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L’évaluation des élèves à l’entrée du CE2

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L’évaluation des élèves à l’entrée du CE2

2015, des évaluations à mettre en place au début de CE2 - Comment ?

Sur le site du ministère de l’éducation nationale, la circulaire de rentrée 2015 annonce « une évaluation du niveau des élèves en français et en mathématiques, à des fins diagnostiques ». Elle « est mise en place au début de la classe de CE2 pour permettre aux équipes pédagogiques d'identifier les difficultés et de mettre en place une réponse adaptée aux besoins de chaque enfant. Pour les y aider, une banque d'outils d'aide à l'évaluation diagnostique en ligne sera mise à leur disposition durant le premier trimestre de l'année scolaire 2015-2016. Elle comportera un large choix d'items en français et en mathématiques, testés et se référant explicitement aux domaines du socle. Elle permettra aux enseignants d'évaluer les élèves au moment choisi par eux au cours des premières semaines de l'année et en fonction des objectifs poursuivis au sein de la classe. »

 

Un document de la rubrique « Evaluations et attestations » en précise l’enjeu et les principes :

  • Un objectif prioritaire. La maîtrise des langages (langue française, langages scientifiques) est présentée comme « l’objectif premier de l’école ».
  • Une évaluation au service des enseignants. Il n’y a pas de remontée des résultats des élèves. L’évaluation aide l’enseignant de CE2 à « construire sa progression » en tenant compte « des acquis effectifs » de ses élèves. En fonction du niveau de difficulté atteint, il est possible d’évaluer le degré de maîtrise de la compétence.
  • Une souplesse d’utilisation. Les enseignants sont responsabilisés dans l’organisation de ces évaluations. Ils décident du moment (« durant les premières semaines ») et du contenu (des exercices peuvent être choisis dans une liste d’environ 400 fiches d’évaluation). Les outils d’évaluation seront disponibles toute la durée du premier trimestre, ce qui laisse une marge de manœuvre aux enseignants. A titre indicatif, une sélection d’exercices est proposée à travers trois livrets différents. Les exercices demandent peu de productions aux élèves (des réponses brèves, parfois sous forme de QCM), peu de temps de passation.

Sur le portail « éduscol », Un dossier détaille sa mise en œuvre et fournit les liens vers les exercices d’évaluation, les consignes de passation et de correction.

Quelques remarques :

Confirmer la pratique de l’évaluation diagnostique. Beaucoup d’enseignants ont pris l’habitude de proposer une évaluation en début d’année. Ils cherchent à connaître leur groupe et les élèves qui le composent. En général, ils trouvent cette évaluation sur internet et, le plus souvent, la transforment au gré de leurs attentes. L’évaluation de rentrée CE2 va dans le même sens : elle se trouve en ligne et elle reste à construire ! Les items sont à retenir « en fonction des objectifs poursuivis au sein de la classe ». Il est même précisé que « cette banque d’outils… ne se veut pas exhaustive ». A priori, rien n’interdit à l’enseignant d’utiliser d’autres exercices qu’il jugerait plus pertinents. Si l’évaluation CE2 est nécessaire, ses modalités de mise en œuvre restent assez libres.

Préparer l’évaluation à plusieurs. En ces temps de rentrée, les enseignants ont beaucoup à faire dans leur classe. La consultation, le téléchargement et le tri des 400  fiches proposées vont sans doute susciter de l’inquiétude, voire de la réticence ! Le document « éduscol » précise que l’évaluation est d’abord destinée aux « équipes pédagogiques ». Par conséquent, elle ne devrait pas être seulement à la charge de l’enseignant de CE2. Rappelons que le socle commun de connaissances, de compétences et de culture entrera en vigueur en septembre 2016. Dans le prolongement du CP et du CE1, le CE2 fera partie du cycle 2 dit « des apprentissages fondamentaux ». La participation de l’enseignant(e) de CE1 à l’élaboration de cette évaluation semble donc nécessaire. Sa connaissance des acquis des élèves ne peut que faciliter le choix des items à évaluer. Les enseignants du cycle pourraient consulter ensemble les évaluations de l’année scolaire précédente et la croiser avec l’évaluation continue effectuée depuis la rentrée (les observations informelles en classe, les productions des élèves).

Différencier l’évaluation. Il n’est pas question de donner tous les exercices. Dans la logique de cette évaluation, tous les élèves ne devraient pas avoir les mêmes exercices. Pour les plus performants, quelques situations complexes (cf. livret 3) ne pourraient-elles pas suffire ? À quoi bon proposer les exercices de mathématiques à un élève qui a réussi dans ce domaine au cours du CE1 ?

Dépasser la logique des « niveaux ». Cette évaluation, ouverte dans ses modalités de passation, se veut scientifique dans le traitement des réponses des élèves. Plusieurs « niveaux de difficulté »  sont décrits : ils correspondent à des taux de réussite obtenus par des échantillons nationaux lors de l’étalonnage des épreuves. Le « degré de maîtrise » se décline alors, pour l’élève, en quatre stades : selon sa réussite, la compétence correspond à des « acquis de base », des « acquis approfondis », des « acquis remarquables », des « acquis remarquables experts ». Reconnaissons que c’est préférable au choix arbitraire et subjectif entre « acquis » ou « non acquis ». La prudence reste cependant souhaitable dans cette démarche, au moins pour les deux raisons suivantes : les élèves donnent ce qu’ils veulent dans une évaluation sachant trop bien qu’elle peut leur donner de la valeur ou les dévaloriser, l’effet Pygmalion chez les enseignants est toujours à redouter quand on introduit des catégories. 

 

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