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Textes à méditer : Mort et espérance

Temps de lecture : 33 minutes
Textes à méditer : Mort et espérance

Les punaises d’eau et les libellules ; Tu es vivant ; Rien qu'un petit mot ; Ne pleure pas ; Sa petite plante ; Où es-tu maintenant que tu es mort ? ; Je ne les vois plus ; Jésus, j’ai du chagrin ; Dis pourquoi ? D'une rive à l'autre ; Il restera de toi ; La mort n'est rien ; Quelqu'un meurt ; Comme un voilier ; Tant de belles choses ; Le rêve sur la plage ; La nuit n'est jamais complète

Les punaises d'eau et les libellules

Sous la surface d’une mare paisible vivait une petite colonie de punaises d’eau. C’était une joyeuse colonie vivant loin du soleil. Pendant plusieurs mois, elles avaient passé leur temps à galoper sur la vase molle qui tapisse le fond de la mare.
Elles remarquèrent que, de temps à autre, l’une d’entre elles semblait se désintéresser de ses amies. S’accrochant à la tige d’un lis, elle s’éloignait petit à petit, puis disparaissait complètement. « Regardez, dit l’une des punaises d’eau, l’une de nous grimpe le long de la tige du lis. Où croyez-vous qu‘elle aille ? »

Elle s’élevait lentement toujours plus haut. Alors même qu’elles la regardaient s’éloigner, elles la perdirent de vue. Ses amies l’attendirent encore et encore mais elle ne revint pas.
« C’est amusant ! » dit l’une des punaises d’eau.
« N’était-elle pas heureuse ici ? » demanda une deuxième.
« Où pensez-vous qu’elle est allée ? » s’enquit une troisième.
Personne n’avait de réponse et cela les laissait profondément perplexes.
Finalement, l’un des chefs de la colonie des punaises d’eau rassembla ses amies. « J’ai une idée. La prochaine d’entre-nous qui escaladera la tige du lis doit promettre de revenir pour nous raconter où elle est allée et pourquoi ? »
« Nous le promettons » dirent-elles solennellement.
Un jour de printemps, peu après ces événements, celle-là même qui avait suggéré le plan se retrouva à grimper le long de la tige du lis. Elle allait de plus en plus haut. Avant qu’elle ne réalise ce qui arrivait, elle avait fendu la surface de l’eau et était retombée sur une large feuille verte de nénuphar.
Lorsqu’elle se réveilla, elle se mit à regarder autour d’elle avec beaucoup d’étonnement. Elle n’en croyait pas ses yeux. Son vieux corps avait subi une surprenante transformation, laissant apparaître quatre ailes d’argent et une longue queue. Alors qu’elle se débattait, elle ressentit le besoin de bouger ses ailes. La chaleur du soleil sécha rapidement son nouveau corps humide. Elle remua à nouveau ses ailes et se retrouva au-dessus de l’eau. Elle était devenue une libellule.
Esquissant et dessinant de grandes courbes, elle volait. Cette nouvelle atmosphère la grisait.
Un peu plus tard, la nouvelle libellule tomba par chance sur une feuille de nénuphar pour s’y reposer. C’est alors qu’elle prit le risque de regarder le fond de la mare. Elle se trouvait juste au-dessus de ses vieilles amies, les punaises d’eau. Elles étaient là, se démenant dans la vase, tout comme elle l’avait fait quelques fois auparavant.
Puis la libellule se souvint de la promesse: « La prochaine d’entre-nous qui escaladera la tige du lis reviendra pour nous dire où elle est allée et pourquoi ? »
Sans réfléchir, la libellule s’élança. Elle heurta brutalement la surface de l’eau et rebondit dessus. Maintenant qu’elle était une libellule, elle ne pouvait plus pénétrer dans l’eau. « Je ne peux pas retourner » dit-elle d’un air consterné.
« Au moins j’ai essayé, mais je ne peux pas tenir ma promesse. Même si je pouvais retourner, aucune des punaises d’eau ne me reconnaîtrait dans mon nouveau corps. Je pense que je dois simplement attendre qu’elles deviennent également des libellules. Alors elles comprendront ce qui m’est arrivé, où je suis allée ».
Et la libellule s’envola joyeuse vers son nouvel univers magique d’air et de soleil.

Doris Stickney (Water Bugs et Dragonflies, 1997)


Tu es vivant

Tu ne parles plus mais tu es vivant.
Tu ne bouges plus mais tu es vivant.
Tu ne souris plus, mais en arrière de tes yeux tu me regardes.
De très loin ?
Peut-être de très près, je ne sais rien de ces distances.
Je ne sais plus rien de toi, mais tu sais maintenant davantage de choses sur moi.

Tu es en Dieu.

Je ne sais pas ce que cela peut vouloir dire,
mais sûrement ce que tu voulais et ce que je veux pour toi.
Je le crois.
Toute ma foi, je la rassemble.
Elle est maintenant mon seul lien avec toi.

Jésus, donne-moi de croire à ta victoire sur la mort,
Celui que j'aime veut entrer dans ta joie.
S'il n'est pas prêt, je te prie pour lui.
Achève sa préparation.
Pardonne-lui comme tu sais pardonner.

Aide-moi à vivre sans sa voix, sans ses yeux,
Que je ne le déçoive pas
maintenant qu'il va me voir vivre et m'attendre.

Père André Sève


Rien qu'un petit mot

Rien qu'un petit mot pour te dire que l'on ne t'oubliera pas,
que l'on se souvient toujours de tes cheveux blonds,
de tes yeux bleus, de ton sourire radieux.

Rien qu'un petit mot pour te demander de nous aider
à surmonter les rudes épreuves d'ici-bas.
Pour te supplier de nous envoyer, du plus profond de ta victoire,
ce petit morceau de bonheur, qui s'est perdu dans le labyrinthe de la haine.

Rien qu'un petit mot pour t'implorer d'effacer les fissures,
les injures, les obstacles, les incompréhensions.
Pour te rappeler que l'on compte sur toi,
que l'on a besoin de ta force, de ta foi,
enfin, rien qu'un petit mot pour t'affirmer que l'on t'aime
d'un amour si puissant que le plus grand palais,
que le plus pur rubis, n'est, en comparaison, qu'éphémère beauté.

Pierre Cocheteux


Ne pleure pas

Ne pleure pas, si tu m'aimes !
Si tu savais le don de Dieu et ce que c'est que le ciel,
Si tu pouvais d'ici entendre le chant des anges,
et me voir au milieu d'eux.
Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux
les horizons et les champs éternels, les nouveaux sentiers où je marche !
Si, un instant, tu pouvais contempler comme moi la Beauté
devant laquelle toutes les beautés pâlissent !
Quoi... ? Tu m'as vu... tu m'as aimé dans le pays des ombres
et tu ne pourrais ni me voir ni m'aimer encore
dans le pays des immuables réalités ?
Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens
comme elle a brisé ceux qui m'enchaînaient,
et quand, un jour que Dieu seul connaît et qu'il a fixé,
ton âme viendra dans ce ciel où l'a précédée la mienne...
ce jour-là, tu reverras Celui qui t’aimait et qui t’aime encore,
tu retrouveras son Cœur,
tu en retrouveras les tendresses épurées.
A Dieu ne plaise qu'entrant dans une vie plus heureuse,
infidèle aux souvenirs et aux vraies joies de mon autre vie,
je sois devenu moins aimant !
Tu me reverras donc, transfiguré dans l'extase et le bonheur,
non plus attendant la mort, mais avançant, d'instant en instant avec toi,
dans les sentiers nouveaux de la lumière et de la Vie !
Alors... essuie tes larmes, et ne pleure plus... si tu m'aimes...

Saint Augustin


Sa petite plante

Un jour le Grand Jardinier me confia
Une plante d'une qualité très rare, et très belle.
Je reviendrai la chercher, dit-il en souriant ;
Soigne-la bien, en la gardant pour moi.

J'en ai pris soin, et la plante a grandi,
Elle a donné une fleur aux couleurs rayonnantes,
Belle et fraîche, comme l'aurore au printemps.
Mon âme était radieuse, mon bonheur sans égal.

De toutes mes fleurs, elle était la plus glorieuse,
Son parfum, son aspect étaient merveilleux ;
J'aurais voulu la garder, tant mon cœur s'y était attaché
Pourtant, je savais qu'Il reviendrait la chercher.

Et voici, Il est venu un jour me demander
La jolie plante qu'Il m'avait prêtée...
Je tremblais ! Mais c'est vrai qu'Il m'avait dit
Qu'un jour Il reviendrait pour me la réclamer.

« C'est parfait », dit-il en respirant son parfum
Alors, en Se penchant, Il a parlé doucement :
« Si elle reste dans ce sol, elle va perdre sa splendeur,
Je veux la transplanter dans mon jardin Là-haut.»

Avec tendresse, il la prit et S'envola
Pour la planter Là-haut où les fleurs ne se fanent pas :
Et un jour futur, dans ce Jardin de Gloire,
Je la retrouverai épanouie, et elle sera mienne.

Poète anonyme


Où es-tu maintenant que tu es mort ?

Où est le printemps lorsque l’hiver frappe à ma porte ?
Où est l’hiver quand l’été lourd endort les blés dans la lumière ?
Et le sourire de ma mère penchée sur mon berceau ?
Où est hier ? Où est demain ?
Où est la vie qui fait monter le sang palpitant dans mes tempes ?
Où est l’amour qu’un homme et une femme se partagent et qu’aucun d’eux ne possède ?
De ton vivant, on savait bien où tu marchais, là-bas, au bord du lac de Galilée.
Mais maintenant que tu es mort, qui sait encore où tu es ?
Car un matin, ta tombe fut inondée de mystère,
et tu as échappé à celles qui venaient t’embaumer.
Je ne peux même pas aller me recueillir sur ta tombe !
Je venais te pleurer et je ne t’ai pas trouvé.
Tu as rendu inutiles les vêtements noirs.
Et maintenant, je passe ma vie à te chercher.
Et je cours après toi comme on court après un vivant.
Toi, le vivant !
J’ai envie de t’attraper, j’ai envie de te toucher,
je voudrais tourner ton visage vers le mien, je te dirais : tu es là.
Regarde-moi, dis-moi, toi, où tu es.
Tu es au ciel, mais le ciel n’est pas dans les nuages.
Tu es dans mon cœur, mais mon cœur ne peut t’enfermer.
Éclaire mes yeux et je verrai les choses plus belles.
Invite mon cœur pour de grandes aventures.
Alors si quelqu’un me demande où tu es, d’un air entendu, je sourirai.
N’avais-tu pas promis, avant de mourir :
« Vous, vous me verrez et vous vivrez. »
Moi, je te crois et je vis.

Pierre-Marie Beaude (Libres questions à Jésus, Ed. du Centurion, 1982) 


Je ne les vois plus

Quand je pense aux gens que j’ai aimés
Et qui sont morts
Je suis triste
Je suis triste de ne plus les voir
J’aimais beaucoup leur sourire
Et la couleur de leurs yeux.
Je suis triste de ne plus jouer avec eux…
On riait des heures et des heures.
Je suis triste de ne plus aller dans leur maison…
Elle était toujours pleine de soleil et de gaieté.
Je suis triste
Car la mort me prive de leur présence.
Et si par Toi,
ils étaient toujours vivants,
ces gens qui ont aimé la vie…
Et si tu savais éterniser dans mon cœur
la lumière de leur regard,
le bonheur de leur amitié
et la joie de leur accueil…
Alors, avec eux,
je te dirai merci, Dieu,
Merci de nous faire vivre
d’un amour qui ne meurt jamais.

Agnès Auschitzka


Jésus, j'ai du chagrin

Jésus,
J’ai du chagrin et j’ai peur
Quand on dit que quelqu’un est mort.
On ne le voit plus,
C’est comme s’il était parti très très loin,
Tout seul sans nous !
Mais toi Jésus,
Tu n’abandonnes jamais tes amis
Ni quand ils sont vivants
Ni quand ils sont morts.
Tu l’as dit ! Et moi je te crois.
Quand leur vie avec nous est finie,
Toi tu viens à leur rencontre.
Tu les conduis
A la place que tu leur as préparée
Tout près de Dieu,
Tout près de toi.
Tu l’as dit ! Et moi je te crois.

Premiers pas vers Dieu (Ed. Tardy, 1997) 


Dis pourquoi ?

Dis, pourquoi meurt-on ?
On meurt, c'est ainsi !
Je ne sais pas pourquoi.
Tout meurt, les bêtes et les fleurs,
les grands-parents et même les enfants, toi et moi.
C'est la vie !

Dis, où va-t-on après la mort ?
On va au pays de Dieu, ça je le crois.
Auprès de Dieu, comment c'est ?
Je ne sais pas trop,
mais le chemin pour y aller je sais :
quand on aime, on prend le chemin
qui mène au pays de Dieu.

Dis, comment sais-tu ce qu'il y a après la mort ?
Je ne sais pas ce qu'il y a après la mort.
Je ne sais pas, je crois.
Jésus n'est pas resté dans la mort, II est vivant.
Moi aussi je vivrai, grand-père aussi vivra, Jésus nous l'a promis.
Voilà ce que je crois.

Anonyme


D'une rive à l'autre

Une des plus saisissantes images de la mort m'a toujours semblé être celle-ci :

Un bateau s'en va, il quitte notre rive.
Pour nous qui sommes sur cette rive,
nous voyons les passagers du bateau qui nous quittent
et cela nous rend tristes.
Mais pour ceux de l'autre rive, quelle joie !
Car ils le voient arriver.

Et pour ceux qui sont partis, après la tristesse des adieux
à ceux qu'ils aiment et qui les aiment,
quel bonheur de découvrir enfin ces horizons infinis...
Horizons infiniment plus beaux que ceux qu'ils ont laissés,
ici, sur notre rive !
Et voilà qu'en pensant au bonheur qui les attend,
nous oublions notre peine, et nous nous réjouissons
de les savoir bientôt plus heureux qu'ici.

Notre rive, à nous qui pleurons c'est la terre.
L'autre rive où ils parviennent, c'est le ciel.
C'est ça la mort.
Il n'y a pas de morts, mais des vivants sur les deux rives.

Mgr Joseph Rabine


Il restera de toi

Il restera de toi
ce que tu as donné.
Au lieu de le garder dans des coffres rouillés.

Il restera de toi de ton jardin secret,
Une fleur oubliée qui ne s'est pas fanée.
Ce que tu as donné
En d'autres fleurira.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.

Il restera de toi ce que tu as offert
Entre les bras ouverts un matin au soleil.
Il restera de toi ce que tu as perdu
Que tu as attendu plus loin que les réveils.
Ce que tu as souffert
En d'autres revivra.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.

Il restera de toi une larme tombée,
Un sourire germé sur les yeux de ton cœur.
Il restera de toi ce que tu as semé
Que tu as partagé aux mendiants du bonheur.
Ce que tu as semé
En d'autres germera.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.

Michel Scouarnecl


La mort n'est rien

La mort n’est rien
Je suis simplement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi. Tu es toi.
Ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours.
Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné.
Parle-moi comme tu l’as toujours fait.
N’emploie pas de ton différent.

Ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait vivre ensemble.
Prie. Souris. Pense à moi. Prie pour moi.
Que mon nom soit toujours prononcé à la maison comme il l’a toujours été.
Sans emphase d’aucune sorte et sans trace d’ombre.

La vie signifie ce qu’elle a toujours signifié.
Elle reste ce qu’elle a toujours été. Le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée,
Simplement parce que je suis hors de ta vue ?
Je t’attends. Je ne suis pas loin.
Juste de l’autre côté du chemin.
Tu vois, tout est bien.

Chanoine Henri Scott Holland (texte parfois attribué à Saint Augustin ou Charles Péguy)


Quelqu'un meurt

Quelqu’un meurt,
et c’est comme des pas qui s’arrêtent...
Mais si c’était un départ
pour un nouveau voyage ?

Quelqu’un meurt,
et c’est comme un arbre qui tombe...
Mais si c’était une graine
germant dans une terre nouvelle ?

Quelqu’un meurt,
et c’est comme une porte qui claque...
Mais si c’était un passage
s’ouvrant sur d’autres paysages ?
Quelqu’un meurt,
et c’est comme un silence qui hurle...
Mais s’il nous aidait à entendre
la fragile musique de la vie ?

Benoît Marchon


Comme un voilier

Je suis debout au bord de la plage.
Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l’océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon.

Quelqu’un à côté de moi dit : « Il est parti ».
Parti vers où, parti de mon regard, c’est tout.
Son mât est toujours aussi haut,
sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi, pas en lui.

Et juste au moment où quelqu’un auprès de moi dit : « Il est parti. »
il y en a d’autres qui, le voyant pointer à l’horizon et venir vers eux,
s’exclament avec joie : « Le voilà; »

C’est ça la mort.
Il n’y a pas de morts,
Mais des vivants sur les deux rives.

William Blake


Tant de belles choses

Même s'il me faut lâcher ta main
Sans pouvoir te dire « à demain »
Rien ne défera jamais nos liens.
Même s'il me faut aller plus loin
Couper les ponts, changer de train,
L'amour est plus fort que le chagrin.
L'amour qui fait battre nos cœurs
Va sublimer cette douleur,
Transformer le plomb en or !
Tu as tant de belles choses à vivre encore.
Tu verras au bout du tunnel
Se dessiner un arc-en-ciel
Et refleurir les lilas.
Tu as tant de belles choses devant toi.
Même si je veille d'une autre rive,
Quoi que tu fasses, quoi qu'il t'arrive,
Je serai avec toi comme autrefois.
Même si tu pars à la dérive,
L'état de grâce, les forces vives
Reviendront plus vite que tu ne crois.
Dans l'espace qui lie le ciel et la terre
Se cache le plus grand des mystères
Comme la brume voilant l'aurore.
Il y a tant de belles choses que tu ignores :
La foi qui abat les montagnes,
La source blanche dans ton âme,
Penses-y quand tu t'endors :
L'amour est plus fort que la mort.
Dans le temps qui lie ciel et terre
Se cache le plus beau des mystères.
Penses-y quand tu t'endors :
L'amour est plus fort que la mort.

Françoise Hardy


Le rêve sur la plage

Au cours de la nuit de Noël, je fis un songe :
cheminant sur la plage avec le Christ
je vis la toile de ma vie refléter
tous les jours des années écoulées.
Je regardai en arrière et j'aperçus sur le sable des traces de pas,
les miennes et celles du Seigneur.
Ensemble nous continuâmes d'avancer
jusqu'à ce que mes jours fussent achevés.
Alors, à nouveau, j'ai regardé en arrière
et j'ai constaté que par endroits
il n'y avait qu'une seule trace.
Cela coïncidait exactement avec les jours
les plus difficiles de ma vie,
les jours de plus grande angoisse et de plus grande peur,
Et de plus grande douleur.
J'ai interrogé le Seigneur :
« Tu m'avais pourtant promis que tu serais avec moi
tous les jours de mon existence.
J'avais accepté de vivre avec toi :
pourquoi m'as-tu laissé seul dans les pires moments ? »
Le Seigneur me répondit : « Mon fils, je t'aime.
C'est vrai, je t'avais promis d'être avec toi
durant toute la randonnée
et de ne jamais te laisser seul.
J'ai tenu ma promesse :
quand sur le sable il n'y a qu'une seule trace
C'est que, ces jours-là, je te portais dans mes bras. »

Ademar de Borros (poète brésilien)


La nuit n'est jamais complète

La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l’affirme,
Au bout du chagrin, une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler, faim à satisfaire,
Un cœur généreux,
Une main tendue, une main ouverte,
Des yeux attentifs,
Une vie, la vie à se partager.

Paul Éluard


© Crédit photo : Tante Tati / pixabay.com

Commentaires (2)

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Marcoux Isabel (membre de l'équipe des obsèque) a écrit...
Bonjour, je vous remercie pour ce florilège d'espérance et d'amour qui me sera très utile pour les préparations des cérémonies des obsèques dans nos 16 clochers. Quelques textes je les connaissance, comme celui de Saint Augustin, d'autres comme celui de Françoise Hardy ont été une surprise et je compte m'en servir.
Bravo pour ce travail qui nous aide à poursuivre un service pas facile mais très enrichissant.
Cordialement
; Isabel Marcoux
5 Janvier 2017 18:32
Gravatar
sitEColes a écrit...
Nous vous remercions pour votre commentaire. C'est un encouragement pour notre travail et cela nous permet de mieux cerner ce qui est utile à nos lecteurs.
Cordialement,
6 Janvier 2017 11:24
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