Accueil > Vie de l'Institution et de l'école > Projet et organisation de l'école (sens, dynamique et organisation) > Projets et démarches

Continuité école-collège

Temps de lecture : 21 minutes
Continuité école-collège

Assurer une bonne continuité entre école et collège, voilà bien un sujet de préoccupation pour les élèves, les parents et les équipes enseignantes. Alors que faire ? Quelques repères pour aider à cette continuité…

1. Continuité sur les programmes
- Nécessité de connaître ces programmes
Les programmes pour l’école (Bulletin Officiel Hors Série N°3 du 19 juin 2008).
Les programmes pour le collège (Bulletin officiel spécial n° 6 du 28 août 2008).

L’introduction de ces documents fait référence explicitement au socle commun de connaissances et de compétences. Les programmes constituent le moyen de parvenir à la construction de ce socle pour tout élève. Il se bâtit tout au long de la scolarité obligatoire (de 6 à 16 ans) et est évalué à chaque seuil, correspondant à la fin d’un cycle.
- Le socle commun constitue donc le point de repère pour les enseignants de l’école et du collège.

Voir aussi sur "Eduscol" le document intitulé socle commun et évaluation qui donne accès aux grilles de référence.
Le livret scolaire mis en place à l’école primaire est l’instrument de liaison entre les maîtres de l’école et également avec les parents. Il permet aussi de suivre l’acquisition progressive des connaissances et compétences.
Les grilles de référence expérimentées en 2007-2008 demeurent l’outil privilégié pour "donner aux enseignants des repères concrets dans l'évaluation des acquis de leurs élèves".
Les connaissances et compétences des sept piliers qui constituent le socle sont ainsi déclinées à chaque fin de cycle :
- pour l’école : fin de cycle 2 et fin de cycle 3 ;
- pour le collège : cycle d'adaptation (fin 6ème), cycle central (fin 4ème), fin de scolarité obligatoire (le brevet valide l’acquisition du socle).

Ces grilles de références constituent donc bien un outil indispensable pour un travail de liaison entre le cycle 3 de l’école (les classes de CM2 en particulier) et la sixième de collège.

S’outiller pour mieux se repérer

A titre d’exemple, ce qu’il est possible de retirer d’une comparaison des programmes de l’école et du collège et du socle commun dans le domaine du Lire :
- les cinq connaissances et capacités attendues en fin de scolarité,
- leur déclinaison au niveau de la fin du Cycle des approfondissements de l’école (fin CM2) et du Cycle d’adaptation du Collège (fin 6ème),
- des références aux programmes officiels de l’école et du collège.
Cette comparaison démontre que les nouveaux programmes (école / collège), au niveau de la charnière CM2/6ème, constituent un moyen permettant de parvenir à l’acquisition des paliers successifs à atteindre pour construire les compétences définies par le socle commun (Cf grilles de référence).
Autre exemple :
Le programme des sciences. Une réflexion s’impose sur la comparaison des exigences posées à chaque niveau.

2. Continuité sur les approches pédagogiques

Les introductions aux programmes méritent toute l’attention : ce sont des aides précieuses pour aborder chaque domaine disciplinaire et repérer les éléments de continuité entre l’école et le collège
A titre d’exemple, reprenons ce qui est dit dans les programmes de collège au sujet de l’histoire, la géographie et l’éducation civique.
"L’enseignement de l’histoire à l’école primaire a permis aux élèves d’identifier et de caractériser simplement les grandes périodes qui sont ensuite étudiées de façon plus approfondie au collège, à l’exception de la préhistoire qui n’est abordée qu’à l’école primaire. Il a posé quelques grands repères indispensables, essentiellement des jalons de l’histoire nationale ou permettant de resituer celle-ci dans l’histoire de l’Europe et du monde. Au collège, ces repères sont consolidés, approfondis et enrichis. Certains repères fondamentaux se retrouvent, la répétition permettant de renforcer leur acquisition. De nouveaux repères sont introduits en tenant compte d’un élargissement des perspectives. La recherche du sens des repères, événements, hommes et œuvres, est devenue essentielle. Enfin, comme à l’école primaire, l’enseignement de l’histoire s’articule avec celui de l’histoire des arts qui passe toujours par l’étude d’oeuvres.

L’enseignement de la géographie à l’école primaire est centré essentiellement sur la connaissance du milieu local et de la France, qui est resituée en Europe et dans le monde. Dans le souci d’assurer la transition entre primaire et collège, c’est par le territoire proche de l’élève, replacé dans le contexte national puis mondial que débute le programme de sixième. Il est ainsi résolument fondé sur les acquis de l’école primaire qu’il s’agit de mobiliser, d’enrichir et de dépasser pour analyser progressivement d’autres territoires en les situant dans le contexte mondial.

L’instruction civique et morale à l’école primaire repose sur deux fondements : d’une part, l’apprentissage des règles de la vie en société, du respect de soi-même et des autres, enfants et adultes, d’autre part, la découverte et la connaissance des grands symboles de la république, des principes d’organisation de la vie politique, des traits constitutifs de la nation française et de la place de l’Union européenne. Tous ces éléments se retrouvent au collège d’une manière ou d’une autre au fil des quatre années. Mais ils sont placés dans la perspective structurante d’un apprentissage de la citoyenneté. La classe de 6ème organise une transition explicite avec l’école primaire, en resituant la place de l’élève dans la communauté éducative, dans sa famille et dans sa commune".

3. Des documents de transmission

L’outil de communication essentiel entre l’école et le collège demeure le livret scolaire.

Présentation du contenu du livret scolaire en référence à la circulaire n° 2008-155 du 24-11-2008 du B.O. N°45 du 27 novembre 2008.
Présentation des annexes de ce livret. Il est clairement rappelé que des éléments de celui-ci doivent être obligatoirement transmis au collège d’accueil :

1 – Les résultats aux évaluations nationales CE1 et CM2
Cf "Annexe 1" du livret scolaire :
Deux fiches, avec les résultats chiffrés, permettent de donner les informations.

Commentaire :
Ces fiches s’inscrivent bien dans une conception des évaluations n’ayant plus pour objectif d’aider à un diagnostic pour agir (c’était le cas pour les évaluations nationales réalisées auparavant en CE2 et en 6ème). Les évaluations désormais réalisées en CE1 et CM2 constituent un bilan des acquisitions. Les champs évalués en Français et en mathématiques sont identiques pour ces deux niveaux.
Pour autant, peut-on résumer les connaissances et compétences d’un élève à ces deux seules disciplines ?
Les éléments évalués couvrent-ils la totalité de ces deux domaines ?


2 – La validation du deuxième palier
Cf "Annexe 2" du livret scolaire :
Un récapitulatif des compétences devant être acquises pour chacun des sept piliers du socle commun au niveau du deuxième palier est développé dans le livret scolaire présenté dans la circulaire indiqué ci-dessus. Ce document est complété durant la scolarité au Cycle 3 par les enseignants lors de Conseil de Cycle par une réponse : OUI ou NON.
En fin CM2, l’ensemble des compétences précisées doit être acquis.
- Un document comportant les titres des sept piliers permet de récapituler les validations faites : dans une démarche étroitement simplifiée, c’est cette simple fiche récapitulative qui devrait être transmise au collège.

Commentaire :
Auparavant, les écoles transmettaient au(x) collège(s) accueillant leurs élèves les "livrets d’évaluations". Ils pouvaient être différents d’une école à l’autre ; jugés parfois trop volumineux, ils étaient peu ou pas consultés par les enseignants du (des) collège(s) d’accueil.
Si on réduit les appréciations à une simple feuille, on passe à une autre extrême !! Cela suppose que les enseignants du second degré perçoivent et connaissent le contenu du palier 2 du socle commun.
- Le socle commun se construit, par paliers, durant la scolarité obligatoire de l’élève. A chaque palier, il est donc nécessaire de connaître le niveau de compétences attendu au palier précédent.

3 – Les attestations
Elles sont indispensables, car tout élève n’ayant pas acquis le "niveau 1" en école primaire ne peut prétendre à l’acquisition du "niveau 2" en collège.
Cela concerne :
- le Niveau A1 du cadre européen commun de référence pour les Langues (Pilier 2 du socle commun)
- le Brevet Informatique et Internet : B2i – Niveau école (Pilier 5 du socle commun) ;
Cf "Annexe 3" du livret scolaire :
- l’attestation Former au premiers secours
- l’attestation Education à la route, sécurité routière, APER.

4. Des ruptures à gérer
A son entrée en collège, le jeune élève qui quitte l’école primaire doit faire face à un certain nombre de ruptures dans son quotidien. Pour l’aider à gérer cette situation, il importe de les identifier…

Ruptures pour l’élève et sa famille
- passage d’une position de "grands" au sein de sa classe de CM2 à une position de "petits nouveaux" dans le collège ;
- dans bien des cas, entrée dans un groupe plus important qu’à l’école (aspect encore plus prégnant pour les élèves issus des écoles rurales à petit effectif)
- découverte de nouveaux camarades venant d’autres écoles
- l’année d’entrée en sixième est pour beaucoup le moment d’une réelle évolution physique et psychologique
- les relations des parents avec le collège vont se faire sur un tout autre registre qu’à l’école : une proximité disparaît ; il faut que les parents puissent repérer les différents professeurs et savoir à qui ils doivent s’adresser selon les problèmes à résoudre (directeur, professeur principal, conseiller d’éducation, etc…).

Ruptures dans l’environnement de travail
- de nouveaux lieux dans lesquels il faut se repérer : les classes, le centre de documentation et d’information, les salles de permanence ou de sports…
- un nouvel espace de vie : les couloirs si fréquentés pour passer d’un cours à un autre, les lieux de détente (la cour de récréation n’est plus à l’identique de celle de l’école)
- le nombre d’adultes référents pour chaque élève avec les rôles de chacun (place du professeur principal…). Les relations s’inscrivent dans un cadre différent, marquées par un plus grand éloignement
- les relations entre les élèves avec le rôle des délégués des élèves.

Ruptures dans l’organisation du travail
- un nouveau guidage pédagogique : le suivi et l’accompagnement assurés par l’équipe enseignante n’est pas de même nature que ceux assurés par le maitre de CM2. On demande à l’élève une plus grande autonomie.
- la gestion de son temps : s’habituer à l’emploi du temps plus rigide qu’en école (les heures de cours se succèdent dans une journée), tenir compte des heures de permanence, bien gérer son cahier de textes, …
- d’autres rythmes de travail : la durée des cours, les récréations,
- le travail personnel avec en particulier la place du travail du soir
- une plus grande place donnée à l’écrit, les contrôles fréquents avec les différents professeurs…

Pour une meilleure gestion de ces ruptures, il importe de conduire des actions qui aideront les élèves à les vivre sereinement.
Un exemple vécu dans l’académie de Grenoble avec mise en place d’une charte de liaison entre l’école et le collège.

Vade-mecum des liaisons école-collège pour la continuité des apprentissages en académie de Dijon.

Les documents passerelles dans l’académie de Rennes pour les langues vivantes.

Voir aussi sur ce même thème le document de la DEC de Vendée.

Lire sur sitEColes :
- Un défi lecture entre CM2 et sixième, expérience d’une école de Haute-Savoie
- Travailler sur la liaison école/collège
- Nouveaux programmes du collège (2009)

 

Commentaires

Pas encore de commentaires.

Ajouter un Commentaire

* Informations obligatoires
(ne sera pas publiée)
 
Avertissez-moi des nouveaux commentaires par e-mail.
 
J'ai lu et j'accepte les conditions d'utilisation. *
 
 
Powered by Commentics