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Textes à méditer : Vendredi Saint

Temps de lecture : 16 minutes
Textes à méditer : Vendredi Saint

Portant lui-même sa croix ; Vendredi Saint ; Devant ta croix ; Au pied d'un calvaire ; Depuis le haut de la croix ; Le chemin de croix

Portant lui-même sa croix

Bon pasteur, tu portes la brebis perdue sur tes épaules, conformément aux Écritures : 
elle est devenue maintenant ta croix.
Les bons pasteurs portent brebis et croix dans un même amour.
Tu portes la Croix toi-même, nous a dit saint Jean. Il insiste.
Elle est lourde, cette Croix : toutes nos fautes, toutes nos chutes, 
tu t’en es chargé depuis ce jour où tu es sorti de la ville pour te rendre au Golgotha.
Pas une de nos fautes qui ne marque ton dos et tes épaules jusqu’au sang.
Tous les coins d’ombre, tout ce côté nocturne de nos âmes, 
tous nos doutes, toutes nos révoltes se dessinent sur ton dos meurtri.

Ta Croix, Seigneur, c’est nous, c’est le monde entier, c’est même ton Église, 
celle que tu as acquise par ton sang.
Prends ton Église, Seigneur, sur tes épaules. Prends-la.
Et apprends-lui à porter, elle aussi, toutes les plaies du monde, chaque blessure, 
tout ce poids d’exécutions et de tortures.
Fais qu’elle devienne la grande maison de la compassion universelle.

Cardinal Godfried Danneels


Vendredi Saint

Seigneur, la nuit est là.
J’ai peur, parce que je ne sais pas combien d’hommes sont torturés aujourd’hui, aujourd’hui sur nos Golgotha, combien d’hommes meurent de faim tout près d’ici.
Et je suis de ces gardes ignorant le Rejeté prostré en son tombeau et craignant qu’il ne ressuscite.

Seigneur, la nuit est là.
Des barbelés quadrillent la ville de peur que les prisonniers ne s’évadent et que les temps changent. Et moi, chaque jour, le courage me manque pour changer de vie. Je préfère encore travailler à l’usine d’où l’on envoie le courant dans les fils de fer barbelés.
Un jour ou l’autre, l’un de mes proches s’ouvrira la tête pour renverser la pierre du tombeau et brûlera comme un flambeau dans sa révolte, dans sa fuite, dans sa mort et dans sa résurrection.
Apprendrai-je alors à mieux voir ?

Seigneur aie pitié de nous afin que nous luttions pour qu’une nouvelle torche vivante ne soit pas nécessaire

Alain Houziaux (en hommage à Ian Palachs) 


Devant ta croix

Je te supplie, Seigneur, ô, toi qui es suspendu en croix !
Apprends-moi à t’aimer ; car c’est mon désir de t’aimer, bien que je ne sache comment faire.
Je te prie, toi qui exauces ceux qui t’aiment, par cet amour que sur la croix tu as pour l’homme, 
fais que jamais je n’aie dégoût ni honte de me tenir devant ta croix ; 
mais que mon âme prenne plaisir à rester sous tes yeux avec fidélité
et que tes yeux prennent plaisir à me regarder, avec miséricorde.

Donne-moi la force de pleurer ma misère, donne-moi la joie de voir changer ma tristesse en joie.

Toi qui prias pour ceux qui te crucifiaient, tu ne prierais pas pour ceux qui t’adorent ?
Sur la croix tu n’oubliais pas la pitié, et au ciel tu oublierais la miséricorde ?

Seigneur, je te prie comme priait le larron : « Souviens-toi de moi dans ton royaume ! »
Rappelle-toi, Seigneur, que tu l’as déjà entendue, cette prière
et accepte de moi ce cri que tu acceptas du larron.
De ton royaume exauce-moi comme tu l’as exaucé du haut de ta croix.
Ô Maître, dis à ton serviteur : « Aujourd’hui, avec moi, dans le paradis ! »

Saint Anselme


Au pied d’un calvaire

Tu es allé, Jésus, jusqu'au bout de ta passion pour les hommes, 
jusqu'au bout de ta passion pour la vie, 
jusqu'au bout de ta passion pour les tiens, ceux que le Père T'a donnés...

Au pied de la croix, c'est ma vie que Tu m'appelles à regarder...
c'est ma vie que Tu m'appelles à donner...

Instant de l'abandon à un autre...
Instant du don au Tout-Autre...
Moment crucifiant où l'avenir, le présent et le passé ne s'écrivent plus qu'avec des mots de foi...

Moment de vérité où Tu m'appelles à l'Espérance, 
moment de vérité où Tu me provoques à risquer mon pas dans tes pas, 
moment de vérité où Tu m'appelles à redire avec Toi :
« Non plus ma volonté, Père, mais la Tienne ! Que ta volonté soit faite ! »

Benoît Gschwind


Depuis le haut de la croix

A pleine voix, je crie vers le Seigneur.
A pleine voix, je supplie le Seigneur.
Je répands devant Lui ma plainte.
Devant Lui, je dis ma détresse.

Je, c'est moi, c'est lui, c'est elle, c'est nous.
J'ai mal à l' « Homme » : drogue, tabac, prostitution, haine, irrespect, jalousie, 
secte, gourou, oppression, domination, esclavage moderne, accidents de voiture, négligence, mépris, mais aussi maladie, questions sur la vie, la mort, la souffrance, peur, peur de la peur...

Que deviens-tu, Homme ?

Mais où es-tu, Dieu qui aime l'homme ?
Je crie vers Toi, je Te supplie, je casse ma voix, et Tu ne réponds pas.
Es-tu loin de moi ? Ton silence m'oppresse, m'angoisse, ton silence me fait douter de ta présence...

Et Tu m'as répondu depuis le haut de la Croix, 
Croix plantée sur nos chemins, 
Croix dressée à côté de la mienne.
Tu m'as répondu : « 'Je suis avec toi, j'ai vaincu le mal, tu seras avec moi aujourd'hui dans le paradis, viens ! »

Et je vis la lumière dépasser les ténèbres et envahir le monde.
Et je vis Saint Paul proclamer l'Evangile, 
François d'Assise désarmer le tueur, 
Thérèse de Lisieux accueillir le condamné, 
Mère Térésa soigner et relever l'infirme, 
le musulman dialoguer avec le juif, 
le bouddhiste et le chrétien se rencontrer, 
l'homme de la rue relever la mamie tombée par terre.

Et je pris mon repas avec mon voisin coléreux : 
c'est Toi qui le servais.

Ludovic Bruley


Le chemin de croix

Seigneur Jésus, Tu sais mieux que nous nos fautes et nos culpabilités, 
apprends-nous à regarder en face la vérité.
Restaure en nous l'innocence comme au premier jour où nos yeux ont vu la clarté.

Seigneur Jésus, Tu portes toi-même ta croix.
Donne-nous assez de force pour affronter les difficultés, fortifie notre désir d'avancer.
Donne du courage à celles et ceux qui sont tentés de baisser les bras et d'abandonner le chemin commencé.

Seigneur Jésus, Tu sais ce qu'on éprouve quand on est tombé, 
Tu connais la difficulté à se relever.
Aide-nous à ne pas désespérer.
Redonne-nous la confiance des pardonnés.

Seigneur Jésus, devant l'immensité des malheurs, tel Job qui maudissait le jour qui le vit naître, 
certains voudraient pouvoir se reposer et enfin s'échapper vers plus de tranquillité.
Envoie ton Eglise pour les aimer.

Seigneur Jésus, 
Tu sais ce qui nous écrase : le poids des jours que nous n'arrivons plus à porter, 
la fatigue contre laquelle on n'arrive même plus à lutter.
Donne-nous des frères pour nous accompagner.

Seigneur Jésus, combien d'êtres humains aujourd'hui sont défigurés !
Qui aura assez de cœur pour ne pas les oublier ?
Donne-nous le courage de ne pas seulement être horrifiés, 
mais d'être les témoins de l'amour qui peut triompher.

Seigneur Jésus, dans les mêmes erreurs nous ne cessons de tomber, 
et nous avons parfois honte de nous redresser, 
regarde aujourd'hui tous les hommes qui ont du mal à se relever, 
Toi qui t'es redressé, affermis le courage de tous les humiliés.

Seigneur Jésus, combien de femmes sont encore à pleurer
et devant les violences, trouvent pourtant la force de ne pas plier !
Regarde les cœurs meurtris et blessés, soutiens tous les affligés.

Seigneur Jésus, nos regards sur l'homme trahissent parfois notre manque de foi.
Nous agissons comme si des hommes ne pouvaient plus jamais aimer et n'avaient plus rien à donner.
Redis-nous la joie de pardonner.

Seigneur Jésus, dans notre monde on voit des atrocités : 
des hommes torturés, des femmes qui sont violées, des enfants même à jamais martyrisés.
Sur notre terre, fais renaître un peu d'humanité.

Seigneur Jésus, pour être maître de notre vie, nous aimons la liberté, 
et Toi Tu révèles que la vie est faite pour être donnée.
Si un jour la souffrance semble nous emprisonner, garde-nous la liberté d'aimer.

Voici la Croix ! Rameau fleuri, folie de l'espérance.
Voici le fruit ! Jésus livré, splendeur dans nos souffrances.

Ô Seigneur, Tu meurs en donnant ton Esprit. Par ta mort, rends-nous la paix et la vie.

Voici la Croix ! Arbre béni, sommet de notre terre.
Voici la vie ! Jésus trahi, vainqueur de nos misères.

Voici la Croix ! Verbe éternel, Parole offerte au Père.
Voici l'appel ! Jésus donné, porteur de nos prières.

Voici la Croix ! Le don d'amour, louange et vraie demande.
Voici le jour, où Dieu s'élève, étant lui-même offrande.

Seigneur Jésus, tout semble à jamais terminé.
Beaucoup déjà ont le dos tourné et semblent t'avoir oublié, 
et leurs souvenirs sont, comme d'un linceul, enveloppés.
Garde-nous éveillés.

Seigneur Jésus, comme un grain de blé, en terre, ton corps est ensemencé.
En nous-mêmes l'image de Dieu est déposée, pourrais-tu descendre assez bas pour la retrouver
pour qu'avec Toi, nous puissions nous réveiller.

Père Bernard Châtaignier (Vivre le carême, Éd. de l'Atelier, 1999)


© Crédit photo Ramolo Tavani  / Fotolia.com

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