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Exposés : et si on faisait autrement ?

Temps de lecture : 22 minutes
Exposés : et si on faisait autrement ?

Un élève planté devant un panneau lit péniblement un texte dont il ne comprend pas tout le sens pendant que le reste de la classe s’endort tranquillement… Comment éviter que l’enthousiasme généré lorsque l’on a annoncé « Nous allons faire des exposés » débouche sur ce genre de situation ? Comment renouveler les pratiques d’exposés ?

1. Un exposé, pourquoi faire ? 
 
- Pour travailler des compétences transversales : prendre confiance en soi ; réaliser une recherche documentaire ; sélectionner les informations pertinentes ; ordonner des idées et réaliser un plan ; organiser et relier les éléments entre eux…
- Pour travailler des compétences liées à la maîtrise de la langue orale : adapter sa voix et son débit pour communiquer d’une façon claire et compréhensible ; établir un contact avec le public par les gestes et par le regard ; tenir compte de l’auditoire et de ses réactions ; utiliser des aides visuelles à bon escient ; maîtriser sa posture et ses mouvements (ne pas tourner le dos, ne pas triturer quelque chose, etc.)
- Pour motiver : présenter un exposé est toujours un moment fort dans la vie de l’élève qui se confronte au regard de ses camarades et prend pour quelques instants la place de l’enseignant. 
- Pour permettre aux élèves de partager une passion personnelle, de présenter une activité qu’ils pratiquent. 
- Pour partager la recherche de savoirs et rendre un cours plus vivant : par exemple, chaque exposé présentera un aspect de la vie au Moyen Age et l’on  construira ensemble le cours d’histoire. 
 
 
2. Les pièges
 
Faut-il faire préparer les exposés à la maison ? 
 
Les inconvénients  
- Cela conduit à aggraver les inégalités sociales. Certains parents aideront leurs enfants à réaliser un magnifique exposé avec diaporama, panneau, objets à apporter… Ceux qui ne peuvent bénéficier d’une telle aide pourront se trouver démotivés, découragés et ressentir la situation comme une injustice. 
- Certaines familles ne savent pas aider les enfants à faire un tri d’informations, et c’est ainsi que certains élèves se retrouvent à lire péniblement un texte dont ils ne maîtrisent pas le sens.
- Si tout le travail est effectué à la maison, l’enseignant se prive de la possibilité de mettre en place des situations d’apprentissage liées à l’exposé. 
- Quel intérêt y a-t-il à évaluer le travail des parents ? 
 
Les avantages
- Préparer un exposé ensemble peut être un temps riche de la vie familiale. Cela peut créer du lien entre l’école et la maison. 
- S’il vaut mieux ne pas faire préparer tout l’exposé à la maison, on peut demander aux élèves d’apporter des documents sur le thème choisi - sachant que l’enseignant complètera si la récolte s’avère insuffisante ou aidera à faire le tri si elle est trop abondante. Une fois l’exposé prêt, les élèves peuvent également s’entraîner à la maison pour améliorer leur présentation orale. 
 
Le choix  des sujets
- L’exposé étant un moment fort dans la vie affective de l’élève, il serait dommage que le sujet ne le motive pas.
- Le choix peut être entièrement libre. 
- Si l’on organise des exposés autour du même thème (La vie au Moyen-Age, par exemple), on peut proposer une liste de sujets parmi lesquels choisir… il vaut mieux prévoir plus de sujets que d’élèves pour éviter que le dernier à choisir n’hérite du sujet dont personne n’a voulu. 
 
La composition des groupes
- L’expérience peut être gâchée pour certains élèves s’ils ont à travailler avec un camarade avec lequel ils ne s’entendent pas. Certes, s’entendre avec tout le monde est une compétence à travailler… mais le travail sur l’exposé est suffisamment complexe pour que l’on n’y ajoute pas cette difficulté-là. 
- Certains enfants préféreront peut-être aussi travailler seuls : pourquoi ne pas leur en laisser la possibilité ? A moins que l’enseignant n’ait ciblé « apprendre à travailler en groupe » comme objectif prioritaire de ce travail, pourquoi cela serait-il un problème ? 
- Si l’on laisse les élèves choisir leur mode de groupement (seul, à deux, à plusieurs…) il faut néanmoins faire preuve de tact et de vigilance pour éviter que ne se constitue « le groupe de ceux qui sont restés tous seuls ». 
 
La gestion du temps
- C’est à chaque enseignant de déterminer le temps qu’il pense pouvoir consacrer à la préparation et à la présentation d’exposés. 
- On peut profiter du moment de la semaine où l’on a qu’un demi-groupe d’élèves (si l’on a la chance d’avoir un intervenant qui prend les élèves en demi-groupe) ou mettre la moitié de la classe en travail d’autonomie pour se consacrer à la moitié restante. 
- « Perdre » du temps permet souvent d’en gagner… mettre en place un tel projet permet de travailler à la fois lecture, écriture, langue orale, les compétences liées au sujet étudié (histoire, science …), éventuellement des compétences numériques et plein de compétences transversales telles que le tri de données ou la confiance en soi.
- La présentation des exposés peut s’étaler sur l’ensemble de l’année. 
 
3. Quelques idées pour renouveler les pratiques
 
Parler sans notes
- L’objectif est de travailler la langue orale et non la lecture orale. « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément » (comme disait Boileau…)
- Favoriser les exposés courts : 5 à 10 minutes selon l’âge des élèves. 
- Expliquer aux élèves : « Le but n’est pas d’en dire le plus possible, mais d’expliquer aux autres avec vos mots à vous ce que vous savez, ce que vous avez retenu. Si c’est simple, clair et court, les autres vous écouteront et ils retiendront ». 
- Parler sans lire est la condition indispensable pour travailler également sur la posture, le regard, la prise en compte de l’auditoire. Les élèves pourront cependant garder à portée de main une fiche où seront notés les mots ou les dates qu’ils craindraient d’oublier.
- Travailler sur les supports visuels sur lesquels les élèves pourront s’appuyer : plan écrit au tableau, diaporama, panneau, objets. Réfléchir avec les élèves sur la façon dont ces supports aident à maintenir l’attention de l’auditoire. 
 
Exposé 2.0 : utiliser les nouvelles technologies
- Utiliser une application d’enregistrement sur tablette ou Smartphone, si possible avec des écouteurs : les élèves s’enregistrent seuls, se réécoutent, s’améliorent… 
- Utiliser la classe mobile ou la salle informatique et apprendre à créer un diaporama – limiter à trois ou quatre diapos par exposé. 
- Utiliser un caméscope, un téléphone ou une tablette pour filmer. Deux solutions : soit on filme le jour de l’exposé, soit les élèves filment leurs exposés en amont et on présente ensuite les films à l’ensemble de la classe. Cette dernière solution permet à chaque élève de recommencer s’il n’est pas satisfait de sa prestation. Elle garantit aussi un taux d’attention de l’auditoire bien plus élevé ! Pour gagner du temps, laisser les élèves se filmer entre eux, recommencer, etc.  Prévoir un coin calme où il y aura le moins possible de bruits parasites. On peut solliciter l’aide un autre adulte.
- Utiliser un micro pour permettre aux enfants qui ont une toute petite voix de se faire entendre. Parfois, le travail sur la voix n’a pas suffi. Il sera nécessaire d’expliquer aux élèves que si l’on y arrive sans le micro, c’est mieux… 
- Utiliser le blog de la classe pour valoriser les productions.
 
 En amont
- Observer un exposé « expert ». Ca peut être la prestation d’un élève filmée lors d’une année précédente. On peut aussi inviter un « grand » (CM2, collégien) à venir faire un court exposé dans la classe. Il peut être intéressant de le filmer pour revoir plusieurs fois sa prestation. Cela permet de discuter des raisons pour lesquelles l’exposé a été réussi et de la façon dont il aurait pu être amélioré afin de construire une grille de critères d’évaluation. 
- Demander à chaque groupe de réaliser un mini exposé de 3 minutes à partir des mêmes documents et comparer les résultats. 
- Apprendre aux élèves à traduire leur sujet en question : « Les avions  / Comment volent les avions ? Les chevaliers / Comment vivaient les chevaliers ? / Quel était le rôle des chevaliers ? ; etc. ». Cela leur permettra de mieux cibler leur recherche d’informations, et ils pourront ensuite évaluer si l’exposé a bien répondu à la question annoncée. 
 
Pendant le temps de préparation de l’exposé
- Organiser des groupes de remédiation ciblés, en classe ou dans le cadre de l’aide personnalisée. Pourquoi pas un atelier « voix », par exemple ? 
- Si certains élèves sont pris en charge par le maître E, ils peuvent travailler avec lui des compétences liées à l’exposé. Le maître E peut aussi intervenir auprès de ces élèves au sein d’un groupe dans la classe. Attention, il convient dans ce cas de construire le projet avec le maître E et d’évaluer avec lui si cette demande d’intervention ne vient pas parasiter un autre travail entrepris avec les élèves concernés. Ne pas oublier non plus d’inviter le maître E le jour de la présentation de l’exposé des élèves qu’il a suivis ! 
- On peut se faire aider d’un autre adulte : collègue déchargé par un intervenant (à charge de revanche !), collègue à la retraite, stagiaire, parent… 
- Penser à la différenciation pédagogique. Par exemple, si un élève a beaucoup de mal à ordonner ses idées, on peut lui donner quelques questions auxquelles il aura à répondre pour construire son exposé. Si un élève a du mal à lire, on peut lui donner des documents très simplifiés à partir desquels faire sa recherche, ou prévoir un « secrétaire » qui lui lira les documents à voix haute. 
- Quand un élève a terminé de construire son exposé, lui permettre de le présenter à quelques camarades qui lui feront des remarques pour qu’il puisse s’améliorer. Cette démarche peut se renouveler plusieurs fois. 
 
Pendant l’exposé
- Donner à chaque élève la grille de critères construite ensemble. 
- Chaque élève peut prévoir un quizz à soumettre à l’auditoire en fin d’exposé : questions, mots croisés… Si l’auditoire a compris et retenu, c’est que l’exposé était bon. Le but n’est pas d’essayer de « piéger » les autres. 
 
Après l’exposé
- Si l’on a un blog de classe, valoriser les productions en y mettant diaporamas, films, enregistrements ou textes. 
- Créer un recueil des exposés qui restera dans la classe. 
- Créer un lexique des exposés : chaque élève joindra à son exposé une fiche donnant la définition des mots qu’il a fait découvrir à la classe. 
- Les élèves qui ont déjà présenté leur exposé alors que le travail de préparation se poursuit pour les autres pourront se voir proposer la possibilité d’aller présenter leur exposé dans une autre classe. S’il s’agit d’une classe d’un niveau inférieur, cela les amènera à réfléchir sur la façon de simplifier leur propos et adapter leur vocabulaire pour être compris. Ils peuvent également aider les autres en les écoutant, en les filmant… 
 
 
A lire aussi 
- Sur le site de l’académie de Poitiers : deux fiches sur la démarche d’exposé (fiches outils, pistes détaillées pour la préparation en classe…)
Un enseignant Canadien a demandé à ses élèves de glisser volontairement une erreur dans leurs exposés. Aux autres de faire des recherches sur Internet pour la retrouver. 
 
Vous avez d’autres idées, vous avez expérimenté ? Ecrivez-nous !
 
 
Source de l’image : http://lewebpedagogique.com
 

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