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Textes à méditer : Pardon, réconciliation

Temps de lecture : 19 minutes
Textes à méditer : Pardon, réconciliation

Les deux amis ; Le garçon au sale caractère ; « Etre le gardien de son frère c'est devenir son otage » ; Pardonne-nous comme nous pardonnons ; Fais de moi un homme de réconciliation ; Psaume 50 : tu es miséricorde ; La dispute

Les deux amis

C'est l'histoire de deux amis qui marchaient dans le désert. A un moment, ils se disputèrent et l'un des deux donna une gifle à l'autre. Ce dernier, endolori mais sans rien dire, écrivit dans le sable : « aujourd'hui mon meilleur ami m'a donné une gifle ». Ils continuèrent à marcher puis trouvèrent un oasis, dans lequel ils décidèrent de se baigner. Mais celui qui avait été giflé manqua de se noyer et son ami le sauva. Quand il se fut repris, il écrivit sur une pierre : « aujourd'hui mon meilleur ami m'a sauvé la vie ». Celui qui avait donné la gifle et avait sauvé son ami lui demanda : « quand je t'ai blessé tu as écrit sur le sable, et maintenant tu as écrit sur la pierre. Pourquoi ? » L'autre ami répondit : « quand quelqu'un nous blesse, nous devons l'écrire dans le sable, où les vents du pardon peuvent l'effacer. Mais quand quelqu'un fait quelque chose de bien pour nous, nous devons le graver dans la pierre, où aucun vent ne peut l'effacer ».
Apprends à écrire tes blessures dans le sable et à graver tes joies dans la pierre : c’est le premier pas de la sagesse.

Anonyme


Le garçon au sale caractère

Il était une fois un garçon avec un sale caractère. Son père lui donna un sachet de clous et lui dit d'en planter un dans la barrière du jardin chaque fois qu'il perdrait patience et se disputerait avec quelqu'un.
Le premier jour, il en planta 37 dans la barrière. Les semaines suivantes, il apprit à se contrôler, et le nombre de clous plantés dans la barrière diminua jour après jour : il avait découvert que c'était plus facile de se contrôler que de planter des clous.
Finalement arriva un jour où le garçon ne planta aucun clou dans la barrière.
Alors il alla voir son père et lui dit que pour ce jour il n'avait planté aucun clou. Son père lui dit alors d'enlever un clou de la barrière pour chaque jour où il n'aurait pas perdu patience.
Les jours passèrent et finalement le garçon put dire à son père qu'il avait enlevé tous les clous de la barrière. Le père conduisit son fils devant la barrière et lui dit :
« Mon fils, tu t'es bien comporté mais regarde tous les trous qu'il y a dans la barrière. Elle ne sera jamais plus comme avant. Quand tu te disputes avec quelqu'un et que tu lui dis quelque chose de méchant, tu lui laisses une blessure comme celle-là. Tu peux planter un couteau dans un homme et après le retirer, mais il restera toujours une blessure. Peu importe combien de fois tu t'excuseras, la blessure restera. »

Anonyme


« Etre le gardien de son frère c'est devenir son otage »

Il y a tant de façons de blesser, et parfois mortellement.
Si l’on reprend le sermon sur la montagne, là où Jésus commence à développer ses commandements, il dit : « Si ton frère a quelque chose contre toi, va, toi d’abord, te réconcilier ; si ton frère a envie de te tuer, va, toi d’abord, le trouver ». Et Dieu a lui-même payé d’exemple avec Caïn : dans le même instant on trouve le premier meurtre et la première prière, le premier pardon, la première miséricorde (Genèse 4) ; le Seigneur mit un signe sur Caïn. De même, en Genèse 9, quand Dieu fait alliance avec Noé : « à chacun je demanderai compte de la vie de son frère ; qui verse le sang de l’homme par l’homme verra son sang versé, car à l’image de Dieu l’homme a été fait. »
S’il y a interdiction du meurtre, c’est parce que, quand on tue, on tue l’image de Dieu. En tout homme il y a quelque chose d’éternel, qui va plus loin que l’homicide, c’est pourquoi je ne puis me faire justice. Emmanuel Lévinas disait de la même manière : approcher de son prochain, c’est devenir gardien de son frère ; être gardien de son frère, c’est devenir son otage. Justice bien ordonnée commence par l’autre homme. Là encore, je peux faire appel à quelques moments de notre expérience.
Quand, pendant un quart d’heure, je me suis trouvé en tête à tête avec le meurtrier des douze croates, Sayah Attiah, qui était le grand chef du GIA dans notre coin, il s’est présenté comme tel. Il venait demander des choses précises. Il était armé, poignard et pistolet mitrailleur. Ils étaient six en tout, et c’était dans la nuit. Il avait commencé par accepter de sortir de la maison car je ne voulais pas parler avec quelqu’un en armes dans une maison qui a vocation de paix. Nous nous sommes donc retrouvés dehors… A mes yeux, il était désarmé. Nous avons été visage en face de visage. Il a présenté ses trois exigences et par trois fois j’ai pu dire non, ou « pas comme cela ». Il a bien dit : « vous n’avez pas le choix » ; j’ai dit : « si, j’ai le choix ». Non seulement parce que j’étais le gardien de mes frères, mais aussi parce qu’en fait j’étais aussi le gardien de ce frère qui était là en face de moi et qui devait pouvoir découvrir en lui autre chose que ce qu’il était devenu. Et c’est un peu cela qui s’est révélé dans la mesure où il a cédé, où il a fait l’effort de comprendre.
On entend dire que ce sont des bêtes immondes, ce ne sont pas des hommes, qu’on ne peut pas traiter avec eux. Je dis, moi : si nous parlons comme cela, il n’y aura jamais de paix. Je sais qu’il en a égorgé cent quarante-cinq… Mais depuis qu’il est mort, j’essaye d’imaginer son arrivée au paradis, et il me semble qu’aux yeux du bon Dieu j’ai le droit de présenter pour lui trois circonstances atténuantes :
- la première de fait : il ne nous a pas égorgés ;
- la deuxième : il est sorti quand je le lui ai demandé. Et puis, quand il est mort à quelques kilomètres de chez nous, il a agonisé comme blessé pendant neuf jours. Comme il avait accepté de ne pas faire appel à notre médecin pour venir le chercher - le médecin ne doit pas sortir de chez nous parce qu’il est trop âgé -, c’était clair avec lui, il n’est donc pas venu le chercher ;
- la troisième circonstance atténuante : après notre entretien dans la nuit, je lui ai dit : « nous sommes en train de nous préparer à célébrer Noël, pour nous c’est la naissance du prince de la paix, et vous venez comme cela, en armes ! » Il a répondu : « excusez-moi, je ne savais pas…»
Je ne couvre aucun… Ce n’est pas à moi de porter un jugement, chacun de ses crimes est horrible, mais ce n’est pas une bête immonde. C’est à la miséricorde de Dieu maintenant de s’exercer.

Christian de Chergé (L’invincible espérance)


Pardonne-moi comme nous pardonnons

Père, rien n'est aussi difficile
que d'offrir un vrai pardon,
surtout à ceux et à celles qui nous sont proches
et ont réellement fait souffrir.
Comme il est difficile ce pardon-là !

Tant de prétextes tourbillonnent dans notre tête :
« Est-ce bien à moi de commencer ?
Est-ce bien la peine ?
Non, je ne peux pas maintenant,
demain peut-être. »
Il nous en coûte de pardonner.
Est-ce même possible ?
Père, nous le savons,
la réconciliation et le pardon ne peuvent venir que de Toi.

Alors, accorde-nous la grâce du pardon,
La force de nous réconcilier avec ceux qui sont loin :
le conjoint qui est parti,
l'enfant qui a brisé les attaches.

Fais nous aimer nos ennemis.

Ne permets pas que le soleil se couche
sur une rancune ou une colère en nos cœurs.

Fais nous la grâce du premier pas
Et nous Te ressemblerons.

Cardinal Godfried Danneels


Fais de moi un homme de réconciliation

Seigneur, toi qui as dit :
« Si ton frère a quelque chose contre toi
n'attends pas qu'il fasse le premier pas,
mais va d'abord toi, te réconcilier avec lu. »
écoute ma prière.

Quand je suis scandalisé par la division des chrétiens,
donne-moi l'honnêteté de m'informer
sur la richesse des traditions de nos frères séparés.

Quand je suis scandalisé par les fanatismes,
les exclusions et les anathèmes
des croyants et des non-croyants
donne-moi de jeter des ponts entre groupes différents.

Quand je suis scandalisé par le mépris, le racisme
envers les immigrés, les juifs ou les musulmans
donne-moi le courage d'inviter l'étranger chez moi.

Quand je me plains de l'ennui de mon quartier
où chacun reste enfermé chez lui, où il ne se passe rien,
donne-moi de susciter des rencontres entre voisins.

Quand je ne comprends plus le comportement de ces jeunes
qui cassent, couvrent les murs de graffitis, se droguent,
donne-moi de prendre le temps de les écouter.

Quand je souffre des calomnies envers les prêtres mariés,
de la situation faite aux frères et sœurs divorcés,
donne-moi de ne jamais les juger, de les respecter
et de leur ouvrir ma porte et celle de la communauté.

Quand je me révolte devant tant d'innocents
injustement emprisonnés, torturés,
donne-moi de m'engager
avec ceux qui luttent pour obtenir leur liberté.

Quand je suis bouleversé par tant d'hommes
exploités, affamés,
donne-moi le courage de risquer
de nouvelles manières de vivre en société.

Alors, Seigneur, tu feras jaillir de ma vie
une petite étincelle
qui de proche en proche, sera capable de propager
le grand feu de la réconciliation universelle.

Michel Hubaut


Psaume 50 : Tu es miséricorde

Tu es miséricorde
Prends pitié de moi, mon Dieu, dans ton amour,
en ta grande miséricorde efface mon pêché.
Oui, je reconnais ma faute,
contre toi j'ai pêché
ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait.

Tu es vérité
Toi qui aimes la vérité au fond du coeur,
toi qui m'apprends la sagesse dans le secret,
fais-moi retrouver la joie.
Détourne-toi de mon pêché.
Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
mets en moi un esprit tout neuf.

Tu es joie
Ne me rejette pas loin de toi.
Rends-moi la joie d'être sauvé
et ma bouche annoncera ta louange.
Seigneur, écoute et prends pitié.
Mets en moi ton esprit d'amour.

Extrait de « Le livre de prière des 8-12 ans », Ed. Droguet-Ardant


La dispute

Un coup par ci,
un coup par là,
et paf et vlan…
Je t'asticote,
toi, tu ripostes !
Un coup par ci,
un coup par là,
et paf et vlan…
Je te tire les nattes,
tu me pinces la joue !

Jésus, pour construire la paix,
apprends-moi à ne plus me disputer avec mes frères et sœurs.

Extrait de « Ma prière pour les jours difficiles », Ed. Mame


© Crédit photo diwero / Pixabay.com

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