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Quand un pape nous écrit…

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Quand un pape nous écrit…

« La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus ». Ce sont les premiers mots de cette exhortation du pape François. Et elles me concernent ? Pourquoi pas ? À voir … et à lire !

« Dans cette exhortation, je désire m’adresser aux fidèles chrétiens, pour les inviter à une nouvelle étape évangélisatrice marquée par la joie de l’Evangile et indiquer des voies pour la marche de l’Eglise dans les prochaines années. »

Le pape François s’adresse donc a moi aussi ? Fidèle ? pas sûr ! pas toujours ! Chrétien ?  oui, au moins par mon baptême. De bonne volonté ? Oui, sans hésiter.

- Alors, pape François, voici mes interrogations car vivre en chrétien nest pas toujours facile. L’Évangile ce sont de belles paroles, mais quand il faut passer aux actes, je me pose bien des questions. Je te les confie.
Tu me parles dannoncer lEvangile aux autres ! Je veux bien. Mais je ne suis pas capable de répondre aux questions que lautre me posera. Ne vaut-il pas mieux me taire ?
« En vertu du baptême reçu, chacun, quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation. S’il a vraiment fait l’expérience de l’amour de Dieu qui le sauve, il n’a pas besoin de beaucoup de temps de préparation pour aller l’annoncer, il ne peut pas attendre d’avoir reçu beaucoup de leçons ou de longues instructions. »

- Être missionnaire au quotidien, avec mes collègues, avec mes élèves !! Mais comment vais-je my prendre ?
« Oui, il s’agit de porter l’Évangile aux personnes avec lesquelles chacun a à faire, tant les plus proches que celles qui sont inconnues. Être disciple c’est avoir la disposition permanente de porter l’amour de Jésus aux autres, et cela se fait spontanément en tout lieu : dans la rue, sur la place, au travail, en chemin. Dans cette prédication, toujours respectueuse et aimable, le premier moment consiste en un dialogue personnel, où l’autre personne s’exprime et partage ses joies, ses espérances, ses préoccupations pour les personnes qui lui sont chères et beaucoup de choses qu’elle porte en son coeur… C'est seulement après cette conversation, qu’il est possible de présenter la Parole, mais toujours en rappelant l’annonce fondamentale : l’amour personnel de Dieu qui s’est fait homme, s’est livré pour nous et qui, vivant, offre son salut et son amitié. »

- Sortir de soi vers les autres, toujours rendre service !!! Mais cest ce que je fais dans mon école. Cela doit bien suffire ?
« Notre réponse d’amour ne devrait pas s’entendre comme une somme de petits gestes personnels en faveur de quelque individu dans le besoin, ce qui pourrait constituer une sorte de « charité à la carte », une suite d’actions tendant seulement à tranquilliser notre conscience. Il s’agit d’aimer Dieu qui règne dans le monde. Dans la mesure où il réussira à régner parmi nous, la vie sociale sera un espace de fraternité, de justice, de paix, de dignité pour tous. Le Royaume de Dieu concerne tout : « tous les hommes et tout l’homme »

- Lire lÉvangile Mais je connais depuis longtemps les paraboles et les miracles de Jésus. Ce sont toujours les mêmes histoires !! Quest-ce que je peux faire de plus ?
« En présence de Dieu, dans une lecture calme de la Parole de Dieu, il est bien de se demander par exemple : « Seigneur, qu’est-ce que ce texte me dit à moi ? Qu’est-ce que tu veux changer dans ma vie avec ce message ? Qu’est-ce qui m’ennuie dans ce texte ? Pour quoi cela ne m’intéresse-t-il pas ? ou « Qu’est-ce qui me plait, qu’est-ce qui me stimule dans cette Parole ? Qu’est-ce qui m’attire, Pourquoi est-ce que cela m’attire ? » Quand on cherche à écouter le Seigneur, il est normal d’avoir des tentations. Une d’elles est simplement de se sentir gêné ou oppressé, et de se fermer sur soi-même ; une autre tentation est de commencer à penser ce que le texte dit aux autres, pour éviter de l’appliquer à sa propre vie. Et cela porte à perdre le jour de la rencontre avec la Parole. »

- La prière dans ma vie ? Mais jai tant dautres choses à faire ! Et puis est-ce utile ?
« Sans des moments prolongés d’adoration, de rencontre priante avec la Parole, de dialogue sincère avec le Seigneur, les tâches se vident facilement de sens, nous nous affaiblissons à cause de la fatigue et des difficultés, et la ferveur s’éteint. Si quelqu’un ne découvre pas Jésus présent au coeur même de la tâche missionnaire, il perd aussitôt l’enthousiasme et doute de ce qu’il transmet, il manque de force et de passions. Et une personne qui n’est pas convaincue, enthousiaste, sûre, amoureuse, ne convainc personne. »

 - L’école sinscrit dans une paroisse. Mais la paroisse est-elle toujours une structure dactualité ?
« La paroisse n’est pas une structure caduque ; précisément parce qu’elle a une grande plasticité, elle peut prendre des formes très diverses qui demandent la docilité et la créativité missionnaire du pasteur et de la communauté. Même si, certainement, elle n’est pas l’unique institution évangélisatrice, si elle est capable de se réformer et de s’adapter constamment, elle continuera à être « l’Église elle-même qui vit au milieu des maisons de ses fils et de ses filles ». Cela suppose que réellement elle soit en contact avec les familles et avec la vie du peuple et ne devienne pas une structure prolixe séparée des gens, ou un groupe d’élus qui se regardent eux-mêmes. La paroisse est présence ecclésiale sur le territoire, lieu de l’écoute de la Parole, de la croissance de la vie chrétienne, du dialogue, de l’annonce, de la charité généreuse, de l’adoration et de la célébration…. Mais nous devons reconnaître que l’appel à la révision et au renouveau des paroisses n’a pas encore donné de fruits suffisants pour qu’elles soient encore plus proches des gens, qu’elles soient des lieux de communion vivante et de participation, et qu’elles s’orientent complètement vers la mission.

- Dans le contexte de société qui est le nôtre, il nest pas facile de mettre en œuvre une pastorale de la jeunesse. Que faire ?
« La pastorale de la jeunesse, telle que nous étions habitués à la développer, a souffert du choc des changements sociaux. Dans les structures habituelles, les jeunes ne trouvent pas souvent de réponses à leurs inquiétudes, à leurs besoins, à leurs questions et à leurs blessures. Il nous coûte à nous, les adultes, de les écouter avec patience, de comprendre leurs inquiétudes ou leurs demandes, et d’apprendre à parler avec eux dans le langage qu’ils comprennent. Pour cette même raison, les propositions éducatives ne produisent pas les fruits espérés. Mais même s’il n’est pas toujours facile d’approcher les jeunes, des progrès ont été réalisés dans deux domaines : la conscience que toute la communauté les évangélise et les éduque, et l’urgence qu’ils soient davantage des protagonistes. Il faut reconnaître que nombreux sont les jeunes qui offrent leur aide solidaire face aux maux du monde et entreprennent différentes formes de militance et de volontariat. Qu’il est beau que des jeunes soient “pèlerins de la foi”, heureux de porter Jésus dans chaque rue, sur chaque place, dans chaque coin de la terre !

NDLR : Les réponses du pape François sont extraites de « La joie de lEvangile ». Quant aux questions, elles sont imaginées par lauteur de larticle qui, en raison de la « proximité » du pape François avec ses interlocuteurs, a utilisé le tutoiement.

Pour en savoir plus :
Texte intégral de lexhortation « La joie de lEvangile »

 

Crédit image Wikimédia Commons ©

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