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Textes à méditer : Respect (et si on parlait respect…)

Temps de lecture : 23 minutes
Textes à méditer : Respect (et si on parlait respect…)

Le test des trois passoires ; Le vieil homme et le chien ; Vos enfants ne sont pas vos enfants ; Homme de couleur ; Si un enfant vit dans la critique ; Le roi et le jardin ; Un sourire ; Laisse-nous être dérangés ; Jésus n'a pas dit... ; Madiba m'a dit...

Le test des trois passoires

Quelqu'un arriva un jour, tout agité, auprès du sage Socrate :
- Sais-tu ce que je viens d'apprendre sur ton ami ?
- Un instant, répondit Socrate. Avant que tu me racontes tout cela, j'aimerais savoir si tu as fait le test des trois passoires ?
- De quoi s'agit-il ?
- Avant de raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de procéder à une petite sélection. C'est ce que j'appelle le test des trois passoires.
La première passoire est celle de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me raconter est vrai ?
- Non, pas vraiment, je n'ai pas vu la chose moi-même, je l'ai seulement entendu dire.
- Très bien ! Tu ne sais donc pas si c'est la vérité...
Essayons, malgré tout, la deuxième passoire, celle de la bonté.
Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bien ?
- Ah non, alors ! Au contraire!
- Donc, continue Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et en plus, tu n'es pas sûr qu'elles soient vraies...
Voyons tout de même si cela aurait passé à travers la troisième passoire, celle de l'utilité.
Est-il utile que tu m'apprennes ce que mon ami aurait fait ?
- Euh, non, pas vraiment!
- Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n'est ni vrai, ni bien, ni utile, je n'ai aucune envie de l'entendre.


Le vieil homme et le chien

Transparent au regard des passants trop pressés,
Un vieil homme est assis, transi et affamé,
Sous un porche à l’abri des frimas de janvier.
Il implore un sourire, une pièce de monnaie.
Passe un chien dans la rue, un chien de pedigree,
Une voiture suit, heurte le canidé.
Aussitôt extirpés de leurs logis douillets
Accourent de partout des bourgeois empressés.
« Ne le laissez pas là, amenez-le chez moi
J’ai une couverture afin qu’il n’ait pas froid ! »
Quelques instants après, l’animal est pansé,
Dorloté, réchauffé, maintes fois caressé.
Au dehors dans la rue le silence est tombé
Tout le monde est rentré, a fermé ses volets.
Sous son porche à l’abri des frimas de janvier
Le vieil homme soudain s’est mis à aboyer.

Daniel Boy


Vos enfants ne sont pas vos enfants

Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit :
« Parlez-nous des Enfants. »
Et il dit : « Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie;
Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable. »

Khalil Gibran


Homme de couleurs

Cher frère blanc,
Quand je suis né, j'étais noir,
Quand j'ai grandi, j'étais noir,
Quand je suis au soleil, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrai, je serai noir.
Tandis que toi, homme blanc,
Quand tu es né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu es malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.
Alors, de nous deux,
Qui est l'homme de couleur ?

Léopold Sedar Senghor


Si un enfant vit dans la critique

Si un enfant vit dans la critique,
Il apprend à condamner.
Si un enfant vit dans l’hostilité,
Il apprend à se battre.
Si un enfant vit dans le ridicule,
Il apprend à être gêné.
Si un enfant vit dans la honte,
Il apprend à se sentir coupable.
Si un enfant vit dans la tolérance,
Il apprend à être patient
Si un enfant vit dans l’encouragement,
Il apprend à être confiant.
Si un enfant vit dans la motivation,
Il apprend à se faire valoir.
Si un enfant vit dans la loyauté,
Il apprend la justice.
Si un enfant vit dans la sécurité,
Il apprend la foi
Si un enfant vit dans l’approbation,
Il apprend à s’aimer.
Si un enfant vit dans l’acceptation et l’amitié,
Il apprend à trouver l’amour dans le monde.

Dorothy Law Nolte


Le roi et le jardin

Il y avait un jour un roi qui avait planté près de son château toutes sortes d'arbres, de plantes et de fleurs et son jardin était d'une grande beauté. Chaque jour, il s'y promenait: c'était pour lui une joie et une détente.
Un jour, il dut partir en voyage. À son retour, il s'empressa d'aller marcher dans le jardin. Il fut désolé en constatant que les plantes et les arbres étaient en train de se dessécher.
Il s'adressa au pin, autrefois majestueux et plein de vie, et lui demanda ce qui s'était passé. Le pin lui répondit : « J'ai regardé le pommier et je me suis dit que jamais je ne produirais les bons fruits qu'il porte. Je me suis découragé et j'ai commencé à sécher. »
Le roi alla trouver le pommier ; lui aussi se desséchait... Il l'interrogea et il dit : « En regardant la rose et en sentant son parfum, je me suis dit que jamais je ne serais aussi beau et agréable et je me suis mis à sécher. »
Comme la rose elle-même était en train de dépérir, il alla lui parler et elle lui dit : « Comme c'est dommage que je n'ai pas l'âge de l'érable qui est là-bas et que mes feuilles ne se colorent pas à l'automne. Dans ces conditions, à quoi bon vivre et faire des fleurs ? Je me suis donc mise à dessécher. »
Poursuivant son exploration, le roi aperçut une magnifique petite fleur. Elle était toute épanouie. Il lui demanda comment il se faisait qu'elle soit si vivante. Elle lui répondit : « J'ai failli me dessécher, car au début je me désolais. Jamais je n'aurais la majesté du pin, qui garde sa verdure toute l'année; ni le raffinement et le parfum de la rose. Et j'ai commencé à mourir mais j'ai réfléchi et je me suis dit : Si le roi, qui est riche, puissant et sage, et qui a organisé ce jardin, avait voulu quelque chose d'autre à ma place, il l'aurait planté. Si donc, il m'a plantée, c'est qu'il me voulait, moi, telle que je suis. Et à partir de ce moment, j'ai décidé d'être la plus belle possible ! »

Anonyme


Un sourire

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup.
Il enrichit ceux qui le reçoivent
Sans appauvrir ceux qui le donnent.
Il ne dure qu'un instant
Mais son souvenir est parfois éternel.
Personne n'est assez riche pour s'en passer,
Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter
Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires.
Il est le signe sensible de l'amitié.
Un sourire donne du repos à l'être fatigué,
Rend du courage aux plus découragés.
Il ne peut ni s'acheter, ni se prêter, ni se voler,
Car c'est une chose qui n'a de valeur
Qu'à partir du moment où il se donne.
Et si parfois vous rencontrez une personne
Qui ne sait plus avoir le sourire,
Soyez généreux, offrez-lui le vôtre...
Car nul n'a autant besoin d'un sourire
Que celui qui ne peut en donner aux autres.

Raoul Follereau


Laisse-nous être dérangés

Seigneur, comme ils sont dérangeants ces jeunes
qui nous provoquent par leurs attitudes agressives.
Mais, sous la rudesse de leur langage
et la déviance de leurs comportements
se cache souvent une immense détresse.
Toi qui as dit : « Laissez les enfants venir à moi »,
toi qui accueillit le bon larron,
apprends-nous à ne jamais juger les jeunes sur les apparences,
mais à savoir les rejoindre au cœur de leur souffrance.
Donne-nous le courage
de les accompagner sur leur chemin de vie,
comme Simon de Cyrène sut t’aider sur ton chemin de croix.
Puissions-nous être sur leur route des témoins d’espérance.
L’échec n’est pas une fatalité.
L’amour peut faire reculer la violence,
l’exclusion peut être combattue.
Ce dont ces jeunes ont besoin
n’est-ce pas de rencontrer des adultes capables de leur dire :
« Nous avons besoin de vous ! »
Donne-nous la force et la joie de relayer ton appel :
« J’ai besoin de vous tous pour bâtir mon royaume de justice et de paix. »

Jean-Marie Petitclerc


Jésus n’a pas dit… 

Jamais homme n'a respecté les autres comme cet homme
Jésus voit toujours en celui ou celle qu'il rencontre un lieu d'espérance, une promesse vivante, un extraordinaire possible, un être appelé, par-delà et malgré ses limites, ses péchés et parfois ses crimes, à un avenir tout neuf. II lui arrive même d'y discerner quelque merveille secrète dont la contemplation le plonge dans l'action de grâces.

Jésus ne dit pas : « Cette femme est volage, légère, sotte, elle est marquée par l'atavisme moral et religieux de son milieu, ce n'est qu'une femme. »
II lui demande un verre d'eau et il engage la conversation.

Jésus ne dit pas : « Voilà une pécheresse publique, une prostituée à tout jamais enlisée dans son vice ». Il dit : « Elle a plus de chance pour le royaume de Dieu que ceux qui tiennent à leur richesse ou se drapent dans leur vertu et leur savoir. »

Jésus ne dit pas : « Celle-ci n'est qu'une adultère. »
Il dit : « Je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus. »

Jésus ne dit pas : « Celle-là qui cherche à toucher mon manteau n'est qu'une hystérique. »
Il  l'écoute, lui parle et la guérit.

Jésus ne dit pas : « Cette vieille qui met son obole dans le tronc pour les œuvres du Temple est une superstitieuse. »
Il dit : « qu’elle est extraordinaire et qu'on ferait bien d'imiter son désintéressement ! »
 
Jésus ne dit pas : « Ces enfants ne sont que des gosses. »
Il  dit : « Laissez-les venir à moi et tâchez de leur ressembler. »

Jésus ne dit pas : « Cet homme n'est qu'un fonctionnaire véreux qui s'enrichit en flattant le pouvoir et en saignant les pauvres. »
Il s'invite à sa table et assure que sa maison a reçu le salut.

Jésus ne dit pas, comme son entourage : « Cet aveugle paie sûrement ses fautes ou celles de ses ancêtres. »
II dit : que l'on se trompe complètement à ce sujet et il stupéfie tout le monde, ses apôtres, les scribes et les pharisiens, en montrant avec éclat combien cet homme jouit de la faveur de Dieu. « II faut que l'action de Dieu soit manifeste en lui. »

Jésus ne dit pas : « Ce centurion n'est qu'un occupant. »
Il  dit : « Je n'ai jamais vu pareille foi en Israël. »

Jésus ne dit pas : « Ce savant n'est qu'un intellectuel. »
Il lui ouvre la voie vers une renaissance spirituelle.

Jésus ne dit pas : « Cet individu n'est qu'un hors-la-loi. »
Il lui dit : « Aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis. »

Jésus ne dit pas : « Ce Judas ne sera jamais qu'un traître. »
II se laisse embrasser par lui et lui dit : « Mon ami. »

Jésus ne dit pas : « Ce fanfaron n'est qu'un renégat. »
II lui dit : « Pierre, m'aimes-tu ? »

Jésus ne dit pas : « Ces grands prêtres ne sont que des juges iniques, ce roi n'est qu'un pantin, ce procurateur romain n'est qu'un pleutre, cette foule qui me conspue n'est qu'une plèbe, ces soldats qui me maltraitent ne sont que des tortionnaires. »
Il  dit : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font... »

Jésus n'a jamais dit : « II n'y a rien de bon dans celui-ci, dans celui-là, dans ce milieu-ci, dans ce milieu-là. » De nos jours, il n'aurait jamais dit : « Ce n'est qu'un intégriste, qu'un moderniste, qu'un gauchiste, qu'un fasciste, qu'un mécréant, qu'un bigot... »
Pour lui, les autres, quels qu'ils soient, quels que soient leurs âges, leur statut, leur réputation, sont toujours des êtres aimés de Dieu.

Jamais homme n'a respecté les autres comme cet homme. II est unique.
Jésus est le Fils unique de celui qui fait briller son soleil sur les bons et sur les méchants.
Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de nous, pécheurs !

Mgr. Albert Decourtray


Madiba m’a dit…

Madiba
M’a dit tout bas
Qu’il ne fallait pas
Non, qu’il ne faut pas
Que ça ne donnerait rien
Non, rien de bon
D’ajouter un coup de poing
Qu’il ne fallait point
Non
Qu’il fallait se dire pardon
Pour de bon
Que ça ne servirait à rien
Que ça n’était pas bien
Que ce n’était pas bien malin
Qu’il valait mieux tendre la main
Pour préparer demain
Qu’il fallait se donner un peu de mal
Pour faire le bien
Que le jeu en vaut la chandelle
Et que la Terre peut être plus belle

Et moi je le crois…
Madiba
 
Pascal Blanchard (enseignant en Mayenne)


© Crédit photo Vagengeym / Fotolia.com

 

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