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Moi, Dieu merci, qui vis ici 

Temps de lecture : 9 minutes
Moi, Dieu merci, qui vis ici 

Un album portant sur les chemins de l’exil, la vie d’un sans papiers en France.

Cette fiche fait partie du dossier de la littérature jeunesse pour réfléchir.

« Moi, Dieu merci, qui vis ici » de Thierry Lenain (illustré par Olivier Balez) (Ed. Albin Michel Jeunesse 2008)
Niveau : cycles 2 et 3
 
Résumé du livre
Nous sommes en Angola en pleine guerre civile et ethnique. Dieu merci (quel joli nom !) est un jeune garçon contraint de fuir la violence qui ravage son pays : il refuse de participer aux massacres, il est blessé et fait prisonnier. Pour rester en vie, il s’évade et fuit son pays. Il rejoint la France où il connaît l’errance, la faim et l’extrême désolation. Une femme âgée qu’il a un jour secourue sera la lueur d’espoir dans cet exil forcé. Oui, malgré les difficultés de son quotidien, il est vivant, Dieu merci !
 
Contexte de l’album 
Cet album s’appuie sur une période tragique de l’histoire de l’Angola : après avoir acquis son indépendance en 1975, le pays va plonger dans la guerre civile. Un premier accord de paix sera signé en 1991 mais la violence entre ethnies va se poursuivre jusqu’en 2002 (nouvel accord de paix). A la base de cet album, il y a une histoire vraie, celle d’un jeune angolais né en 1965 et qui avait donc 7ans au début de la guerre civile. Plus tard, marié et père de famille, il fut blessé et d’hôpital en prison puis encore en hôpital il va fuir en France (en Vendée) pour faire partie des sans-papiers.
 
L’auteur 
Thierry Lenain (né en 1959) commence à écrire à l'âge de 8 ans. Depuis il n'a jamais cessé, s'adressant tout spécialement aux enfants. Il vit près de Grenoble où il est instituteur-éducateur.
Pour en savoir plus sur cet auteur : http://thierrylenain.blogspot.fr 
 
Pistes de réflexion et d’échanges 
La réalité brutale et cruelle de la guerre civile
Un extrait de l’album 
« Un matin :
quartier quadrillé, rues barrées,
les soldats ont débarqué
par camions entiers.
Ils voulaient qu’on tue nos soeurs, nos frères,
aucune prière n’y pouvait rien faire.
Mais moi, Dieu merci, 
je ne suis pas né sur cette terre
pour ôter la vie.
 
 
J’ai couru pour m’échapper.
Les armes crépitaient, les corps tombaient.
La première balle est entrée là, dans ma chair.
La deuxième balle est entrée là, dans mon crâne.
Elle s’y est logée
pour y rester à jamais.
Je me suis évanoui,
moi, Dieu merci,
qui suis aujourd’hui ici. »
 
Notre attitude vis-à-vis des migrants que nous côtoyons
Un extrait de l’album 
 
« Maintenant je parcours les routes à vélo,
je cherche du boulot.
Une heure là-bas des assiettes à laver,
deux heures ici des haies à tailler.
Quand je passe près de vous,
je vous effrayer ou vous attendris,
vous me rejetez ou me maternez,
m’ignorez ou me parlez.
Je suis tantôt négro, tantôt héros,
tantôt le méchant, tantôt l’enfant,
tantôt l’ennemi, tantôt l’ami. »
 
Les chemins de l’exil
Cette piste peut être travaillée à l’aide des illustrations de l’album. 
Les illustrations d’Olivier Balez nous imprègnent du double attachement propre à l’exil : le jeune garçon est à la fois celui qui regarde en arrière, représenté de dos au début de l’histoire, et celui qui nous fait face avec un regard affirmé à la fin. La comparaison de ces deux photos est une excellente approche du sens de l’image.
Les sillons parallèles qui ondulent de page en page semblent relier le passé au présent, l’esprit des morts et les vivants, l’ailleurs et l’ici.
Soulignons aussi les taches rouges présentes dans la quasi totalité des pages : le symbole du sang, de la souffrance…
Ajoutons encore les deux petits timbres angolais et français qui se font écho sur la carte des pages de garde, encadrant le récit comme une correspondance, un trait d’union. Vous noterez aussi que le centre de la carte n’est pas la France mais l’Afrique. 
 
Mon avis 
Dans une réflexion sur ce qu’est l’exil, la souffrance de celui qui est exclu de partout, la détresse de se trouver sans papiers, sans travail, voilà un magnifique album. Sans pessimisme, il témoigne de ce qu’est la cruauté de la guerre, il fait comprendre au jeune lecteur combien émigrer pour trouver une vie meilleure peut se faire dans le déchirement et la détresse. « C’est un album indispensable, porteur d’humanité et d’espoir, un album qui combat l’anonymat, et grâce auquel le sans-papier a un visage et un passé »
 
Un extrait du poème de Bernard Dadié, écrivain ivoirien, qui souligne l’égalité des hommes quelle que soit leur couleur.
 
Les lignes de nos mains
 
Les lignes de nos mains
ni Jaunes
ni Noires
ni Blanches
Ne sont point des frontières
des fossés entre nos villages
des filins pour lier les faisceaux de rancoeurs.
 
Les lignes de nos mains
sont des lignes de vie,
de Destin
de Coeur
d’Amour,
de douces chaînes qui nous lient les uns aux autres
les vivants aux morts.
 
Les lignes de nos mains
ni blanches
ni noires
ni jaunes,
Les lignes de nos mains
Unissent les bouquets de nos rêves.
 
 

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