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L’école du tonnerre

Temps de lecture : 10 minutes
L’école du tonnerre

Un album de littérature jeunesse pour réfléchir sur le sens de la vie, les liens intergénérationnels… La rentrée scolaire, les relations entre camarades, l’accueil de la différence… (Pour élèves de 9-11ans)  

 
Sylvie Deshors « L’école du tonnerre » (Editions Rue du Monde - 10,80 euros)
 
Thématique : la rentrée scolaire, les relations entre camarades, l’accueil de la différence… (Pour élèves de 9-11ans)
 
Résumé du livre
Thibo va faire son entrée en CM1. Mais cela se passe dans une nouvelle école : sa famille vient de déménager. Thibo est un bon élève, mais peu sportif (il ne joue ni au foot, ni au rugby). Il trouve quand même des compagnons, Lou et Mathias,  dans cette nouvelle école. 
Tout irait pour le mieux, mais Thibo est atteint de surdité et l’enseignante, Madame Chevalier, ne prend guère en compte ce handicap. Isolé dans son silence, peu réactif aux questions posées par l’enseignante, déformant les mots quand il répond, il devient vite l’objet de brimades, de moqueries. Son parcours va être semé de bien des aventures parfois dramatiques…
L’illustration de Malik Deshors accompagne agréablement cet ouvrage. 
 
L’auteur
Sylvie Deshors choisit les personnages de ses romans proches de la vie des enfants : du coup, ceux-ci s’y attachent très vite. Ici, le roman est écrit à la première personne : tout passe par le regard de Thibo. Et tout au long des pages, on découvre un tableau rigoureux des difficultés de l’intégration d’un enfant sourd dans une « école normale » mais aussi dans la vie quotidienne : compréhension des consignes, entrée dans une nouvelle langue lors de l’apprentissage de l’anglais, déplacements dans la rue, silence de l’enfant à la maison pour ne pas inquiéter ses parents, dialogue de « sourds » entre les parents et l’enseignante, etc. 
Le portrait de l’enseignante est sans doute un peu caricatural mais il souligne bien les difficultés de notre système éducatif à prendre en compte la différence. 
 
Pistes de réflexion et d’échanges 
C’est un livre qui trouve sa place dans une réflexion de début d’année scolaire : à partir des différents épisodes de la vie de Thibo, il est possible de faire les liens avec le vécu des élèves. Cela peut prendre la forme d’une lecture suivie faite par l’enseignante avec des arrêts sur tel ou tel passage pour aller plus loin dans la réfection. 
 
Deux exemples parmi d’autres pouvant provoquer l’échange :
 
1- La réflexion de Thibo qui vient de recevoir une remarque de Madame Chevalier en ces termes : « Thibo, sors ton carnet de liaison, je suis obligée de prévenir tes parents de ta mauvaise volonté en classe. Et on ne dit pas « cherisier » mais « cerisier ».
Et Thibo se dit : « Je n’entends pas beaucoup, alors pour suivre les leçons, je dois observer à la fois le tableau, la maîtresse et les élèves ! Sans décrocher une seconde. Sinon je perds le fil  et je ne comprends plus les paroles échangées.
C’est toujours pareil. Toute la journée, je regarde les visages pour décrypter les expressions et lire sur les lèvres. Pour anticiper ce qui va se passer. Etre trois fois plus attentif que les autres me fatigue. Madame Chevalier n’est jamais indulgente
L’orthophoniste me fera réviser le « che » et le « ce ». Les noms des arbres, je n’ai pas envie de les abîmer. Je vais chez l’orthophoniste deux soirs par semaine. Elle est sympa, mais souvent je suis crevé, j’aimerais mieux rester tranquille à la maison. » (Page 30)
 
Prenant appui sur cet extrait, il est intéressant d’inviter les enfants à prendre la place de l’élève handicapé. Et si on passait l’heure de classe avec des boules Quiès dans les oreilles !!! 
 
2- Les moqueries des élèves : réfléchir avec les enfants sur l’impact des moqueries dans une classe ou sur la cour de récréation…
« A l’école, dès que j’ouvre la bouche, les autres se moquent. Ils hurlent de rire pour être sûrs que j’entende. Les garçons m’en voulaient déjà parce que je ne joue ni au foot ni au rugby, mais maintenant, toute l’école est persuadée que je fais des manières. Des chichis. Il paraît que je conjugue les verbes à des temps inconnus, pires que le passé simple et le passé antérieur. Les garçons me traitent de « chochotte », de « mauviette » ou de « chamalow »…
Si, en plus des leçons d’anglais, de l’orthophonie, il faut que j’apprenne leurs injures imprononçables, je n’y arriverai jamais. » (page 73)
 
Pour aller plus loin 
À lire sur sitEColes
 
Et à méditer :
Pour l’autre
 
Voici l’autre devant moi, Seigneur,
Je dois le regarder "lui"
au-delà de ma sympathie ou de mon antipathie,
au-delà de mes idées et de ses idées,
de mon comportement et de son comportement,
je dois "lui" permettre d’exister devant moi,
tel qu’il est en son être profond
et ne pas l’obliger à l’attaque,
à la défensive, à la comédie.
Je dois le respecter, autre que moi,
et non pas le saisir pour moi,
le gagner à mes idées, l’entrainer à ma suite.
Je dois être "pauvre" devant lui,
ne pas l’écraser ou l’humilier,
ni l’obliger à la reconnaissance.
Car il est unique, Seigneur,
et donc riche d’une richesse que je ne possède pas,
et c’est moi, le pauvre qui me tiens à sa porte,
dépouillé, nu, pour apercevoir, au fond de son cœur,
ton visage, Ô Christ ressuscité,
qui m’invite et me sourit.
 
Michel Quoist
 

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