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Au minimum 9 heures de formation

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Au minimum 9 heures de formation

La circulaire du 21 février 2013 pose cette exigence. Comment y répondre ? Quels sont les moyens à disposition ?

"Le temps d’apprendre est désormais celui de la vie entière", Jacques Delors, Commission internationale sur l’éducation pour le XXIe siècle, 1996.
 
1.     Le cadre légal
 
 « Dix-huit heures consacrées à l'animation pédagogique et à des actions de formation continue. Les actions de formation continue doivent représenter au moins la moitié des dix-huit heures et être, pour tout ou partie, consacrées à des sessions de formation à distance, sur des supports numériques. »
La nouvelle circulaire n° 2013-019 du 4-2-2013 sur l’organisation des « 108 heures » publiée au B.O. n° 8 du 21 février 2013 abroge celle de 2010 (circulaire n° 2010-081 du 2 juin 2010). Elle est plus précise puisqu’elle indique que les actions de formation continue doivent représenter au minimum 9 heures par an, alors que la précédente ne précisait pas la répartition entre le temps d’animation et de formation.
 
2.     Le cadre de mise en œuvre
 
A court terme, nous pouvons craindre que ni les ressources humaines en formateurs, ni les budgets de formation ne permettent  de proposer à tous les professeurs des écoles 9 heures de formation dans l’acception classique de stage avec un formateur. Alors comment faire ?
La circulaire ouvre des portes en indiquant des sessions de formation à distance, sur des supports numériques. Mais comment discerner ce qui est de la formation de ce qui n’en n’est pas ? Est-ce que surfer sur Internet pour lire des fiches de préparation, lire une revue pédagogique peuvent-être considérés comme de la formation ?
 
Reportons-nous à la définition de la formation donnée par le Centre Inffo : « La formation professionnelle continue fait partie de l’éducation permanente. Elle a pour objet de permettre l’adaptation des travailleurs au changement des techniques et des conditions de travail, de favoriser leur promotion sociale par l’accès aux différents niveaux de la culture et de la qualification professionnelle et leur contribution au développement culturel, économique et social ».
Une définition plus technique, en référence au code du travail, permet d’accéder à une liste d’actions de formation qui relèvent du champ de la formation professionnelle continue.
Retenons l’idée que la formation doit permettre un apprentissage afin que l’enseignant développe ses compétences.
 
Le référentiel de compétences professionnelles des métiers du professorat et de l'éducation cite la compétence "s'engager dans une démarche individuelle et collective de développement professionnel". Elle est déclinée de la manière suivante : 
- compléter et actualiser ses connaissances scientifiques, didactiques et pédagogiques,
- se tenir informé des acquis de la recherche afin de pouvoir s'engager dans des projets et des démarches d'innovation pédagogique visant à l'amélioration des pratiques,
- réfléchir sur sa pratique - seul et entre pairs - et réinvestir les résultats de sa réflexion dans l'action,
- identifier ses besoins de formation et mettre en œuvre les moyens de développer ses compétences en utilisant les ressources disponibles. 

Les modalités de formation peuvent être diverses mais elles doivent être cadrées. Elles supposent :
- Un projet de formation écrit (et validé par le chef d’établissement) décrivant à minima l’apprentissage à réaliser, les modalités et conditions d’acquisition, les modalités de transfert de l’apprentissage à l’activité professionnelle et les modalités d’évaluation de ses acquisitions.
- Une extériorité (formateur - personne ressource…).
- Une trace écrite de cet apprentissage. Rappelons qu’il s’agit d’un temps de travail et qu’il faut pouvoir apporter la preuve que ce temps a été utilisé conformément à ce qui est attendu par l’Education nationale.    
 
3.     Etablir un projet de formation
 
« Un adulte n’est prêt à se former que s’il peut trouver dans la formation une réponse à ses problèmes dans sa situation. Tout le secret de la formation des adultes consiste à transformer le vécu en expérience, les expériences en savoir-faire, puis les savoir-faire en connaissance qui permettent l’autonomie ». Bertrand Schwartz, Éducation permanente n° 180, octobre 2009.
La première étape est d’identifier un problème à résoudre (difficulté, adaptation à des changements, des évolutions…) ou un projet à mettre en œuvre (en référence avec le projet d’établissement) qui nécessite d’être accompagné par de la formation.
La démarche peut être individuelle ou collective. Les conseillers formation de Formiris peuvent vous aider.
Lire sur sitEColes : bâtir un plan de formation en établissement.
Au-delà de la dimension de l’établissement, il peut être tout à fait pertinent d’établir un projet de formation en réseau. Formiris peut également vous indiquer des établissements qui ont un projet de formation similaire pour vous associer afin d’optimiser les fonds de formation et ouvrir l’établissement à des échanges.
 
4.     Des modalités diverses
 
Il est certain que l’apport d’un formateur est un plus dans une démarche de formation. Si ce n’est pas possible pour la totalité des 9 heures minimum exigées, il convient de développer d’autres modalités tout en respectant notamment le cadre de l’autoformation tel que décrit ci-dessus.
Dans l’Encyclopédie de la Formation : « L’autoformation, c’est se former soi-même, chez soi, dans un système éducatif, ou dans des groupes sociaux, ou autres. L’individu est le principal responsable des paramètres de la formation. Il gère au maximum les espaces, les ressources et les temps de sa formation. Il négocie son projet de formation et sa validation avec différentes institutions ».
Philippe Carré, dans son article « Le pari de l’autoformation » définit sept piliers de l’autoformation :
1. le projet individuel comme fondation majeure de l’entrée en autoformation
2. le contrat pédagogique comme cœur de la négociation
3. la préformation propédeutique (phase préparatoire) de l’autoformation
4. des formateurs-facilitateurs
5. un environnement ouvert de formation
6. l’alternance individuel-collectif comme rythme de la formation
7. trois niveaux de suivi : individu, groupe, institution.
Dans une vidéo de 4 minutes, Philippe Carré présente le concept d’autoformation.
 
« S’autoformer ce n’est donc pas se former seul. C’est par la rencontre avec le monde physique et les autres, individus, groupes, entités sociales que l’on se définit soi-même. C’est l’Autre qui fait prendre conscience de ce que l’on est ». Définition de l’Afpa.
Ce n’est pas une démarche individuelle autonome mais elle est reliée au groupe et à l’institution (voir pilier 7, Philippe Carré).
L’autoformation est accompagnée par des formateurs-facilitateurs (pilier 4, Philippe Carré).

Les réseaux réciproques de savoirs sont une modalité d’autoformation. « Penser que tout le monde est porteur de savoirs et que tout le monde est capable d’apprendre. C’est une posture d’accompagnement de la réussite », Claire Héber-Suffrin.
Quelques exemples :
- Aller voir une autre classe avec un projet et une grille d’observation, partager ses observations et les analyser, en tirer des pistes d’action pour sa classe.
- Un enseignant habilité pour les langues vivantes qui  transmet à ses collègues des éléments facilitateurs pour cet enseignement.
- Un enseignant spécialisé qui partage son expertise sur les démarches d’apprentissage.
- Un stagiaire, titulaire d’un master en sciences et vie de la terre et d’un master d’enseignement qui aide des titulaires à actualiser leurs connaissances dans cette discipline.   
- Un professeur du collège voisin qui transmet son  savoir-faire dans sa discipline.
- Un maître associé à la formation qui partage le savoir-faire qu’il développe avec des « entrants dans le métier » avec les titulaires de son établissement.
Pour que ces échanges de savoirs soient formateurs, il faut pouvoir les formaliser et penser leur transfert dans l’activité professionnelle. Ils ne sont pas à confondre avec de la concertation ou du travail d’équipe. Toutefois l’organisation de l’école permet également d’apprendre par le travail. On parle d’organisation apprenante ou d’établissement formateur.
 
Attention, l’autoformation ne doit pas être l’unique moyen de formation. Si les circonstances ne permettent pas une année d’avoir recours à l’expertise et à l’extériorité qu’apporte un formateur, il faudra veiller à ce que cette situation ne perdure pas.
 
5.     Des ressources numériques
 
La circulaire indique que ces formations peuvent être « pour tout ou partie, consacrées à des sessions de formation à distance, sur des supports numériques ».
Voici quelques ressources identifiées :
Espace ressources pour le premier degré, développé par l’Education nationale. Il permet « d'accéder en quelques clics à l'essentiel des ressources proposées par la DGESCO pour l'école maternelle et l'école élémentaire, ainsi que des liens vers des ressources académiques et une ouverture vers d'autres sites, institutionnels, culturels, éducatifs... ». Ce n’est toutefois pas une plate-forme de formation.

- Télé Formation Lecture (TFL). Comme son nom l’indique, ce site, développé par Alain Bentolila, permet de l’autoformation : « Pour l'enfant, apprendre à lire est parfois long et difficile. Pour le professeur, enseigner la lecture dans les conditions favorables à tous nécessite de solides connaissances théoriques et une mise en pratique réfléchie et adaptée. Ce site, destiné aux formateurs, enseignants et étudiants, est entièrement dédié à cet objectif. Nourri par les contributions des meilleurs chercheurs et formateurs, enrichi des exemples pertinents de séquences de classe, ce dispositif veut donner dynamisme et cohérence à la formation initiale et continue des enseignants.
Pour en savoir plus... »

- Lire, un apprentissage
De courtes vidéos pour comprendre, accompagner, dialoguer autour de l’apprentissage de la lecture.

- Télé Formation Mathématiques (TFM). Il a été conçu dans la même logique que TFL par Roland CHARNAY : « Apprendre les mathématiques, dès l’école primaire, c’est s’initier à une manière de penser et s’en approprier les outils conceptuels et les méthodes. La question de la transmission et de l’appropriation de ce corps de connaissances et de méthodes a donné lieu à de nombreux travaux et continue à susciter la réflexion des didacticiens, des psychologues et, bien entendu, des enseignants et de leurs formateurs.
Ce site, destiné aux formateurs, enseignants, étudiants et stagiaires, a pour objectif de leur donner accès aux contributions de chercheurs et de formateurs, enrichies d’exemples pertinents de séquences de classe. Ce dispositif veut donner dynamisme et cohérence à la formation initiale et continue des enseignants.
Pour en savoir plus... »

- La plateforme Néopass@ction est un outil de formation, développé par l’Education Nationale, pour les enseignants débutants.
Vous en avez expérimentés d’autres, partagez votre  expérience en écrivant à vamelin@formiris.org
N’oubliez pas qu’il ne s’agit pas de surfer simplement sur Internet, mais que ces ressources doivent inviter à s’inscrire dans une démarche formative. Il est de votre responsabilité, en lien avec l’institution, de les insérer à un projet de formation.
Les formateurs sauront aussi vous indiquer des ressources qui permettront de poursuivre les apprentissages réalisés en formation. 
 
En conclusion :
Se former, c’est faire un apprentissage et le réinvestir dans son activité professionnelle.
Il est indispensable de bâtir un projet de formation. Les conseillers en formation de Formiris peuvent aider. L’apport des formateurs facilite la démarche de formation. C’est une opportunité de pouvoir s’appuyer sur leur expertise pour développer ses compétences professionnelles. 
 

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