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Textes à méditer : Fraternité

Temps de lecture : 26 minutes
Textes à méditer : Fraternité

Le batisseur de ponts ; Les deux frères ; Le fardeau ; Viens creusons notre puits ; Qui prend soin de votre parachute ? ; Je refuse… Je crois… ; Dans le coeur de chaque homme ; Cri de pauvre : vous devez nous respecter ; On dit que tu nous parles ; Prière à Dieu

Le batisseur de ponts

Voici l'histoire de deux frères qui s'aimaient beaucoup et vivaient en parfaite harmonie dans leur ferme jusqu'au jour où un conflit éclata entre eux.
Les deux frères vivaient du travail de leurs champs. Ils cultivaient ensemble et récoltaient ensemble. Ils avaient tout en commun. Tout commença par un malheureux malentendu entre eux. Mais peu à peu, le fossé se creusa jusqu'au jour où il y eut une vive discussion puis un silence douloureux qui dura plusieurs semaines.
Un jour quelqu'un frappa à la porte du frère aîné. C'était un homme à tout faire qui cherchait du travail. Quelques réparations à faire... 
- Oui, lui répondit-il, j'ai du travail pour toi. Tu vois, de l'autre côté du ruisseau vit mon frère cadet. Il y a quelques semaines, il m'a offensé gravement et nos rapports se sont brisés. Je vais lui montrer que je peux aussi me venger. Tu vois ces pierres à côté de ma maison ? Je voudrais que tu en construises un mur de deux mètres de haut, car je ne veux plus le voir.
L'homme répondit : 
- Je crois que je comprends la situation.
L'homme aida son visiteur à réunir tout le matériel de travail puis il partit en voyage le laissant seul pendant toute une semaine.
Quelques jours plus tard, lorsqu'il revint de la ville, l'homme à tout faire avait déjà terminé son travail. Mais quelle surprise ! Au lieu d'un mur de deux mètres de haut, il y avait un pont. Précisément à ce moment, le frère cadet sortit de sa maison et courut vers son aîné en s'exclamant : 
- Tu es vraiment formidable ! Construire un pont alors que nous étions si fâchés ! Je suis fier de toi !
Pendant que les deux frères fêtaient leur réconciliation, l'homme à tout faire ramassa ses outils pour partir. 
- Non, attends ! lui dirent-ils. Il y a ici du travail pour toi.
Mais il répondit : 
Je voudrais bien rester, mais j'ai encore d'autres ponts à construire...

Anonyme


Les deux frères

Deux frères cultivaient ensemble un lopin de terre et s'en partageaient la récolte. Un soir, qu'ils venaient chacun d'engranger leur part, l'un des frères se réveilla et dit :
- Mon frère est marié et il a deux enfants. Cela lui cause des soucis eet des dépenses qui me sont épargnés. Il a donc plus besoin de ce grain que moi. Je m'en vais lui porter quelques sacs en cachette. Car je sais bien que si je lui proposais, il refuserait.
Il se leva, porta quelques sacs dans la grange de son frère et retourna se coucher. Mais l'autre frère se réveilla peu après et se dit :
- Il n'est pas juste que j'ai la moitié du blé de notre champ. Mon frère ne connaît pas les joies de la vie de famille. Il a besoin de sortir et de se divertir, autant de choses qui coûtent cher. Je vais donc lui porter une partie de mon blé.
Et il se leva pour transporter quelques sacs de blé dans la grange voisine.
Le lendemain matin, chacun des frères fut stupéfait, car, dans sa réserve, il y avait la même quantité de sacs de grains que la veille.
Tous les ans, au moment de la récolte, ils recommençaient.
Et jamais ils ne purent comprendre par quel sortilège leur nombre de sacs était toujours identique.

Michel Piquemal (Les philo-fables, Ed. Albin Michel, 2008)


Le fardeau

Sur un sentier raide et pierreux
J'ai rencontré une petite fille
Qui portait sur le dos son jeune frère.
« Mon enfant, lui dis-je,
Tu portes un lourd fardeau.»
Elle me regarda et dit :
« Ce n'est pas un lourd fardeau, Monsieur,
C'est mon frère ! »

Je restai interdit.
Le mot de cet enfant
S'est gravé dans mon cœur.
Et quand la peine des hommes m'accable
Et que tout courage me quitte
Le mot de l'enfant me rappelle :
« Ce n'est pas un fardeau que tu portes,
C'est ton frère. » 

Parabole africaine


Viens creusons notre puits

Depuis qu'un jour 
il m'a demandé, 
tout à fait à l'improviste, 
de lui apprendre à prier, 
Mohammed a pris l'habitude
de s'entretenir avec moi.
C'est un voisin.
Nous avons ainsi une longue 
histoire de partage...
Un jour, il trouva la formule
pour solliciter un rendez-vous :

« Il y a longtemps que nous n’avons pas creusé notre puits ! »
Une fois, par mode de plaisanterie, 
je lui posai la question :

« Qu'est-ce que nous allons trouver ?
De l'eau musulmane
ou de l'eau chrétienne ? »
Il m'a regardé, mi-rieur, mi-chagriné :

« Il y a si longtemps que nous marchons ensemble, 
et tu me poses cette question...tu sais, 
au fond de ce puits-là, ce que je trouve : 
c'est l'eau de Dieu ! »

Frère Christian de Chergé


Qui prend soin de votre parachute ?

Charles Plumb était pilote de chasse dans la marine américaine au Vietnam.
Après 75 missions de combat, son avion fut abattu par un missile sol-air.
Il s’éjecta de son appareil et atterrit avec son parachute dans une zone contrôlée par l’ennemi.
Il fut capturé par les communistes vietnamiens et passa 6 ans en prison. Il survécut à l’épreuve et donne aujourd’hui des conférences sur les leçons à tirer de son expérience.
Un jour, Plumb et sa femme étaient assis dans un restaurant, lorsqu’un homme se leva d’une autre table et s’approcha de lui pour lui dire : 
« Vous êtes Plumb ! Vous étiez pilote de chasse au Vietnam sur le porte-avion Kitty Hawk. Votre avion a été abattu ! »
« Comment donc le saviez-vous ? » demanda Plumb.
« Je me suis occupé de votre parachute » répondit l’homme.
Plumb eut le souffle coupé par la surprise et exprima toute sa gratitude.
L’homme fit un geste de la main et dit : « N’est-ce pas que ça a marché ? »
Et Plumb lui assura : « Et comment ! Si votre parachute n’avait pas fonctionné, je ne serais pas de ce monde aujourd’hui. »
Plumb n’arrivait pas à dormir cette nuit-là, car il pensait sans cesse à cet homme. Il se demandait à quoi il ressemblait dans un uniforme de marine : un béret blanc, une bavette dans le dos et un pantalon à pattes d’éléphant. Combien de fois il avait pu le voir sans même lui dire : « Bonjour, comment ça va ? » ou quelque chose de ce genre. Car voyez-vous, Plumb était pilote de chasse alors que cet homme n’était qu’un marin.
Plumb pensa à toutes ces heures que le marin avait passées, au cœur du navire, à plier soigneusement des parachutes sur une longue table de bois, ayant à chaque instant entre les mains le destin d’une personne qu’il ne connaissait pas.
Aujourd’hui, lors de ses conférences, Plumb demande à son auditoire :
« Qui prend soin de votre parachute ? »
Nous avons tous quelqu’un pour nous apporter ce dont nous avons besoin pour passer la journée. Plumb raconte aussi que lorsque son appareil fut abattu en territoire ennemi, il eut besoin de différents types de « parachutes », il eut besoin de son « parachute physique, mental, émotionnel et spirituel ». Il puisa dans toutes ces ressources pour rester en vie.
Parfois, en raison des vicissitudes de la vie quotidienne, nous oublions ce qu’il y a de vraiment important. Nous oublions de dire « Bonjour », « S’il vous plaît » ou « Merci » ou de féliciter une personne qui vient de connaître un grand événement. Nous oublions aussi, de faire un compliment ou simplement une gentillesse uniquement pour le plaisir de le faire.
Au cours de cette semaine, ce mois-ci ou cette année, retrouvez les gens qui « prennent soin de votre parachute ».

Site Enseignement fondamental Tournai


Je refuse… Je crois…

Aujourd'hui, dans la nuit du monde et l'espérance de la Bonne Nouvelle, 
j'affirme avec audace ma foi en l'avenir de l'humanité ! 

Je refuse de croire que les circonstances actuelles 
rendront les hommes incapables de faire une terre meilleure. 
Je refuse de croire que l'être humain n'est qu'un fétu de paille, 
ballotté par le courant de la vie, 
sans avoir la possibilité d'influencer en quoi que ce soit le cours des évènements. 

Je refuse de partager l'avis de ceux qui prétendent 
que l'homme est à ce point captif 
de la nuit sans étoiles, du racisme et de la guerre, 
que l'aurore radieuse de la paix et de la fraternité ne pourra jamais devenir réalité. 

Je refuse de faire mienne la prédiction cynique 
que les peuples descendront l'un après l'autre 
dans le tourbillon du militarisme, vers l'enfer de la destruction thermo-nucléaire. 

Je crois que la vérité et l'amour sans conditions auront le dernier mot effectivement. 
La vie, même vaincue provisoirement, 
demeure toujours plus forte que la mort. 

Je crois fermement que, 
même au milieu des obus qui éclatent et des canons qui tonnent, 
il reste l'espoir d'un matin radieux. 

J'ose croire qu'un jour tous les habitants de la terre 
pourront recevoir trois repas par jour 
pour la vie de leur corps, 
pour l'éducation et la culture, 
pour la santé de leur esprit, 
l'égalité et la liberté pour la vie de leur cœur. 

Je crois également qu'un jour, 
toute l'humanité reconnaîtra en Dieu la source de son amour. 
Je crois également que la volonté salvatrice et pacifique deviendra un jour la loi. 
Le loup et l'agneau pourront se reposer ensemble, 
chaque homme pourra s'asseoir sous son figuier dans sa vigne, 
et personne n'aura plus raison d'avoir peur. 

Je crois fermement que nous l'emporterons ! 

Martin Luther King  (extrait du discours du prix Nobel de la paix, décembre 1964)


Dans le cœur de chaque homme

Dans le cœur de chaque homme et de chaque femme
habite le désir d’une vie pleine,
à laquelle appartient une soif irrépressible de fraternité,
qui pousse vers la communion avec les autres,
en qui nous ne trouvons pas des ennemis ou des concurrents,
mais des frères à accueillir et à embrasser.

En effet, la fraternité est une dimension essentielle
de l’homme, qui est un être relationnel.
La vive conscience d’être en relation
nous amène à voir et à traiter chaque personne
comme une vraie sœur et un vrai frère ;
sans cela, la construction d’une société juste,
d’une paix solide et durable devient impossible.

Et il faut immédiatement rappeler que la fraternité
commence habituellement à s’apprendre au sein de la famille,
surtout grâce aux rôles responsables et complémentaires
de tous ses membres, en particulier du père et de la mère.
La famille est la source de toute fraternité,
et par conséquent elle est aussi le fondement
et la première route de la paix, puisque par vocation,
elle devrait gagner le monde par son amour.

Georges Bergoglio (Le pape François)


Cri de pauvre : Vous devez nous respecter

Vous devez nous respecter, nous, que vous voulez écarter et dominer.
Ce faisant, vous trouverez vous-même
ce que vous avez de plus riche enfoui en vous
et que malheureusement vous ignorez encore :
votre dignité qui vous permettra de reconnaître la nôtre…

Vous pouvez nous frapper, nous pourchasser,
nous mépriser, nous emprisonner et même nous tuer.
Mais vous ne pouvez pas assassiner
notre dignité d'hommes et de femmes libres.
Nous savons d'ailleurs que votre recours à la force
démontre votre faiblesse, révèle vos failles humaines.
Nous ne vous en voulons pas,
nous voulons simplement que vous aussi,
vous découvriez le chemin de crête de la montée humaine
qui élève tous les hommes et toutes les femmes du monde,
quelles que soient leur couleur, leur croyance
et même quelles que soient leurs erreurs….

Nous sommes tous frères,
marchant vers les mêmes fins,
par-delà nos vies,
par-delà notre mort.

Nelson Mandela


On dit que tu nous parles

On dit que tu nous parles,
mais je n’ai jamais entendu ta voix
de mes propres oreilles,
les seules voix que j’entende,
ce sont des voix fraternelles
qui me disent les paroles essentielles.

On dit que tu te manifestes,
mais je n’ai jamais vu ton visage
de mes propres yeux.
Les seules visages que je vois,
ce sont des visages fraternels
qui rient, qui pleurent et qui chantent.

On dit que tu t’assois à notre table,
mais je n’ai jamais rompu avec toi le pain
de mes propres mains.
Les seules tables que je fréquente,
ce sont des tables fraternelles
où il fait bon se restaurer de joie et d’amitié.

On dit que tu fais route avec nous,
mais je n’ai jamais senti ta main
se poser sur mes propres épaules.
Les seules mains que j’éprouve,
ce sont les mains fraternelles
qui étreignent, consolent et accompagnent.

On dit que tu nous sauves,
mais je ne t’ai jamais vu intervenir
dans mes propres malheurs.
Les seuls sauveurs que je rencontre,
ce sont des cœurs fraternels
qui écoutent, encouragent et stimulent.

On dit... , mais si c’est toi, Ô mon Dieu,
qui m’offres ces voix, ces visages, ces tables,
ces compagnons, ces mains, ces yeux,
ces sourires et ces cœurs fraternels,
alors, au cœur du silence et de l’absence,
tu deviens par tous ces frères,
Parole et Présence fraternelles.

Jacques Musset


Prière à Dieu (Voltaire, Traité sur la tolérance, Chapitre XXIII)

« Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse ; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de
tous les mondes et de tous les temps : s’il est permis à de faibles créatures perdues dans
l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers, d’oser te demander quelque chose, à toi
qui a tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels, daigne regarder en
pitié les erreurs attachées à notre nature ; que ces erreurs ne fassent point nos calamités. Tu
ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ; fais que
nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère ; que
les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos
langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre
toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux,
et si égales devant toi ; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés
hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution ; que ceux qui allument des
cierges en plein midi pour te célébrer supportent ceux qui se contentent de la lumière de ton
soleil ; que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer ne
détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire ; qu’il soit égal
de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau ;
(…).
Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères ! Qu’ils aient en horreur la tyrannie
exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit
du travail et de l’industrie paisible ! Si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous
haïssons pas, ne nous déchirons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et
employons l’instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis
Siam jusqu’à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant. »

Prière de Voltaire écrite à l’occasion de la mort de Jean Calas (1763), publiée sur le site
Internet du Mouvement des cadres chrétiens (MCC)


© Crédit photo sylvie Crépy / Fotolia.com

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