeux aveugles, apaise la haine qui endurcit leurs cœurs, 
prends pitié de leur égarement avant qu’ils ne se perdent, 
et suscite en eux un désir de conversion. 
Que nous ayons toujours l’espérance de voir naître en eux l’homme nouveau. 
Et que ta grâce, Seigneur, nous aide à te suivre. 
Ta justice est d’amour et elle mène au pardon. 
Seigneur, apprends-nous à pardonner. 

ACAT 


Prière du Mahatma Gandhi

Prends ton sourire
et donne-le à celui qui n'en a jamais eu.
Prends un rayon de soleil
et fais-le percer les ténèbres 
qui enveloppent la terre.

Découvre une source
et purifie celui qui est dans la boue.
Prends une larme
et dépose-la sur le visage de celui qui n'a jamais pleuré.
Prends ton courage
Et mets-le dans le cœur de celui qui ne peut plus lutter.
Découvre un sens à la vie,
et partage-le avec celui qui ne sait plus où il va.
Prends dans tes mains l'espérance
et vis dans la lumière de ses rayons.
Prends la bonté,
et donne-la à celui qui ne sait pas donner.
Découvre l'amour,
et fais-le connaître à l'humanité.


Rends-nous solidaires

Notre Dieu, nous sommes en solidarité avec ceux qui vivent dans le danger et dans le combat. De loin ou de près, nous partageons leur détresse et leur espoir. Apprends-nous à étendre nos vies au-delà de nous-mêmes et à étirer notre cœur jusqu'aux frontières où les hommes souffrent et transforment le monde. Mets-nous en solidarité avec l'étranger, que nous ignorons, avec le démuni, que nous effaçons, avec le prisonnier, que nous évitons. Ô Dieu, que la solidarité soit ainsi un nom nouveau, un nom actuel pour cette fraternité à laquelle tu nous appelles sans cesse.

Mais, ô Dieu, rends-nous solidaires dans la vérité et non pas dans le mensonge des tactiques. Délivre-nous de toute solidarité qui tournerait à la partialité destructrice et qui nous entraînerait dans la captivité de nos propres amis. Car tu nous veux solidaires, mais non pas partisans, toi qui as pris parti pour nous, sans jamais nous mentir sur nous-mêmes. Mais, ô Dieu, rends-nous solidaires dans l'efficacité et non pas dans le verbalisme des déclarations. Délivre-nous de toute solidarité qui tournerait à l'inflation vaine et qui nous plongerait dans la paille des mots sans le grain des choses. Car tu nous veux solidaires, mais non pas tribuns, toi qui es toujours parole unie à la vie, parole en acte, fût-ce dans le silence.

Mais, ô Dieu, rends-nous solidaires dans l'espérance et non pas dans la dramatique des catastrophes. Délivre-nous de cet obscur besoin que nous avons parfois de la souffrance humaine, comme si la souffrance pouvait être un quelconque bien, sauf pour celui qui dure en l'endurant. Car tu nous veux solidaires, mais non pas prophètes de malheur, toi qui as toujours voulu pour les hommes la justice et la liberté, la joie et la paix.

Mais, ô Dieu, rends-nous solidaires en humilité, car nous ne sommes pas capables de porter la terre entière. Délivre-nous de l'accablement qui n'aide personne et de la pitié, qui empoisonne tout. Car tu nous veux solidaires de celui dont nous devenons vraiment le prochain.

Ô Dieu, purifie nos solidarités. Rends-les vraies, fécondes, ardentes et humbles.

Nous te le demandons au nom de Celui qui a été résolument solidaire de l'homme abandonné et méprisé, Jésus.

André Dumas


Espérer

Quand des familles pleurent leurs enfants, leurs amis disparus, Dieu est présent.
Quand des policiers et des militaires risquent leur vie pour sauver celle des autres, Dieu est présent.
Quand des milliers de personnes attendent pour donner leur sang, Dieu est présent.
Quand les dirigeants des nations s’unissent pour faire face à l’adversité, Dieu est présent.
Quand religieux et laïcs prient pour ceux qui peinent et qui souffrent, Dieu est présent.
Quand la vie reprend peu à peu, malgré le deuil et les blessures, Dieu est présent.
Quand une équipe se rassemble pour poursuivre le travail quotidien, Dieu est présent.
Quand des familles, des amis se retrouvent à nouveau autour d’un repas, Dieu est présent.
Quand des amis jouent au football ou aux échecs pour se mesurer pacifiquement, Dieu est présent.
Quand un peuple comprend que vivre en paix est la seule réponse à la barbarie, Dieu est présent.

Dieu est amour. 

Mouvement chrétien des cadres (MCC)


© Crédit photo hermaion : pixabay.com

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