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Textes à méditer : Chef d'établissement

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Textes à méditer : Chef d'établissement

Ceux qui pensent... Ceux qui mobilisent les femmes et les hommes ou le discours de Monsieur Matsushita ; Manager dans la complexité ; Être reconnu comme chef ; Que souhaitez-vous trouver en la personne du chef d'établissement ? Mais, tout ! ; Le chef d'établissement parfait ?  ; Bon leader ?  ; Donne-moi de voir

Ceux qui pensent… Ceux qui mobilisent les femmes et les hommes ou le discours de Monsieur Matsushita

Un des plus célèbres responsables de l’industrie japonaise, Monsieur Matsushita, administra, un jour ce petit discours à un manager du groupe Lesieur : « Vous autres, entrepreneurs européens, vous allez perdre et nous, entrepreneurs japonais, nous allons gagner. Vous allez perdre parce que la défaite est dans vos têtes : vous êtes intimement persuadés de ce que les organisations performantes, compétitives, ce sont celles dans lesquelles il y a d’un côté - en haut - ce qui pensent et de l’autre - en bas - ceux qui exécutent. Vous en êtes persuadés, même ceux qui, en parole, disent parfois le contraire. Nous, japonais, qui avons été beaucoup plus tayloriens que vous, nous sommes dorénavant sûrs de ce que, dans un environnement mondial de plus en plus incertain, turbulent, agressif, les chances de survie d’une entreprise sont si faibles qu’elle doit, pour les saisir, utiliser les idées de tous et jusqu’à celles de ses plus modestes agents. Ainsi, alors que pour vous le management c’est l’art de faire passer les idées des chefs dans les mains des manœuvres, pour nous c’est l’art de mobiliser et d’engerber l’intelligence de tous les membres de l’entreprise au service d’un projet. Bref, c’est l’inverse ».

En pleine crise économique, certaines entreprises progressent et accroissent leurs parts de marché. Ce sont celles du troisième type, les plus performantes et les plus compétitives.
« Tous les pays de l’avant-garde industrielle le clament désormais, et leurs entreprises de pointe le vivent : ne gagneront que ceux qui sauront mobiliser leur seule ressource déterminante, les HOMMES ».
« Il faut mobiliser, chaque jour, les femmes et les hommes de l’entreprise, leur intelligence, leur imagination, leur cœur, leur esprit critique, leur goût du jeu, du rêve, de la qualité, leur talent de création, de communication, d’observation, bref leur richesse et leur diversité ».


Manager dans la complexité

Admettre la complexité c’est d’abord admettre que certains aspects de la réalité échappent à notre entendement. Nombre de situations, d’organismes vivants, de systèmes divers ne peuvent pas être définis dans leur totalité et gardent toujours une part d’imprévisible et d’inconnu.
Cette caractéristique d’inachèvement s’applique d’ailleurs tout à fait logiquement à la notion de complexité elle-même. Le concept de complexité n’est pas un système fermé, défini une fois pour toutes. Nous ne l’approcherons qu’en combinant des éclairages divers, par touches successives, par analogies et par coupes transversales.
Cette tournure d’esprit, qui consiste à penser que derrière un objet ou une situation que l’on croit connaître il y a peut être de nouvelles richesses à découvrir, peut-être de nouvelles vérités qui vont totalement renverser notre conception des choses, est tout à fait essentielle au progrès. Imaginez ce que serait la biologie si les hommes n’avaient jamais vu dans un œuf autre chose qu’un objet rond, tout juste bon à faire des omelettes !
Pour nos pratiques de management et pour notre façon de concevoir et d’organiser l’entreprise, admettre l’inachèvement est un bouleversement par rapport à ce qu’on nous enseignait il y a encore vingt ans. Nous savons maintenant qu’il nous faut renoncer au fol espoir que nous laissait entrevoir l’Organisation « scientifique » du Travail d’une réalité totalement maîtrisée, organisée et prévisible. Nous ne posséderons jamais l’organisation idéale qui nous permettrait une fois pour toutes de piloter nos entreprises sans surprise et sans larmes. C’est une bonne nouvelle : nous avons échappé au « meilleur des mondes » !

Colette Woycikowska (Prendre des fonctions de direction - Hachette éducation, 1999)


Être reconnu comme chef

Est reconnu comme chef celui ou celle qui développe quelques qualités et qui remplit un certain nombre de rôles attendus par les subordonnés :
- Il a l’esprit de décision.
- Il n’évacue pas les responsabilités, il les accepte.
- Il sait comment prendre les problèmes.
- Il sait organiser.
- Il sait donner une direction, des objectifs, et faire un projet.
- Il inspire confiance, il évite de provoquer l’anxiété.
- Il sait dire ce qu’il faut sur le travail : blâmer ou louer.
- Il sait établir des relations rapides et efficaces.
- Il sait faire participer.
- Il est capable de se mettre à la place des autres.

Colette Woycikowska (Prendre des fonctions de direction - Hachette éducation, 1999)


Que souhaitez-vous trouver en la personne du chef d'établissement ? Mais, tout !

Un bon Chef d’établissement devrait offrir simultanément : du dynamisme et le sens de la patience, l’esprit de décision et la capacité de la différer pour laisser aux autres le temps de mûrir la leur, de l’autorité naturelle mais surtout pas d’agressivité, des compétences fermes mais une grande humilité et la capacité socratique de dire « je ne sais pas », la curiosité pour les idées et les événements mais surtout la dispersion du papillon.
Il devrait aussi bien sûr aimer travailler et pouvoir le faire beaucoup et longuement, avoir une excellente santé, disposer d’un équilibre personnel sans faille ou du moins de la force qui permet de l’afficher.
Très résistant, en possession de tous ses moyens physiques et moraux, il ne cède pas à l’inquiétude, encore moins à l’angoisse. Donner et se donner sont ses attitudes favorites, sans qu’il perde toutefois de vue la double obligation morale qui est la sienne de toujours penser à son propre épanouissement – au bénéfice de ses partenaires – et d’assumer en même temps ses responsabilités. En toutes circonstances, le candidat sait s’adapter et donner l’image de la stabilité : jamais de réactions impulsives, mais plutôt la maîtrise, le recul, la sagesse, le choix du bon moment pour parler ou pour agir. Doté d’un sens politique aiguisé, il est cependant toujours loyal et jamais manœuvrier.
Il a du jus, de la constance, du sérieux et de l’humour. Il est : simple, humble, disponible à tous quoique organisé et excellent gestionnaire de son temps. Travaillant sans relâche, il parvient cependant à assurer le ressourcement qui lui est nécessaire.
Enfin, fermement assuré dans ses convictions chrétiennes, il n’en est pas moins ouvert à l’écoute et à la compréhension d’une pluralité d’autres formes de pensée et de vie.

France Rollin (Chef d’établissement : une passion - Chronique sociale, 1992)


Le  chef d'établissement parfait ?

S’il arrive en retard un matin – il ne peut pas se lever
S’il arrive dix minutes en avance – il faut du zèle
S’il vient à l’école en voiture – il pourrait démocratiquement prendre le bus ou venir à vélo
S’il vient à l’école à vélo – c’est un original
S’il assure des classes - il ferait mieux de consacrer tout son temps à son établissement
S’il n’assure pas de classe – comment peut-il connaître les élèves et les problèmes des professeurs
S’il est présent à l’école pendant le week end – il ne sait pas se reposer
S’il n’est pas à l’école pendant le week end – vraiment le poste de chef d’établissement est de tout repos
S’il prend une décision sans consulter ses collaborateurs – c’est un dictateur
S’il les consulte avant de prendre une décision – il n’a pas de personnalité
S’il laisse ses collaborateurs prendre leurs responsabilités – il ne s’occupe de rien
S’il est toujours calme – il devrait savoir « tonner » de temps en temps
S’il se met parfois en colère – il ne sait pas se maîtriser
S’il va souvent à la salle des professeurs – il les espionne
S’il y va rarement – il est distant
S’il mange avec les élèves – c’est de la démagogie
S’il mange avec les professeurs – on serait plus libre sans lui
S’il mange en famille – il sait bien que la cuisine de l’école ne vaut rien
S’il assiste à des compétitions de l’association sportive en dehors de l’école – il est content de trouver un prétexte pour passer un après-midi en plein-air
Sil n’a pas le temps d’assister aux compétitions sportives – il ne s’intéresse pas à l’association sportive et a peur de s’enrhumer
S’il est membre de commissions en dehors de l’école – il a bien du temps à perdre
S’il ne fait partie d’aucune commission – il n’a vraiment pas d’envergure
S’il s’efforce de promouvoir la catéchèse – c’est du prosélytisme dépassé
Si, par manque de temps, il délègue cette responsabilité à un professeur – il n’a pas la Foi
S’il ne crée pas de nouvelles sections – il veut qu’on parle de ses réalisations
S’il entreprend des travaux de rénovation et de réparation – il dilapide les deniers de l’école
S’il ne fait pas de réparations – l’école s’écroulera avec lui
S’il est jeune – il n’est pas assez mûr
S’il est vieux – il est dépassé
Mais s’il disparaît – trouvera-t-on quelqu’un qui accepte de prendre sa place ?

R.R. Directeur de Lycée Catholique


Bon leader ?

« Un leader est bon lorsque les autres connaissent à peine son existence ;
Moins bon lorsqu’ils le servent et l’acclament ;
Pire lorsqu’ils le méprisent ;
Si vous n’honorez pas les autres, ils ne vous honoreront pas.
Mais avec un bon leader, qui parle peu,
Lorsque son travail sera fait, son objectif atteint,
Ils diront tous : « C’est nous qui avons fait cela ».

Lao-Tseu (VI è siècle avant JC)


« Un tas de pierres cesse d’être un tas de pierres dès lors qu’un seul homme le regarde avec en lui l’image d’une cathédrale ».

Antoine de Saint-Exupéry


« Ne pas faire d’erreur n’est pas à la portée de l’homme, mais de ses erreurs, l’homme retire de la sagesse pour l’avenir ».

Plutarque (biographe et philosophe grec)


Donne-moi de voir

Seigneur,
donne-moi de voir les choses à faire
sans oublier les personnes à aimer,
et de voir les personnes à aimer
sans oublier les choses à faire.

Donne-moi de voir les vrais besoins des autres
c’est si difficile
de ne pas vouloir à la place des autres,
de ne pas répondre à la place des autres,
de ne pas décider à la place des autres.
C’est si difficile, Seigneur,
de ne pas prendre ses désirs
pour les désirs des autres,
et de comprendre les désirs des autres
quand ils sont si différents des nôtres !

Seigneur, donne-moi de voir
ce que tu attends de moi parmi les autres.
Enracine au plus profond de moi cette certitude :
on ne fait pas le bonheur des autres sans eux…

Seigneur, apprends-moi
à faire les choses en aimant les personnes.
Apprends-moi à aimer les personnes
pour ne trouver ma joie
qu’en faisant quelque chose pour elles,
et qu’un jour elles sachent
que Toi seul, Seigneur, es l’Amour.

Norbert Segard

 

© Crédit photo Fotolia.com

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