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Textes à méditer : Carême en route vers Pâques

Temps de lecture : 17 minutes
Textes à méditer : Carême en route vers Pâques

Quelle aventure pour moi ; Pardon ; En route vers Pâques ; Que ta route demeure notre chemin ; Il est temps d'aimer ; Jamais homme n'a respecté les autres comme cet homme

Quelle aventure pour moi !

Quelle aventure pour moi !
J’ai porté Dieu.
J’ai entendu de loin : « le Seigneur en a besoin »
et voilà qu’autour de moi tout le monde s’est agité.
Les gens se sont mis à chanter : Hosanna, Hosanna !
Et j’ai porté Dieu.

J’avais entendu dire que Dieu avait besoin des hommes,
mais avait-il vraiment besoin d’un âne ?
Et pourtant, j’ai entendu : « le Seigneur en a besoin »

Et toutes sortes de pensées ont surgi en moi,
les mêmes qui viennent à l’esprit des hommes
quand ils se sentent repérés par le Seigneur.

Je pensais : ce n’est pas à moi qu’il s’adresse,
Il y a bien d’autres ânes plus grands, plus forts.
Il y a même des chevaux, ce serait tout de même mieux pour porter Dieu.

Je me disais : il va être lourd, trop lourd ce Dieu pour un âne.
J’ai déjà bien assez des fardeaux quotidiens.
Pourquoi ne me laissait-il pas tranquille ?

Je m’insurgeais : d’accord, je suis attaché !
Mais au moins je suis à l’ombre à l’abri des coups et des moqueries
Je n’ai rien demandé.
Qui est-il ce Seigneur pour importuner ceux qui tentent de vivre cachés !

Mais j’avais entendu : « le Seigneur en a besoin »
Et j’avais compris : « j’ai besoin de toi.»
Que faire ? Que dire ?
Je me suis laissé détacher. Je me suis laissé emmener
Et lui, le Seigneur des Seigneurs, s’est fait léger, doux, tendre,
à ce point qu’à un moment j’ai pu croire
que ce n’était plus moi qui portais Dieu mais Lui qui me portait.

Mgr Etchegaray


Pardon

Pardon pour cette fille que l'on a fait pleurer
Pardon pour ce regard que l'on quitte en riant
Pardon pour ce visage qu'une larme a changé
Pardon pour ces maisons où quelqu'un nous attend
Et puis pour tous ces mots que l'on dit mots d'amour
Et que nous employons en guise de monnaie
Et pour tous les serments qui meurent au petit jour
Pardon pour les jamais
Pardon pour les toujours.

Pardon de ne plus voir les choses comme elles sont
Pardon d'avoir voulu oublier nos vingt ans
Pardon d'avoir laissé s'oublier nos leçons
Pardon de renoncer à nos renoncements
Et puis de se terrer au milieu de sa vie
Et puis de préférer le salaire de Judas
Pardon pour l'amitié
Pardon pour les amis.

Pardon pour ces hameaux qui ne chantent jamais
Pardon pour les villages que l'on a oubliés
Pardon pour les cités où nul ne se connaît
Pardons d'être de ceux qui se foutent de tout
Et de ne pas avoir chaque jour essayé
Et puis pardon encore
Et puis pardon surtout
De ne jamais savoir
Qui doit nous pardonner.

Jacques Brel (1957)


En marche vers Pâques

Comme le peuple d'Israël à travers le désert,
si la nuit surprend notre marche, croyons au jour :
Dieu est Lumière !

La colonne de feu conduira nos pas jusqu'en Terre promise.
Si les eaux nous barrent la route, avançons-nous :
Dieu est Passage !

Sur la rive opposée, Il nous tend la main qui arrache à la crainte.
Si la soif dessèche nos lèvres, rappelons-nous :
Dieu est fidèle !

Le rocher s'ouvrira, nous irons puiser à la source profonde.
Si nos mains s'effraient d'être vides, n'ayons pas peur :
Dieu est Tendresse !

De son peuple au désert, Il entend le cri et lui donne la manne.
Si le mal nous prend dans ses pièges, levons les yeux :
Dieu est Promesse !

Erigé sur le bois, le serpent d'airain guérira nos blessures.
Notre cœur vient-il à se perdre ?
Le cœur de Dieu garde l'Alliance !
Il nous livre son Fils : au milieu de nous, Jésus marche vers Pâques.

Sr Elisabeth Fleury


Que ta route soit notre chemin

Reste avec nous, Seigneur, nous te le demandons.
Que ta route demeure notre chemin.
Nous avons besoin que tu sois là car nous vivons de ta présence,
et nous sommes ce que tu es.
Tu es tellement tout ce que nous cherchons obscurément dans notre nuit,
tu es tellement la force qui donne à notre lutte
la certitude d'une victoire de l'amour.

Reste avec nous, Seigneur, et ne va pas plus loin.
il est encore si proche, cet unique moment où nous t'avons rencontré,
où tu semblais nous attendre, quand nous te cherchions.
Tu ne nous as pas tout dit, et nous voudrions tant te connaître un peu mieux,
profiter que tu es là pour être encore dans la paix.
Si tu t'en vas encore, il nous faudra reprendre cette quête sans fin
qui seule répondra à la profondeur de notre vide.

Reste avec nous Seigneur, car pour nous tous les jours,
il se fait vraiment tard.

François Chagneau


Il est temps d'aimer

La terre se racornit. Notre terre se dessèche.
Non pas à cause de l'ozone, non pas à cause des déchets qui s'accumulent,
mais à cause de nous qui, par fragments entiers détruisons notre face d'humanité !

Ne le voyez-vous pas, gens de mon peuple ?
La tristesse nous enterre car nos rêves s'éteignent dans les objets.
Les plaisirs individuels deviennent les seuls pivots de nos existences.
La graisse de la consommation enveloppe nos cœurs.
Aux objets perdus nous avons remisé l'Évangile.

Ne dites pas, gens de mon peuple, qu'il faut regarder le bon côté des choses
et que cela s'arrangera ! Parler est inutile.
Prier ne suffit pas. Prêcher ne sert plus.

Il faut renaître ! Il faut retourner à notre Humanité.
Il faut renouveler notre cœur, l'intérieur de notre cœur,
puisque de l'intérieur de notre cœur naissent les décisions et les actions
qui mettent notre Humanité au monde !

C'est l'amour qui nous manque !
Il est temps d'aimer, gens de mon peuple, car seul l'amour porte en lui
la démesurée puissance de féconder notre terre et de susciter notre Humanité !

L'amour, toujours agit pour ensemencer la terre de fraternité.
L'amour, toujours, donne sans calcul et sans condition.
L'amour toujours cherche la vérité enfouie et la beauté ensevelie.
L'amour, toujours, croit à la miséricorde multipliée pour tous.
L'amour, toujours, vit, obstiné et patient, à travers de longues nuits.
L'amour, toujours, se dépouille, se vidant jusqu'à l'ultime déchirure.
L'amour, toujours, espère ! Il chante l'aurore. Il repousse les pierres de mort.
L'amour, toujours, ressuscite la jubilation de la vie !

Qui nous donnera l'amour ?
Qui nous déposera dans l'amour ?
Qui nous sauvera d'amour ?
Qui nous donnera l'amour qui sauve ?

Voici 40 jours, gens de mon peuple, pour apprendre à aimer !
Voici 40 jours pour nous tenir auprès de Celui qui, en prenant face humaine,
a libéré en notre Humanité la source ruisselante de l'amour
que rien ne peut ralentir avant qu'il n'ait abouti à la crucifiante joie du don
qui relève et redresse pour la pleine vie !

Recueilli sur le site Prier.be


Jamais homme n'a respecté les autres comme cet homme

Pour lui, l'autre est toujours plus et mieux que ce à quoi les idées reçues, même des sages et des docteurs de la Loi, tendent à le réduire.
Il voit toujours en celui ou celle qu'il rencontre un lieu d'espérance, une promesse vivante, un extraordinaire possible, un être appelé, par delà ses limites, ses péchés, et parfois ses crimes, à un avenir tout neuf.
Il lui arrive même d'y discerner quelque merveille secrète dont la contemplation le plonge dans l'action de grâce !

Il ne dit pas : « cette femme est volage, légère, sotte, elle est marquée par l'atavisme moral et religieux de son milieu, ce n'est qu'une femme ». Il lui demande un verre d'eau et il engage la conversation.

Il ne dit pas : « voilà une pécheresse publique, une prostituée à tout jamais enlise dans son vice ». Il dit : « elle a plus de chance pour le Royaume des Cieux que ceux qui tiennent à leurs richesses ou se drapent dans leurs vertus et leur savoir ».

Il ne dit pas : « celle-ci n'est qu'une adultère ». Il dit : « je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus ».

Il ne dit pas : « cette vieille qui met son obole ans le tronc sur les œuvres du Temple est une superstitieuse ». Il dit qu'elle est extraordinaire et qu'on ferait bien d'imiter son désintéressement.

Il ne dit pas : « ces enfants ne sont que des gosses ». Il dit : « laissez-les venir à moi, et tâchez de leur ressembler ».

Il ne dit pas : « cet homme n'est qu'un fonctionnaire véreux qui s'enrichit en flattant le pouvoir et en saignant les pauvres ». Il s'invite à sa table et assure que sa maison a reçu le salut.

Il ne dit pas, comme son entourage : « cet aveugle paie sûrement ses fautes ou celles de ses ancêtres ». Il dit que l'on se trompe à son sujet et il stupéfie en montrant avec éclat combien cet homme jouit de la faveur de Dieu : « Il faut que l'action de Dieu soit manifestée en lui ».

Il ne dit pas : « le centurion n'est qu'un occupant ». Il dit : « je n'ai jamais vu pareille foi en Israël ».

Il ne dit pas : « ce savant n'est qu'un intellectuel ». Il lui ouvre la voie vers la renaissance spirituelle.

Il ne dit pas : « cet individu est un hors-la-loi ». Il lui dit : « aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis ».

Il ne dit pas : « ce Judas ne sera jamais qu'un traître ». Il accepte son baiser et lui dit : « mon ami ».

Jésus n'a jamais dit : « il n'y a rien de bon dans celui-ci, dans celle-là, dans ce milieu-ci…». De nos jours, il n'aurait jamais dit : « ce n'est qu'un intégriste, un moderniste, un gauchiste, un fasciste, un mécréant, un bigot ». Pour lui, les autres, quels qu'ils soient, quels que soient leur statut, leur réputation, sont toujours des êtres aimés de Dieu. Jamais homme n'a respecté les autres comme cet homme. Il est unique. Il est le Fils unique, de celui qui fait briller le soleil sur les bons et sur les méchants.

Seigneur Jésus, fils de Dieu, aie pitié de nous, pécheurs !

Mgr Albert Decourtray

 

© Crédit photo PetarPaunchev / Fotolia.com

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