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Les mots de la Foi

Temps de lecture : 16 minutes
Les mots de la Foi

En cette année de la foi, s’arrêter sur les mots qui expriment cette foi…

Pour exprimer les multiples aspects  de ce qu’est la foi chrétienne, nous faisons appel à un vocabulaire qui bien souvent nous dépasse. Nous entendons ces mots mais avons bien du mal à dire ce qu’ils recouvrent. Bien des ouvrages ont été écrits sur le sujet, il existe aussi les catéchismes de l’Eglise catholique… Alors m’appuyant d’une part sur Youcat, catéchisme de l’Eglise catholique pour les jeunes, et sur le site croire.com qui consacre un large dossier aux mots de la foi, je vous propose cet arrêt sur quelques mots. A vous ensuite d’aller à la recherche d’autres termes qui vous interrogent lorsque vous cherchez à mieux comprendre le mystère de la foi.

Tiens, justement, MYSTÈRE ?

Ce mot vient du grec « mysterion » = secret, traduit en latin par le mot « sacramentum ». Dans notre langage courant, il évoque quelque chose d’étrange, de non compréhensible, avec une part de surnaturel… Quand ce mot est utilisé au plan chrétien, il signifie une réalité inaccessible à la connaissance rationnelle. Ce n’est pas une réalité incompréhensible mais plutôt inépuisable : nous ne finirons jamais de la comprendre. C’est un peu comme la relation d’amour entre un homme et une femme : jamais on ne peut épuiser tout le mystère de ce lien entre deux êtres. Le mystère c’est un peu  comme le soleil : impossible à fixer directement mais il  éclaire tout le reste et en donne le sens. Il y a ainsi dans la vie de Jésus des éléments fort importants que nous ne pouvons comprendre que comme des mystères : sa condition de Fils de Dieu, son incarnation, sa passion et sa résurrection.

Et le SACREMENT ?

C’est le signe sensible, visible,  d’une réalité invisible. Des gestes, des paroles, des symboles, tout au long de la liturgie sacramentelle, vont aider le chrétien à accéder à cette réalité invisible. En tant qu’être humain, nous avons besoin de voir, d’entendre, de toucher, de sentir. Et à travers ces actes que sont les sacrements, le Christ continue à nous révéler Dieu, un Dieu qui guérit, qui pardonne, qui nourrit, qui fortifie, qui dispose à l’amour. Tout cela se réalise par la grâce de Dieu qui agit en nous.

Et voilà, un autre mot : la GRÂCE ?

Nous le rencontrons dans des situations du commun : « ah, quand notre champion préféré est en état de grâce, quel exploit au bout de l’effort !! » Le dictionnaire Robert vous fournira une page d’explication sur ce mot « grâce » avec les multiples expressions bâties à l’aide du mot. Dans le langage de la foi, il faut comprendre ce mot comme la sollicitude gratuite et aimante de Dieu, sa bonté. C’est tout ce que Dieu nous donne sans le moindre mérite de notre part. Benoit XVI l’exprime ainsi : « La grâce, c’est être regardé par Dieu, c’est être touché par son amour pour nous. La grâce n’est pas une chose, c’est Dieu lui-même qui se communique aux hommes. Ce qu’il donne n’est rien de moins que lui-même. Dans la grâce, nous sommes en Dieu. »

Et alors qu’est-ce que la FOI ?

Le mot « croire » a deux sens tout à fait différents. Quand un parachutiste demande à l’employé du terrain d’aviation : « Le parachute a-t-il été plié correctement ? » et que celui-ci grommelle : « Euh ! Je crois bien que oui », cette réponse ne lui convient pas, il voudrait savoir. Si, en revanche, il a demandé à un ami de plier le parachute, et que celui-ci réponde à la même question : « Oui, je l’ai fait personnellement. Tu peux me croire. », le parachutiste répondra : « Oui, je te crois. » Cette foi est beaucoup plus qu’un savoir, elle est une certitude. Telle est la foi qui a fait émigrer Abraham vers la Terre promise, qui a permis aux martyrs de tenir bon jusque dans la mort, qui soutient aujourd’hui encore des chrétiens persécutés. Une foi qui saisit l’’être humain tout entier (extrait de Youcat).

La foi c’est savoir et avoir confiance. Le catéchisme de l’Eglise catholique en fournit sept caractéristiques :

  • La foi est un pur don de Dieu que nous obtenons quand nous le demandons avec ferveur ;
  • La foi est la force surnaturelle dont nous avons absolument besoin pour atteindre le salut ;
  • La foi exige la volonté libre et le clair discernement de l’homme quand il répond à l’invitation divine ;
  • La foi est une certitude absolue parce que Jésus s’en porte garant ;
  • La foi est incomplète aussi longtemps qu’elle n’est pas agissante dans la charité ;
  • La foi grandit, quand nous écoutons toujours mieux la Parole de Dieu et quand, dans la prière, nous engageons un dialogue vivant avec cette Parole ;
  • La foi nous donne déjà maintenant un avant-goût de la joie du ciel.

Un mot vous aura fait bondir !! Le SALUT ??

Nous sommes dans une situation périlleuse, nous sommes gravement malades…  Pompiers, médecins, ou autres sauveteurs, nous mettent hors de péril. Voila bien un sens de ce mot salut que nous comprenons. Mais quand, dans une préparation de baptême avec des parents,  nous expliquons que, par le baptême, nous sommes libérés du péché, arrachés à la mort et sommes désormais  destinés à vivre dans la joie des sauvés, c’est bien plus difficile à comprendre !

Pour un chrétien, par son enseignement, par sa personne, le Christ est venu nous délivrer de ce avec quoi nous avons partie liée : la mort physique et spirituelle. La mort physique est inscrite dans nos cellules et la mort spirituelle est cette goutte de venin que nous portons tous en nous et qui nous pousse à faire de Dieu un concurrent qui  limite notre liberté et en conséquence à ne pas vouloir recevoir de lui notre existence et la plénitude de sa vie. Et c’est pour cela que Dieu nous envoie Jésus comme ami et sauveur. « Heureuse la faute qui nous vaut pareil Rédempteur !» (Liturgie de la nuit de Pâques).

Dieu s’est INCARNÉ en son Fils !!

Un peu d’étymologie et nous l’avons compris : ce mot vient du latin, « caro » qui veut dire chair.  Saint Jean, au début de son Evangile, résume l’évènement en une phrase : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. »  Voilà un Dieu qui après avoir choisi d’entrer dans la création en faisant alliance avec son peuple (Noé, Abraham, Moïse, etc.), fait le choix de renoncer à une part de sa divinité en devenant homme au milieu des hommes. Un homme né dans l’hygiène douteuse d’une étable, sans maison - même pas une pierre où reposer sa tête - vivant comme un vagabond, méprisant les honneurs. Voilà ce qu’est l’incarnation : l’action de Dieu qui prend la condition humaine en Jésus-Christ de la naissance à la mort. Et c’est la foi en cette incarnation du Christ qui est la base de la foi des chrétiens.

Oui, Dieu vient à notre rencontre : c’est la RÉVÉLATION.

Etymologiquement, c’est lever le voile.  D’un être humain, nous ne pouvons connaitre quelque chose que lorsqu’il nous ouvre son cœur, quand il accepte de nous dévoiler des aspects de sa vie, de son intimité. De la même façon, Dieu nous a ouvert son cœur, petit à petit il s’est manifesté, s’est découvert. Il l’a fait à travers l’histoire : c’est toute la richesse de l’Ancien Testament. Il est le Dieu qui crée le monde par  amour, qui reste fidèle aux hommes même quand ils s’éloignent de lui (la tour de Babel, le Veau d’or, etc.). Il libère son peuple de l’esclavage en Egypte, il envoie les prophètes pour appeler à la conversion et renouveler son Alliance avec les hommes.

Et dans le Nouveau Testament, en Jésus-Christ, il nous montre toute la profondeur de son amour. Par Jésus, il se rend visible, il devient homme comme nous, nous accompagnant, prenant sur lui tout ce qui pèse sur nous (solitude, peines, angoisse devant la mort). Et c’est en écoutant ce Jésus, parole de Dieu, que nous pouvons savoir qui est Dieu et le chemin de vie qui nous est proposé.

Un 8ème mot et nous en restons là… pour le moment !! La COMMUNION DES SAINTS

Ne prenons pas ce mot dans le sens si souvent utilisé : être saint = être parfait, voire héroïque ! Certes nous sommes appelés en tant que chrétien à témoigner de notre foi par une vie exemplaire mais justement c’est parce que nous avons été choisis par Dieu, que nous avons accepté d’être aimés par Dieu et en retour de l’aimer. Voilà le cœur de la sainteté.

Et la communion des saints, c’est l’Eglise rassemblant tous ceux qui, connus ou inconnus, vivants ou morts, ont mis leur espérance dans le Christ et lui appartiennent par le baptême. C’est dans cette communion que nous invoquons les saints dont nous portons le nom, que nous prions pour nos défunts…

Pour aller plus loin :

Les mots de la foi sur le site croire.com

Le cœur de la foi.

 

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