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De l’autonomie au travail d’équipe

Temps de lecture : 12 minutes
De l’autonomie au travail d’équipe

L’autonomie de l’enseignant s’inscrit dans la liberté pédagogique et le travail d’équipe. Elle suppose créativité, apprentissage, régulation, formation. Elle se développe à travers des compétences individuelles et collectives pour assurer une polyvalence auprès des élèves afin d’éviter le morcellement des savoirs. Elle se vit dans le cadre du projet d’école.

1. De l’autonomie et de la créativité

L’autonomie de l’enseignant trouve son acceptation la plus riche lorsqu’on la relie à la notion d’équipe. Elle nécessite apprentissage, régulation, évaluation et référence à un cadre et une éthique. La commission nationale de pédagogie du Secrétariat général de l’Enseignement catholique (Sgec) propose un texte de réflexion sur ces diverses dimensions.
L’autonomie de l’enseignant : une autonomie solidaire.

Cet apprentissage de l’autonomie de l’enseignant s’effectue dans les Instituts supérieurs de formation de l'Enseignement catholique (ISFEC) où est enseignée la liberté pédagogique. Il suppose de former à la liberté pour que l’enfant apprenne, pour comprendre le monde.
La liberté pédagogique de l’enseignant dans les ISFEC.

La circulaire de rentrée du 9 janvier 2007 précise cette liberté pédagogique qui s’inscrit dans le projet d’école et le droit à l’expérimentation.
« Dans le premier degré, la réussite de tous les élèves grâce à la maîtrise des apprentissages fondamentaux et à l’installation progressive de la référence au socle commun de connaissances et de compétences nécessite un pilotage rapproché ».
Si dans l’Enseignement publique, "ce pilotage incombe aux inspecteurs des circonscriptions", dans l’Enseignement catholique c’est aux chefs d’établissement que revient ce pilotage.
« Ils analysent les situations locales, fixent les objectifs, garantissent une formation adaptée aux besoins de tous les maîtres » (Voir plan de formation de l’équipe). "C’est dans ce cadre que chaque équipe d’école, animée par le directeur ou la directrice, en usant au besoin du droit d’expérimentation ouvert par la loi d’orientation, doit décliner les modalités particulières de mise en œuvre du projet d’école". Elle "offre des moyens aux établissements publics locaux (EPLE) d’enseignement pour mieux utiliser leur autonomie en vue d’améliorer la réussite des élèves. Le conseil pédagogique, le projet d’établissement, les expérimentations et la contractualisation sont en effet des outils permettant de renforcer le pilotage pédagogique de l’EPLE ; ils constituent également le cadre de l’évaluation des résultats atteints par l’établissement au regard des objectifs fixés. […] Le projet d’établissement est le cadre général dans lequel s’exerce l’autonomie pédagogique de l’EPLE. Les recteurs veilleront à ce que tous les établissements aient adopté un projet d’établissement. L’article 34 de la loi d’orientation pour l’école (article L. 401-1 du code de l’éducation) a ouvert un droit à l’expérimentation. Les initiatives prises dans ce cadre pourront être variées et ambitieuses et permettront de tester des solutions innovantes pour améliorer les performances des élèves […] L’article 34 peut être l’occasion d’assouplir les grilles horaires des enseignements de manière à favoriser un enseignement pluridisciplinaire et à renforcer le soutien aux élèves qui en ont besoin".


2. Une polyvalence d’équipe et une cohérence pour l’élève

On entend : "Ils nous en rajoutent tous les jours : les Tice, les langues vivantes, la sécurité routière … On est dépassé ! » « On nous demande non seulement d’enseigner mais d’éduquer !". Devant la complexité des savoirs et la multiplicité des disciplines, il ne s’agit ni de surajouter des savoirs, ni de multiplier des dispositifs ou l’épuisement guette ! Ce n’est pas faire plus, mais faire autrement en s’appuyant sur son expérience. C’est approcher la complexité dans une organisation systémique. C’est repérer les transversalités et les incidences d’une discipline sur une autre ; trouver des ressources matérielles : s’aider d’outils existants sans tout inventer ; s’appuyer sur des ressources humaines : travail d’équipe et partenariat ; développer des compétences à mettre au service des autres…

Lorsque plusieurs adultes interviennent dans une classe du fait de leur expertise (l’enseignant habilité en langue, l’enseignant ASH, l’intervenant en EPS…), il s’agit de veiller à éviter une somme de "monovalences" mais de construire une polyvalence d’équipe pour que les apprentissages aient un sens pour les élèves et qu’aucune discipline ne soit négligée.
Polyvalence des maîtres du premier degré : le grand écart.

A lire aussi sur sitEColes :
- Dossier : Intervenants extérieurs
- Travailler en partenariat à l'école autour des élèves à besoins particuliers
- Réflexion de travail concernant les mi-temps.

3. Se former : une réflexion d’équipe

Les compétences collectives ne sont pas la somme des compétences individuelles. Il s’agit, à partir des compétences nécessaires à l’école d’aujourd’hui, de bâtir un plan de formation d’école (ou de réseaux d’écoles).
Un plan de formation qui articule compétences individuelles et collectives.

Mutualiser pour inviter à poser un regard sur différentes conceptions du métier, sur d’autres manières de faire et d’être, pour inciter ainsi à la créativité dans toutes les disciplines. C’est une proposition faite par la DDEC de Soissons. Pourquoi ne pas s’inspirer de cette démarche dans son école ou dans un réseau d’écoles ?
Tous actifs, tous cré-actifs.

4. Travailler en équipe, en savoir plus sur le comment…

C’est autour de projets que se fédère une équipe.
Dossier : Du neuf pour neuf projets.
Les temps de concertation sont des temps privilégiés pour un travail d’équipe.
Dossier : Equipe pédagogique et concertation.

5 . Les pratiques enseignantes de travail partagées : état de la recherche

Au cours du colloque "Actualité de la recherche en éducation et formation" (Strasbourg, août 2007), le groupe de recherche du réseau OPEN a organisé un symposium intitulé "Les pratiques enseignantes du travail partagé : contribution à la structuration d’un nouveau champ de recherche" .
Une définition de la notion de travail partagé avait été posée au préalable : "Il s’agit des différentes formes de travail enseignant faisant intervenir conjointement plusieurs adultes (autres enseignants, différents acteurs de l’établissement, partenaires divers, y compris les parents d’élèves). Il s’agira bien entendu d’étudier les pratiques enseignantes de travail partagé tout en gardant à l’esprit la spécificité du travail enseignant (les pratiques d’enseignement) et la finalité des ses pratiques, à savoir les résultats d’apprentissage des élèves.
Les contributions à ce symposium ont permis d’aborder les questions suivantes :
- Comment se construisent les pratiques enseignantes ?
- Comment les situations d’enseignement sont-elles influencées par ce qui se passe à l’échelle des systèmes et des établissements scolaires ?
- Quelles sont les médiations entre enseignants et politiques éducatives ?

Pour en savoir plus :
René Amigues, Gilles Lataillade. Le "travail partagé" des enseignants : rôle des prescriptions et dynamique de l’activité enseignante.
Marie-Hélène Bouillier, Nina Asloum. Pratiques collectives d’enseignants engagés dans une formation interdisciplinaire.

 

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