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Textes à méditer : Solidarité

Temps de lecture : 19 minutes
Textes à méditer : Solidarité

Quand j'avais faim... Seigneur, pourquoi m'as-tu dit d'aimer ? O Dieu, envoie-nous des fous ; Donne ce que tu as ; Tu ne mourras jamais ; A qui sont tous tes biens ? L'ambulancier et la vieille dame ; Réflexion

Quand j’avais faim

Quand j'avais faim, tu m'as donné à manger.
Quand j'avais soif, tu m'as donné à boire.
Ce que vous ferez au plus petit des miens, 
c'est à moi que vous le ferez, a dit Jésus.
Maintenant, entrez dans la maison de mon Père.

Quand j'étais sans logis, tu as ouvert tes portes.
Quand j'étais nu, tu m'as donné ton manteau.
Quand j'étais las, tu m'as offert le repos.
Quand j'étais inquiet, tu as calmé mes tourments.

Quand j'étais petit, tu m'as appris à lire.
Quand j'étais seul, tu m'as apporté l'amour.
Quand j'étais en prison, tu es venu dans ma cellule.
Quand j'étais alité, tu m'as donné des soins.

En pays étranger, tu m'as fait bon accueil.
Chômeur, tu m'as trouvé un emploi.
Blessé au combat, tu as pansé mes plaies.
Cherchant la bonté, tu m'as tendu la main.

Quand j'étais noir, ou jaune, ou blanc, 
insulté et bafoué, tu as porté ma croix.
Quand j'étais âgé, tu m'as offert un sourire.
Quand j'étais soucieux, tu as partagé ma peine.

Tu m'as vu couvert de crachats et de sang.
Tu m'as reconnu sous mes traits en sueur.
Quand on se moquait, tu étais près de moi, 
et quand j'étais heureux, tu partageais ma joie.

Rends-nous dignes, Seigneur, 
de servir nos frères qui, à travers le monde, 
vivent et meurent dans la misère et dans la faim
Donne-leur par nos mains leur pain quotidien, 
et par notre amour la paix et la joie.

Mère Teresa


Seigneur, pourquoi m’as-tu dit d’aimer ?

Seigneur, pourquoi m’as-tu dit d’aimer tous mes frères, les hommes ?
J’ai essayé, mais vers Toi je reviens effrayé...
Seigneur, j’étais si tranquille chez moi, 
je m’étais organisé, je m’étais installé.
Mon intérieur était meublé et je m’y trouvais bien.
Seul, j’étais d’accord avec moi-même.
A l’abri du vent, de la pluie, de la boue.
Pur je serais resté, dans ma tour enfermé.

Mais à ma forteresse, Seigneur, tu as découvert une faille, 
Tu m’as forcé à entrouvrir ma porte, 
Comme une rafale de pluie en pleine face, 
Le cri des hommes m’a réveillé ; 
Comme un vent de bourrasque, une amitié m’a ébranlé ; 
Comme s’insinue un rayon de soleil, ta grâce m’a inquiété
... Et j’ai laissé ma porte entrouverte, imprudent que j’étais.

Seigneur, maintenant je suis perdu !
Dehors, les hommes me guettaient.
Je ne savais pas qu’ils étaient si proches ; 
dans cette maison, dans cette rue, dans ce bureau ; 
mon voisin, mon collègue, mon ami.
Dès que j’eus entrouvert, je les ai vus, la main tendue, le regard tendu, 
l’âme tendue, quêtant comme des mendiants aux portes des églises.
Les premiers sont rentrés chez moi, Seigneur.
Il y avait tout de même un peu de place dans mon cœur.
Je les ai accueillis, je les aurais soignés, 
Je les aurais cajolés, frisés, mes petites brebis à moi, mon petit troupeau.
Tu aurais été content, Seigneur, bien servi, bien honoré, 
proprement, poliment.
Jusque-là, c’était raisonnable...
Mais les suivants, Seigneur, les autres hommes, 
je ne les avais pas vus, les premiers les cachaient.
Ils étaient plus nombreux, ils étaient plus miséreux, 
ils m’ont envahi sans crier gare.
Il a fallu se resserrer, il a fallu faire de la place chez moi.
Maintenant, ils sont venus de partout, 
par vagues successives, l’une poussant l’autre, bousculant l’autre.
Ils sont venus de partout, de la ville entière, 
de la nation, du monde ; innombrables, inépuisables.
Ils ne sont plus isolés, mais en groupes, en chaîne, liés les uns aux autres, mêlés, 
soudés, comme des morceaux d’humanité.
Ils ne sont plus seuls, mais chargés de pesants bagages ; 
bagages d’injustice, bagages de rancœur et de haine, 
bagages de souffrance et de péché...
Ils traînent le Monde derrière eux, 
avec tout son matériel rouillé et tordu, 
ou trop neuf et mal adapté, mal employé.
Seigneur, ils me font mal ! Ils sont encombrants, ils sont envahissants.
Ils ont trop faim, ils me dévorent !
Je ne peux plus rien faire ; plus ils rentrent, 
plus ils poussent la porte et plus la porte s’ouvre...

Ah ! Seigneur ! Ma porte est toute grande ouverte !
Je n’en puis plus ! C’est trop pour moi ! Ce n’est plus une vie !
Et ma situation ?
Et ma famille ?
Et ma tranquillité ?
Et ma liberté ?
Et moi ?
Ah ! Seigneur, j’ai tout perdu, je ne suis plus à moi : 
Il n’y a plus de place pour moi chez moi.

Ne crains rien, dit Dieu, tu as TOUT gagné
Car tandis que les hommes entraient chez toi, 
Moi, ton Père, 
Moi, ton Dieu, 
Je Me suis glissé parmi eux.

Michel Quoist


Ô Dieu, envoie-nous des fous

Ô Dieu, envoie-nous des fous, 
Qui s'engagent à fond, 
Qui aiment autrement qu'en paroles, 
Qui se donnent pour de vrai et jusqu'au bout.
Il nous faut des fous, 
Des déraisonnables, 
Des passionnés, 
Capables de sauter dans l'insécurité, 
L’inconnu toujours plus béant de la pauvreté. Il nous faut des fous du présent, 
Épris de vie simple, amants de la paix, 
Purs de compromission, décidés à ne jamais trahir, 
Méprisant leur propre vie, 
Capables d'accepter n'importe quelle tâche, 
De partir n'importe où, 
A la fois libres et obéissants, 
Spontanés et tenaces, 
Doux et forts.
Dieu envoie-nous des fous.

Louis-Joseph Lebret


Donne ce que tu as

Donne tout ce que tu as, tout ce que tu es, on n’est jamais aussi riche que lorsqu’on donne. Regarde les avares, ils sont tristes …
Donne ; tout ce que Dieu a mis en toi, c’est pour le donner
Donne ton sourire, même si tu souffres.
Donne de ton temps, même si tu préfères être seul.
Donne de ton savoir à celui qui ignore et marche dans la nuit.
Donne de ton amour, si toi-même tu as été déçu dans ton amour.
Es-tu triste ? Cherche à rendre service autour de toi, cherche à consoler, cherche à soulager une peine et tu trouveras la joie.
Recherche en tout la plus petite parcelle de joie.
Joie de se réveiller le matin et de revivre une journée !
Cela compte, tu sais, quand les jours s’amenuisent au fil de la vie.
Joie de voir luire le soleil, d’entendre vivre autour de soi.
Joie d’avoir des amis sur qui l’on puisse compter.
Joie d’être aimé. Tant ne le sont plus, ou pas, ou jamais.
Joie de savoir que cette vie nous en prépare une autre, avec Dieu pour l’Éternité.

Marie-Noëlle Moreau (« Prière glanées » de Guy Gilbert)


Tu ne mourras jamais

Si tu éprouves de la joie à partager ce que tu as et ce que tu es avec les autres,
si tu désires ardemment faire équipe avec tous ceux qui travaillent à l’éclosion d’une « civilisation d’amour »,
si tu mets tes dons au service des malheureux de ton pays, sois-en sûr, ami,
tu ne mourras jamais.
Si tu peux compter au nombre de tes amis ceux qui ne brillent pas dans notre société, 
si tu refuses d’accuser injustement tes compagnons de travail, 
si tu souhaites du fond du cœur leur réussite, sois-en sûr, ami tu ne mourras jamais.
Si tu écoutes le cri sourd de millions d’êtres humains qui souffrent de la faim, de l’injustice et de l’oppression à travers le monde,
si tu acceptes de lutter de toutes tes forces pour changer le visage ensanglanté de ton pays,
si tu t’opposes aux mesures injustes qui font lentement mourir les pauvres de ton pays, sois-en sûr, ami, tu ne mourras jamais.
Si tu lis le nom de Dieu dans le visage de l’étranger, 
si tu acceptes de boire la coupe de solitude et de mépris à cause de ta foi en l’amour, 
si tu as suffisamment de courage et de sérénité pour accepter tes erreurs et tes défauts, sois-en sûr, ami, tu ne mourras jamais.

Hérold Toussaint (« Prière glanées » de Guy Gilbert) 


A qui sont tous tes biens ?

Celui qui dépouille un homme de ses vêtements est appelé un voleur.
Et celui qui laisse le malheureux sans vêtements celui-là aussi aura droit au nom de voleur.
Oui, c’est à l’éprouvé qu’appartient le pain que tu mets en réserve.
Oui, c’est à l’homme nu qu’appartient le manteau que tu gardes dans ton coffre.
Oui, c’est au va-nu-pieds qu’appartient la chaussure qui pourrit chez toi.
Oui, c’est au besogneux qu’appartient l’argent que tu caches pour toi dans des coffres.
Plus tu es riche, plus tu es endetté vis-à-vis des autres.
Plus tu es riche, plus ton argent appartient aux autres.
Tu aimeras ton prochain comme un autre toi-même.

Basile de Césarée


L’ambulancier et la vieille dame

La dame était vieille. Elle se remettait doucement d’un accident.
A l’hôpital on décida que sa convalescence pouvait s’achever au milieu des siens.
L’ambulancier enfourna le brancard à roulettes par l’arrière de sa longue voiture.
Mais il rabattit le hayon sans voir qu’il était mal fermé.
Au premier feu passant au vert, l’accélération du véhicule produisit l’effet prévisible.
Le hayon se souleva et le brancard glissa doucement vers le bitume.
Par chance, sa course fut arrêtée grâce au crochet qui aurait dû assurer sa fermeture.
La vielle dame restait en équilibre, suspendue dans le vide.
L’ambulancier, attiré par l’air qui s’engouffrait et le vacarme soudain des voitures, stoppa son véhicule pour se précipiter à l’arrière.
Voyant que le brancard roulant ne s’était pas abîmé sur la chaussée, il essuya le front d’un revers de la main pour dire à la vieille dame :
« Ouf ! J’ai eu peur ! Si vous étiez tombée, j’étais viré ! »
Sourions de ce trait. On le dira inconvenant.
C’est pourtant ainsi que souvent les hommes raisonnent.
La sanction du plus fort les convainc davantage que le souci du prochain.

Alain Etchegoyen (Fables intempestives, Stock, 1996) 


Réflexion

Un homme tomba dans un trou et se fit très mal : 
Un cartésien se pencha et lui dit : « Vous n'êtes pas rationnel, vous auriez dû voir ce trou ».
Un spiritualiste le vit et dit : « Vous avez dû commettre quelque péché ».
Un scientifique calcula la profondeur du trou.
Un journaliste l'interviewa sur ses douleurs.
Un yogi lui dit : « Ce trou est seulement dans ta tête, comme ta douleur ».
Un médecin lui lança deux comprimés d'aspirine.
Une infirmière s'assit sur le bord et pleura avec lui.
Un thérapeute l'incita à trouver les raisons pour lesquelles ses parents le préparèrent à tomber dans le trou.
Une pratiquante de la pensée positive l'exhorta : « Quand on veut, on peut ! »
Un optimiste lui dit : « Vous avez de la chance: vous auriez pu vous casser une jambe ».
Un pessimiste ajouta : « Et ça risque d'empirer ».
Puis un enfant passa, et lui tendit la main.

Anonyme


© Crédit photo Robert Kneschke / Fotolia.com

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