Accueil > Textes à méditer

Textes à méditer : Pâques pour les adultes

Temps de lecture : 22 minutes
Textes à méditer : Pâques pour les adultes

Pâques : chemin de Pâques ; Pâques : prière pour un matin de Pâques ; Pâques : savais-tu Marie ? Pâques : un regard neuf ; Miroir de Pâques ; Ressusciter ; Résurrection

Pâques : Chemin de Pâques

Quand la nuit est là, quand la lumière n'a pas de nom en dehors de la foi,
Dieu de toute aurore, avec ton Fils en agonie, nous voulons Te bénir encore.

Quand la blessure est là, quand la vie n'a pas de nom en dehors de ta volonté,
Dieu affrontant toute mort avec le Fils blessé à jamais, nous voulons Te glorifier encore.

Quand la lutte est là, quand la victoire n'a pas de nom en dehors de l'amour,
Dieu toujours plus fort, avec le Fils héritier de nos morts, nous voulons T'adorer encore.

Christian de Chergé


Pâques : Prière pour un matin de Pâques

Le Christ est ressuscité des morts, par la mort il a vaincu la mort,
à ceux qui sont dans les tombeaux Il a donné la vie !
Réjouissons-nous en ce jour de la Résurrection car le Christ, hier accablé de moqueries,
couronné d'épines, pendu au bois, aujourd'hui se relève du tombeau.

Réjouissons-nous car le Christ baigne de sa clarté ceux que les ténèbres de l'enfer retiennent captifs.
Réjouissons-nous en ce printemps de la vie, car une espérance jaillit parmi les victimes
des guerres, des tremblements de terre, parmi les affligés du corps et de l’âme.

Réjouissons-nous, car, par la croix, toute tristesse est abolie, et la joie inonde le monde.
Réjouissons-nous, car le Seigneur est descendu au plus profond de la terre,
est descendu au plus profond du cœur des hommes où se tapit l'angoisse ;
Il les a visités, Il les a illuminés, et tourments, angoisse, enfer sont anéantis, engloutis
dans l'abîme d'amour ouvert au flanc percé du Seigneur.

Réjouissons-nous, car il est ressuscité le Christ, la joie éternelle.

Michel Evdokimov (prêtre orthodoxe)


Pâques : Savais-tu Marie ?

Savais-tu, Marie, savais-tu lorsque tu as dit « oui », savais-tu que cela finirait ainsi ?
Savais-tu que ce oui devant l'inconnu, savais-tu que tu aurais à le redire souvent ?
Savais-tu qu'un glaive de douleur transpercerait ton cœur ?

Il t'a fallu dire oui lorsqu'Il a quitté la maison en te laissant seule.
Il t'a fallu supporter tout le mal qu'on disait de Lui.
Tu as sans doute assisté à toutes ces querelles avec les pharisiens
et tu L'as vu monter à Jérusalem où Il devait mourir.

Savais-tu, Marie, savais-tu qu'un jour ces paroles déchireraient ton cœur :
« Il mérite la mort ! »
Et tu L'as suivi pas à pas. Il avait une poutre sur le dos, Il grimpait le mont Calvaire.
Tu L'as vu fixé au gibet de la Croix, entre deux malfaiteurs.
Et la foule ricanait. Et les soldats L'insultaient.
Toi, tu ne Le quittais pas des yeux.
Tu as senti son dernier souffle, tu as reçu son dernier soupir.

Savais-tu, Marie, savais-tu que l'Enfant que tu portais sur tes genoux,
savais-tu que cet Enfant que tu allaitais, savais-tu qu'un jour
Il reposerait mort sur tes genoux ?

Pouvais-tu savoir qu'une énorme pierre roulerait entre toi et Lui
et qu'elle se refermerait sur la mort ?
Et il t'a fallu encore dire oui.

Chante, Marie, chante ! Chante à mon cœur la joie qui t'envahit.
Il est Vivant, ton Fils pour toujours !
Chante, Marie, chante la joie de ton oui qui, chaque jour désormais retentit.
Chante, Marie, chante l'Amour que Dieu a mis dans ton cœur et dis-moi ton secret.
Apprends-moi à dire oui dans la nuit et le doute.
Rappelle-moi que, plus forte que la souffrance et la mort, la vie jaillira.

Redis-moi que de oui en oui Dieu toujours plus loin m'appelle
et qu'Il me fait marcher sur le chemin de l'Amour où souvent la souffrance à la joie est mêlée.

Charles Delhez


Pâques : Un regard neuf

Chaque être porte en lui-même une part de résurrection.
Chaque être peut nous enrichir, à condition de plonger en lui
dans ce qu'il y a de beau, de meilleur, de lumineux, de divin.

Malheureusement, nous épluchons d'abord les ténèbres de l'autre. Et nous en restons là.
Le Christ est là, dans chaque être, enfoui, prêt à se faire reconnaître, et nous passons sans le voir.
Nous manquons la rencontre souvent, pris par notre égoïsme, nos refus,
nos barrières, nos intolérances, nos rejets.
Nous avons besoin de demander dans notre prière le regard du Christ.
Il plongeait dans les êtres avec une telle intensité, une telle fraîcheur, une telle nouveauté,
que personne n'oubliait jamais plus ce regard. Et en vivait.

Le Christ ressuscité a besoin de notre regard de tendresse et de miséricorde pour aborder chaque être.
Plonger dans ce que chaque personne a de meilleur, c'est recevoir une parcelle de la lumière du Ressuscité.

Père Guy Gilbert


Miroir de Pâques

C’est l’histoire d’un homme qui cherchait le sens de l’existence. Il avait beaucoup lu et voyagé, rencontré quantité de moines, de prêtres, de philosophes, d’imams, de rabbins, de sages et de gourous… Mais les années passaient et, dans son cœur, continuait de résonner cette question sans réponse : « Pourquoi ? »
« Pourquoi la vie ? Pourquoi la terre, l’univers et ses étoiles ? Pourquoi la mort et la souffrance ? » Il restait de plus en plus souvent seul, triste, debout dans son bureau envahi de livres, les yeux fixés sur un vieux miroir. Son regard cherchait dans le reflet de son visage - où pointait déjà la marque du temps - une réponse, un signe, une piste… Il espérait qu’en contemplant ainsi, au travers de sa propre image, le reflet de l’humanité, il trouverait le début d’une réponse. « Pourquoi ? Pourquoi ? »
Un soir qu’il allait dîner dans le bistrot en bas de chez lui où il avait ses habitudes, il croisa le regard d’un vieil homme, accoudé au bar. Il ne l’avait jamais vu dans le quartier. Pour sortir un instant de son trop-plein de solitude, il offrit un verre à l’inconnu. Celui-ci accepta et le remercia avec une infinie douceur. Les verres vides, l’inconnu enfila son manteau et s’apprêtait à sortir lorsque notre homme lui demanda : « Avez-vous dîné ? » L’autre répondit que non. « Alors restez avec moi, car déjà le soir tombe, venez partager mon modeste repas... »
Ils s’assirent l’un en face de l’autre, les mains posées sur la toile cirée. Le doux regard de l’inconnu invitait à la confidence. Notre homme se mit à parler de sa vie, de ses voyages, de ses lectures, de ses rencontres, de sa quête, de ce lancinant « pourquoi ? » qui ne cessait de retentir dans son cœur.
Et puis, il évoqua le vieux miroir où il passait des heures à regarder filer le temps sur son propre visage. Alors, l’inconnu lui dit soudain : « Emmène-moi chez toi ! »
Arrivé dans le modeste appartement, l’inconnu demanda à son hôte de se placer face au miroir comme il en avait l’habitude. Intrigué, notre homme s’exécuta et se mit à contempler, une fois encore, sa propre image.
Alors, l’inconnu prit un chiffon, décolla légèrement le miroir du mur, glissa la main derrière et se mit à gratter méthodiquement le tain du vieux miroir. Bientôt, tout reflet disparut, il ne resta plus, enchâssé dan le cadre doré, qu’un simple carré de verre, désormais totalement transparent.
L’inconnu prit le cadre, le décrocha du mur, invita son hôte à le suivre et posa l’objet devant une fenêtre de l’appartement, celle qui donnait sur le boulevard le plus bruyant, où grouillait une foule anonyme et pressée, où l’on apercevait, près d’une bouche de métro, le frêle amas de cartons d’un "sans-domicile". Puis, sans un mot, l’inconnu sortit.
Alors, notre chercheur de sens, tombant à genoux, se mit à pleurer à chaudes larmes. Non pas de pleurs de tristesse, mais de joie ; une joie mystérieuse, "imprenable", irrépressible ; une joie qui ne ressemble à aucune autre joie ; une joie comme une pierre qu’on roule pour ouvrir enfin, au matin d’une interminable nuit, le tombeau des blessures humaines…
L’homme voulut sortir de la pénombre de son petit appartement. Dans sa précipitation, il se prit le pied dans un tapis. Ce qui restait du miroir se brisa. Alors, notre homme éclata d’un rire sonore, dévala les escaliers et alla joyeusement se perdre dans la foule, en direction de la bouche du métro…

Bertrand Révillon (Panorama, Mars 2008)


Ressusciter

Qu’est-ce que ressusciter ?
C’est quitter notre corps de chenille collée à la terre et devenir papillon aux ailes déployées dans la lumière
Quitter le côté ombragé de la vallée et découvrir son versant ensoleillé
Rompre les amarres de notre planète Terre et voguer vers l’océan de l’infini
Abandonner les limites du temps qui fuit et entrer dans l’éternel aujourd’hui
Briser le cercle étroit de la famille et être accueilli par une multitude de sœurs et de frères
Comprendre les mystères de la création devant la beauté de son ultime réalisation
Se laisser fasciner par un buisson ardent et devenir fou d’amour en le contemplant
Continuer de grandir en lumière et vie dans le rayonnement créateur de son esprit
Communier à une multitude de visages transfigurés et s’émerveiller de la légèreté de notre corps lumineux
Moissonner les gerbes d’amour dans la joie semées dans la douleur et les larmes, autrefois
Se sentir envahi par une surabondance d’amour que nous pouvons partager avec
ceux que nous aimons et qui marchent encore dans les ténèbres de la terre, à tâtons.

Michel Hubaut


Résurrection

Il y a la nuit et ses ombres géantes qui, aux détours imprévus de nos heures, font parfois s’assoupir l’espérance…
Il y a l’obscurité dense et tenace qui, sans crier gare, vient comme un voile nous endeuiller le cœur…
Il y a le crépuscule de Dieu qui s’abat, comme un glaive, sur notre foi qui s’essouffle à gravir ses petits Golgotha…
Et nous voici fatigués, usés, blessés, isolés, déboussolés, crucifiés dans ce désert nocturne où notre âme assoiffée, brûlée, clouée, tend désespérément les mains vers une aube qui tarde…
Qui n’a connu la nuit, ne connaît pas le jour…
Qui n’a connu le doute, ne connaît pas la foi…
Même toi, Jésus ! Même toi, le propre Fils de Dieu, tu hurles, sur le bois de ta croix, devant l’apparent abandon de ton Père : « Eloï, Eloï, lama sabachthani... 
Osons-nous l’avouer : la foi en Ton Amour, nous ne l’avons que parfois, nous ne sommes croyants que par intermittence. Au calendrier de notre espérance, nous sommes si souvent Vendredi Saint… Tant de fois nous pourrions faire nôtre ce mot de Bernanos : "La foi ? Vingt-quatre heures de doutes moins une minute d’espérance…"
Mais il nous faut franchir le gué de la nuit. Croire, malgré le poids des jours sans jour et sans lumière, à cette minute, cette toute petite minute, ces soixante pauvres secondes où l’espérance vient rouler la pierre des tombeaux de nos vies.
C’est un dur métier, Tu le sais bien, Seigneur, que d’essayer de vivre. "Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard", chantait le poète.
I l y a l’amour qui cherche à aimer et qui retombe si souvent dans ses ornières.
Il y a la parole qui cherche à dire et à se dire et qui, tant de fois s ‘enferme dans ses mutismes…
Il y a les gestes, les gestes tendres et fraternels, qui voudraient ouvrir le cœur à l’autre, le frère, la sœur et qui passent et repassent leur chemin sans offrir un regard.
Il y a les rêves, les projets, les belles utopies, tant d’appels de l’Esprit qui s’étouffent sous le poids des habitudes, des prétendues obligations et des conforts meurtriers.
Pâques : heureuse minute où il nous est donné de croire que tout est encore possible, que nos existences, quelles qu’elles soient, peuvent se remettre debout, choisir enfin la liberté.
Pâques : bienheureuse minute où la nuit cède enfin le pas aux premières lueurs de l’aube.
Pâques : temps béni où nous pouvons enfin nous risquer à devenir ce que nous sommes : des marcheurs, des nomades, des aventuriers, les yeux rivés vers la Terre promise de notre propre résurrection.
Viens, Seigneur ! Viens, Esprit consolateur, abattre l’arbre mort de nos doutes, où Tu gis, inerte et crucifié.
Viens, Esprit créateur, habiter notre cœur pour mieux nous relever de l’intérieur.
Écarte, de Ton Souffle, la cendre de nos vies et viens attiser la braise de notre espérance. Sois pour nous Parole qui guérit, Lumière qui éclaire, Amour qui transfigure.
Viens, Seigneur, nous murmurer à l’âme que, déjà, Tu es là !

Bertrand Révillon (Panorama, Avril 2001)


© Crédit photo Ramolo Tavani / Fotolia.com

Crédit photo Fotolia ©

Commentaires

Pas encore de commentaires.

Ajouter un Commentaire

* Informations obligatoires
(ne sera pas publiée)
 
Avertissez-moi des nouveaux commentaires par e-mail.
 
J'ai lu et j'accepte les conditions d'utilisation. *
 
 
Powered by Commentics