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Les neurosciences... Encore un "truc" en plus ?

Temps de lecture : 8 minutes
Les neurosciences... Encore un "truc" en plus ?

Quelques éléments de l'étude du fonctionnement du cerveau peuvent éclairer nos pratiques d'enseignement.

A l'heure de la refondation de l'école, les connaissances apportées par les neurosciences sont à prendre en considération par les enseignants.

Il ne s'agit ni d'une méthode, ni d'une doctrine, encore moins de recettes toutes prêtes pour faire réussir les élèves. Les neurosciences nous invitent à poser un nouveau regard sur nos élèves, et plus particulièrement sur leurs cerveaux et le fonctionnement de ces derniers.

Le constat est fait de façon récurrente au fil des ans : les élèves mémorisent moins bien, ils souffrent de trouble de l'attention, ils ne sont pas motivés...  Qui plus est, l'école n'est plus le centre d'acquisition du savoir. Nos « digital natives » savent utiliser tous les outils numériques à leur disposition pour trouver des informations sur Napoléon, le château de Versailles, ou bien encore sur le corps humain. Et là surgit un autre constat : ils ne font que du copier/coller, ils ne savent pas faire des liens,....

Les enseignants mettent en œuvre tous les outils mis à leur disposition et qui ont fait leur preuve pour remettre les élèves sur le « droit chemin »... Mais le résultat est souvent décevant.

Les neurosciences regroupent toutes les sciences qui étudient l'anatomie et le fonctionnement du cerveau.

Pas de panique ! C'est un peu complexe mais pas forcément compliqué.

Notre cerveau contient 100 milliards de neurones, et 1 million de milliards de synapses ! 90% des synapses se font après la naissance. Plus un cerveau est sollicité, plus les synapses se développent !

Le cerveau modifie l'organisation de ses réseaux de neurones en fonction des expériences vécues. Il évolue donc tout au long de la vie... Sa plasticité est étonnante. Elle permet de s'adapter et de développer des réseaux nouveaux en fonction des besoins.

Ces connaissances nous amènent à s'interroger sur le déterminisme porté par l'école qu'il soit social, culturel ou cognitif. Face à ces élèves qui nous laissent parfois perplexe face à la non-intégration des compétences scolaires, il nous faut emprunter d'autres chemins en reconnaissant la différence de vitesse d'apprentissage ou la différence de développement cognitif. Rien n'est joué à 6 ans ! Croire à l'éducabilité de nos élèves est une de nos missions.

Cette aventure dans l'univers des neurosciences nécessite une modification de nos représentations : chaque élève a un cerveau qui lui est propre et chacun a sa propre façon d'apprendre. Piaget risque d'être un peu bouculé...

Un bref rappel de l'expérience de Rosenthal et Jacobson nous rappelle l'importance du regard que nous posons sur l'élève.

N'ayons pas peur ! Il ne s'agit pas de remettre en cause notre enseignement, mais, comme nous invite Pascale Toscani,  de prendre le risque « d'interroger [notre] pratique à la lumière de l'apport des neurosciences. »

Les concepts des neurosciences peuvent nous aider dans notre mission d'enseignant.

Nous pouvons apporter aux élèves des connaissances sur le fonctionnement de leur cerveau pour qu'ils puissent étayer leur façon d'apprendre.

L'importance du sommeil et de l'alimentation prend une nouvelle lumière quand le lien est fait avec les besoins du cerveau.

Le stress, et ses conséquences sur l'apprentissage, est expliqué, relativisé, apprivoisé et, par la suite, mieux maîtrisé.

Il nous faut aussi faire découvrir aux élèves que l'intelligence est multiple ! Howard GARDNER a mis en  lumière 8 types d'intelligences : visuelle/spatiale, interpersonnelle, intrapersonnelle, corporelle/kinesthésique, musicale/rythmique, logico-mathématique, linguistique et naturaliste. Chacun est porteur de ce bouquet d'intelligences  qu'il faut développer de la façon la plus harmonieuse possible. Les travaux sur les Intelligences Multiples nous obligent à changer notre regard sur l'élève et de ne plus prendre en compte uniquement les intelligences scolastiques.

Les intelligences collectives sont à développer. On n'apprend pas tout seul, on sollicite beaucoup plus notre cerveau quand nous sommes en interaction avec les autres. «  Apprendre, c'est quitter l'individuel pour le collectif ». Cela nécessite une bonne dose de confiance en soi. Et là encore, nous pouvons réaffirmer le rôle important du regard que l'enseignant porte sur l'élève

Les neurosciences ne sont pas un gadget. Elles sont indispensables à l'acquisition des connaissances et des compétences au sein de l'école.

A vous de prendre les chemins tracés par les neurosciences !

La curiosité est, comme bien souvent, une excellente qualité... !

« Enseigner et grandir n'est possible que si l'on est animé

par la foi en l'éducabilité de l'autre et de soi-même. »

Pascale TOSCANI

Pour aller plus loin :

- Dossier ifé, n° 86 de septembre 2013,

- Pascale TOSCANI, Apprendre avec les Neurosciences, rien ne se joue avant 6 ans.

- Chronique sociale, 2012

- Pascale TOSCANI, Les neurosciences au cœur de la classe, Chronique sociale, 2013

- Howard GARDNER, Les intelligences multiples, RETZ

- Bruce CAMPBELL, Les intelligences multiples, Chenelière/ MC Graw-Hill, 1999

- Jim HOWDEN, Huguette MARTIN, La coopération au fil des jours, Chenelière/ MC Graw-Hill,1997

- Martine DAUDELIN, Apprendre à sa façon, Chenelière, 2006

- Guide pour enseigner autrement selon la théorie des intelligences multiples, sous la direction de Bruno HOURST, RETZ, 2009

- Mélanie JANNELLE, Enrichissement multiple, Chenelière, 2012

 

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