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Connaître les fêtes chrétiennes

Temps de lecture : 51 minutes
Connaître les fêtes chrétiennes

L'essentiel des fêtes chrétiennes pour aider les élèves à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent.

Introduction du Père Joseph Decoopman

Même si ce qu’on appelle, de façon un peu courte, “ la pratique religieuse ” connaît une certaine désaffectation, même si la vie de la société est de plus en plus scandée par le commerce et les loisirs, les fêtes chrétiennes sont toujours très présentes. Elles influencent, pour une part encore significative, le calendrier scolaire. Elles portent des traces nombreuses dans notre vocabulaire, dans la vie de nos cités et de beaucoup de familles, et même dans les programmes télévisés.

Le sens profond de ces fêtes échappe à la plupart de nos élèves. Il est donc important d’en rappeler l’essentiel en termes simples, sans négliger parfois l’apport de certaines coutumes populaires.

Cultiver la mémoire d’un peuple, comme celle d’une nation d’ailleurs, c’est mieux se connaître, c’est éduquer au respect.

La connaissance et la célébration des fêtes chrétiennes
Introduction du Père Bernard Dame

Lors d’une conversation entre Jésus et ses disciples, telle que nous la transmettent les Évangiles, Jésus pose une double interrogation sur son identité. La première, sous une forme impersonnelle — “ Que dit-on que je suis ? ” ; la seconde, sous une forme personnelle — “ Et vous, qui dites-vous que je suis ? ”, Matthieu, 16.

Le pronom impersonnel “ on ” caractérise la rumeur, les foules, et peut-être une certaine forme de savoir : “ On dit que… Le programme dit que… La science dit que... ” L’Esprit analyse et critique cet emploi du “ on ”. Ainsi, un programme d’une discipline d’enseignement est élaboré pour un temps donné, en fonction de priorités établies par des personnes qui ont reçu la charge de constituer ce programme. Ainsi, un programme est-il compris, interprété par chaque enseignant en fonction de sa liberté pédagogique et du respect de ses obligations envers l’État qui le salarie. Une réflexion similaire donnerait des limites à la signification du mot “ science ” : science constituée, transmise, acquise... L’emploi du pronom impersonnel désigne donc beaucoup d’individus.

Le passage des pronoms “ que, on ” aux pronoms “ qui, vous ”, implique une proposition : celle d’un engagement, d’un jugement et d’un choix. Une proposition a un aspect de liberté, de libre adhésion que ne présente pas une imposition. Une proposition a un aspect de logique : c’est vrai ou exclusivement c’est faux. Les critères d’affirmation “ oui-non, vrai-faux ” relèvent ici des critères d’identité. Où habites-tu ?

Où habite Simon qui répond “ Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ” ? Simon habite une culture, une religion qui est dans l’attente de l’envoyé de Dieu, qui est croyance, confiance, foi en la présence agissante de Dieu, en ses “ hauts faits ” qui sont, dans la religion juive, la libération d’Égypte, l’entrée dans une histoire. Si la réponse de Simon s’enracine dans cette culture et cette religion, elle est cependant la réponse de Simon, de son jugement et de son choix.
Mais Jésus propose d’aller plus loin. Il répond à Pierre : “ Ce n’est pas de toi-même que tu dis cela ; mais c’est mon Père qui te l’a révélé. ” Et il ajoute : “ Sur toi, je fonderai l’Église. ” Quelle est cette révélation donnée à Pierre, quelle est cette mission confiée à Simon-Pierre ? La réponse de Simon-Pierre s’enracine donc dans une culture, elle est celle de son jugement et de son choix, elle est la conséquence d’une révélation, d’une action particulière du Père de Jésus. Cette réponse est à la convergence de trois actions : l’humus de la culture, l’engagement de Simon-Pierre, la prévenance du Père.

L’éducateur est invité à faire sienne l’articulation de ces trois actions. L’un se situera davantage au plan de la culture : “ On dit que les fêtes chrétiennes sont... ”, “ Pour les chrétiens, les fêtes chrétiennes célèbrent “le mystère du Christ”. ” Un autre se situera davantage au plan de la sollicitation de l’engagement. Un troisième se situera davantage au plan de l’écoute : quel est le désir de Dieu ? La dynamique du projet éducatif suppose, pour se réaliser, que cette articulation fasse l’objet de débats, d’échanges, de confrontations. Un lieu privilégié de ces échanges est le conseil d’établissement, une réunion de l’équipe d’animation pastorale, une réunion de Codiec, une réunion d’équipe diocésaine...

Connaître les fêtes chrétiennes
Toutes les civilisations ont eu, ou ont toujours, leur calendrier. Le calendrier donne des repères ; il permet de prendre conscience d’une succession du temps qu’on vit ensemble. Les fêtes rappellent aux individus leur ancrage dans une société. Pour rester dans le cercle de la culture chrétienne qui nous occupe, les fêtes, longtemps, n’avaient pas besoin d’être rappelées ni expliquées. Simplement, on les attendait et on les vivait.
Il n’en va plus de même aujourd’hui pour beaucoup d’enfants. La société s’est émiettée, nombre de fêtes chrétiennes ne sont vécues que sur la route, en voiture. On remarque que les gens, de plus en plus, avant le jour de Noël, disent simplement “ Bonnes fêtes ” au pluriel, et peut-être les professeurs, seulement “ Bonnes vacances ”. Il y a autre chose à dire dans une école catholique. À cela s’ajoute que d’autres traditions religieuses se sont récemment mêlées à la nôtre et, si nous n’en parlons pas, ce qu’on peut appeler les repères premiers d’une culture chrétienne peuvent être perdus.
Ce rappel reste facile encore, mais il est nécessaire. Il est facile parce que nombre de fêtes chrétiennes sont évoquées par les vitrines du commerce — Noël par exemple — ou marquées par un jour de congé — jeudi de l’Ascension, lundi de Pâques ou de la Pentecôte. Mais le sens qui relie à une culture religieuse et chrétienne est déjà souvent perdu.
Il faut donc le rappeler, et ce rappel peut être l’affaire d’une équipe de professeurs, puisque tous sont touchés, au moins par le fait des congés. Il y a là un niveau élémentaire de toute culture chrétienne qui précède, dans l’expérience ordinaire, une parole sur la valeur littéraire de la Bible ou sur la beauté des cathédrales.
Or on peut proposer à tous les professeurs d’en prendre conscience et de trouver le mot ou le petit espace de temps qui situeront l’importance de ces jours.

Quelles fêtes retenir, au moins dans un premier temps ?
Noël, certainement, qui est la fête la plus connue, mais celle aussi qui s’accompagne le plus de dérives d’ignorance ou de banalisation. Il faut, au moins, rappeler que le mot veut dire naissance. Il faut aussi prononcer le mot d’Avent. C’est d’autant plus facile que la préparation commerciale de Noël s’étale partout. Mais on peut dire aussi qu’il y a une préparation religieuse et intérieure. Peut-on aller jusqu’à dire qu’il y a une année liturgique qui commence justement à ce moment-là ? Et que le début d’une année religieuse a un sens humain ?
Il y a Pâques aussi qui est en danger de tomber dans l’ignorance religieuse et de devenir seulement un “ long week-end ”. Les racines chrétiennes de cette fête ont déjà disparu dans beaucoup de familles dont les enfants sont pourtant dans l’enseignement catholique. Beaucoup d’enfants et de jeunes ignorent l’existence d’un jour qui s’appelle le Vendredi saint et qui est devenu, certaines années, un jour de classe exactement comme les autres.
Que dire de l’Ascension et de la Pentecôte, qu’on mentionne de toute façon puisqu’il y a un jour de congé supplémentaire ? Mais c’est encore un “ pont ” ou “ un long week-end ”...
Le Carême, inséparable de Pâques, doit aussi être souligné. Ses références sont nombreuses dans les textes de notre littérature et il fait partie de notre héritage simplement humain. C’est sans doute plus difficile pour la Toussaint où plusieurs thèmes se mêlent, mais on peut y réfléchir.
Faut-il parler aussi des fêtes juives et des fêtes musulmanes ? S’il y a des élèves juifs ou musulmans dans la classe, certainement. Il est utile que les élèves chrétiens, agnostiques ou athées sachent que d’autres jeunes de leur âge ont aussi leurs fêtes religieuses. Deux d’entre elles ont une importance particulière : le Nouvel An juif, suivi de la fête du Pardon, et le Ramadan des musulmans. Il faut en connaître les dates et que les intéressés puissent en dire quelques mots, s’ils le jugent bon.

Faut-il prévoir pour tout cela un guide et sous quelle forme ? Il existe beaucoup de plaquettes de la catéchèse, mais peut-être que l’initiation proposée ici requiert une présentation très brève et différente de celle de la catéchèse.

La Toussaint
Le mot veut dire “ Tous les saints ”. Le 1er novembre, l’Église catholique rassemble dans une même fête tous les saints, ceux qui ont leur nom au calendrier, mais aussi les anonymes dont on ne connaît pas l’histoire. Dans la pensée chrétienne, en effet, la sainteté n’est pas d’abord la récompense d’une vie connue et exemplaire. C’est une réalité spirituelle (et divine) où l’on entre directement le jour de son baptême.
La fête de la Toussaint exprime la certitude que la vie humaine ne s’arrête pas à la mort, mais qu’elle s’épanouit en une vie éternelle. Cette vie éternelle donne toute sa valeur à ce qu’il y a de plus personnel en chacun. La Toussaint est donc une fête d’espérance, de paix et de joie. Ce sont les sentiments exprimés par les lectures et les chants de ce jour.
Au Moyen Âge, on a ajouté, le lendemain, le souvenir de tous les défunts, c’est-à-dire ceux qui ont simplement accompli leur vie terrestre. C’est le sens étymologique du mot défunt. L’aspect est moins théologique et plus humain, puisque c’est le souvenir qui est proposé en même temps que la prière, et que le souvenir est un sentiment humain. Ce n’est pas une fête des morts comme il y en a dans les civilisations païennes (Halloween, par exemple) où l’on cherche à chasser la pensée de la mort en s’en moquant. C’est le souvenir de ceux qui ont terminé la première partie de leur vie (les défunts). Dans les siècles plus récents, cela s’est exprimé par la visite des cimetières où l’on apporte des fleurs, signes de vie.

A lire sur sitEColes le dossier : Toussaint.

L’Avent
Quatre semaines pour préparer la fête de Noël.
À l’église, les ornements sont violets, une couleur qui évoque la nuit en attendant la lumière du Christ. On lit des passages très poétiques des prophètes de l’Ancien Testament, surtout du prophète Isaïe. Ces pages de la Bible expriment une attente de la lumière, de la joie et de la paix. C’est le temps de comprendre que la venue du Christ a été préparée par la longue histoire de l’Ancien Testament.
On matérialise souvent cette progression vers la lumière de Noël par une couronne de quatre bougies, qu’on allume au fur et à mesure des semaines. Cette coutume de la couronne de l’Avent vient d’Allemagne. La dernière semaine de l’Avent coïncide souvent avec la fête juive des Lumières.
Quant aux guirlandes que l’on tend à travers les rues de nos villes, même si elles n’ont rien de religieux, ne les négligeons pas pour autant : elles témoignent de l’attente d’une fête. L’attention du chrétien, qui peut apprécier ces signes, doit aller à la préparation du cœur.

A lire sur sitEColes : Dossier : Noël et Epiphanie .

Noël
Le mot est l’abréviation d’un mot latin qui veut dire naissance. On dit aussi la fête de la Nativité. C’est la fête de la naissance de Jésus. Selon deux des quatre Évangiles, l’enfant est né à Bethléem en Judée dans un cadre historique connu, la société juive sous l’Empire romain. Il y a une petite incertitude sur la date à cause de certaines approximations qui étaient fréquentes dans les calendriers anciens, mais c’était au temps de l’empereur romain, Auguste, dans le pays des Juifs.
L’enfant est né pauvrement dans un lieu réservé aux animaux, et couché dans leur mangeoire parce que ses parents n’avaient pas été reçus dans la ville. On place aujourd’hui dans les églises une représentation du nouveau-né entouré de ses parents, Joseph et Marie, et de bergers venus les visiter. Cette représentation s’appelle une crèche parce que ce mot désignait autrefois la mangeoire des animaux. On actualise souvent cette représentation en y ajoutant des hommes et des femmes d’aujourd’hui dans un cadre contemporain. Les exemples les plus populaires et les plus poétiques sont les bergers et les villageois provençaux appelés santons.
On voit aussi à la crèche des personnages royaux parce que l’enfant fut visité par des étrangers que l’Évangile appelle des mages et qu’une tradition plus tardive a ensuite appelés des rois.
L’événement qui est fêté à Noël est essentiel au contenu de la foi chrétienne. Dieu s’est approché de l’humanité en un moment du temps, jusqu’à se faire homme en commençant par naître petit enfant. Le chrétien croit qu’à partir de ce point historique, une vie spirituelle nouvelle rayonne sur toute l’histoire humaine. Nos calendriers suggèrent cela puisqu’ils tracent une limite entre les siècles avant et après Jésus-Christ. Mais cela n’est qu’un signe, approximatif d’ailleurs, d’une réalité spirituelle qui a été vécue avant même l’établissement de nos calendriers.
Parce que cette fête a été vite très populaire, elle a amené de multiples illustrations de l’art, dans la musique, la peinture et la sculpture.
Elle a amalgamé aussi des coutumes des anciennes religions païennes de l’Europe : peut-être le rapprochement avec le solstice d’hiver ou encore le sapin orné de guirlandes et de lumières.
Et il y a les manifestations lumineuses très laïcisées de nos villes, qui disent tout de même à leur façon qu’un signe de fête est donné à l’humanité.
Le chrétien se sent invité à la paix, à la réconciliation, à l’attention à ceux qui sont petits et pauvres.

A lire sur sitEColes : Dossier : Vers Noël.

L’Épiphanie
Le mot veut dire manifestation. L’Épiphanie est un autre regard sur la fête de Noël. Il y a la naissance de l’enfant qui est l’entrée de Dieu dans l’histoire de l’humanité, et il y a la manifestation de cette naissance à l’humanité tout entière avec sa diversité. Cela est signifié par la visite à Jésus enfant, d’hommes venus de loin, qui avaient d’autres croyances et que l’Évangile appelle des mages. On désignait ainsi les hommes religieux de la Perse. Ils n’ont pas reçu la tradition juive de l’Ancien Testament, ils sont donc de ceux qu’on appelait en ce temps-là des païens, et pourtant ils font un acte de foi total au christ. Cet acte de foi est signifié symboliquement par les cadeaux qu’ils apportent et que désigne l’Évangile. L’or est le cadeau royal pour celui que l’Ancien Testament désignait comme le Roi-Messie. L’encens est pour Dieu. La myrrhe, un parfum qu’on utilisait, parmi d’autres destinations, dans l’ensevelissement des morts, pour celui qui a donné sa vie.
L’Épiphanie invite donc à avoir une pensée pour la diversité des peuples appelés à être unis dans la connaissance de Dieu.
Dans l’Église orthodoxe, cette manifestation du Christ aux mages qui représentent tous les peuples, est confondue avec cette autre manifestation du Christ quand il fut baptisé dans le Jourdain. En Russie et en Grèce, cette fête dépasse en importance la fête de Noël.
L’Épiphanie est célébrée le deuxième dimanche après la fête de Noël. Le folklore a aussi accompagné l’Épiphanie. Puisque les mages venus au berceau de l’enfant furent aussi appelés des rois, on tire au sort un roi. On le fait autour d’une table où l’on mange, signe de convivialité. On mange la galette ronde et dorée comme le soleil qui donne la lumière.

A lire sur sitEColes : Dossier : Epiphanie.

La Chandeleur
C’est une fête chrétienne qui rappelle que Jésus enfant fut amené par ses parents dans le Temple de Jérusalem pour y être offert à Dieu. C’était quarante jours après sa naissance, et cette fête se situe le 2 février.
Le nom officiel est la “ Présentation de Jésus au Temple ”. On l’appelle ordinairement “ Chandeleur ”, d’un mot qui évoque la lumière, les chandelles étant l’ancien nom des bougies. En effet, l’enfant, à son entrée dans le Temple, fut salué par le vieillard Siméon qui a prophétisé qu’il serait une lumière pour tous les peuples. Dans beaucoup d’églises, ce jour-là, on bénit les cierges.
La tradition des crêpes vient sans doute du temps où l’on se réunissait pour une veillée autour de l’âtre. On y préparait des crêpes qu’on mettait sur le feu dans des poêles à long manche, difficiles à manier. De là vient certainement le concours où l’on s’essaie à retourner une crêpe en tenant la poêle d’une seule main.
Voilà qui nous rappelle encore une fois que beaucoup de traditions, même culinaires, ont eu, à leur origine, une fête religieuse.

A lire sur sitEColes : Dossier : Chandeleur.

Le Carême
Est-ce une fête ? Oui et non. Il y en a qui le voit triste, et alors ce n’est pas une fête. Mais c’est aussi un temps où, dans toutes les églises, on propose des activités à faire ensemble, et cela est au moins un signe de fête.
Il dure six semaines et demie, quarante jours en tenant compte des dimanches. Durant ce temps, les chrétiens sont invités à revivifier leur foi pour la proclamer en toute vérité à Pâques. Le Carême est prévu comme une orientation vers Pâques, et cela détermine sa date, dans les mois de février et de mars.
Trois types d’actions sont proposés.
° Un effort sur soi pour rendre plus ferme sa volonté. Cela peut aller jusqu’au jeûne chez ceux qui le peuvent. En fait, il est proposé à chacun de choisir cet effort selon son âge et selon ses forces.
° Des temps de prière et de formation intellectuelle de la foi par la lecture de la Bible. Le livre de l’Exode qui rappelle la longue route du peuple.hébreu dans le désert, le don des Commandements au Sinaï, est tout à fait indiqué pour le temps du Carême. Ou l’Évangile de saint Jean qui fait suivre les routes de Jésus.
° Des actes de partage pour soutenir les plus démunis, ceux de la proximité ou ceux des autres continents. Les propositions faites ont souvent la forme de campagnes auxquelles on participe ensemble. Certains groupes de jeunes y manifestent beaucoup d’invention.
Le Carême commence le Mercredi des Cendres qui est indiqué sur la plupart des calendriers. On y reçoit, sur la main ou sur le front, la marque de cendres qui évoquent, entre autres significations, le déchet qu’il faut évacuer de sa vie et qui peut occuper trop de place si on n’y prend pas garde. Ce jour-là, l’Église impose à ceux qui le peuvent, un jeûne de nourriture.
À l’église, les ornements de la liturgie sont violets, couleur de la nuit, puisque c’est un temps de recherche en attendant la lumière de Pâques.

A lire sur sitEColes : Dossier : Le Carême, en route vers Pâques.

Pâques
C’est à la fois une fête juive et une fête chrétienne.
Les Juifs rappellent à Pâques comment leur peuple a été libéré d’un dur esclavage en Égypte. Ce souvenir lointain est actualisé chaque année, en ce sens que chaque juif est invité à se reposer la question de sa liberté. Ils le font en famille autour d’un repas du soir.
Les chrétiens rappellent la mort et la résurrection de Jésus au moment où lui-même célébrait la fête juive de Pâques. Cette mémoire est actualisée, en ce sens que chaque chrétien croyant est invité à renouveler sa foi à Jésus le Christ et à son enseignement.
Dans les deux religions, la juive et la chrétienne, cette fête a une place tout à fait centrale.
Aux chrétiens, elle rappelle que la mort n’est pas la fin de l’homme, mais qu’une résurrection, semblable à celle de Jésus, est le point d’arrivée de toute vie humaine. En outre, Jésus ayant particulièrement affirmé à ce moment qu’il a donné sa vie, le chrétien est invité à se demander dans quelle mesure sa vie est un service.
La fête chrétienne de Pâques tombe un dimanche, mais elle est précédée de trois jours qui en font déjà partie.
Jésus, dans cet espace de trois jours, a rassemblé ses disciples pour entendre son dernier message au cours du repas juif de Pâques ; il a été condamné et maltraité ; il est mort ; il a été mis au tombeau et il est ressuscité. La foi chrétienne dit que cet enchaînement d’événements donne le sens de toute vie humaine. Célébrer la fête amène donc à participer durant ces trois jours au rappel de ces événements dans leur unité, même si on distingue des moments successifs.
- Dans la soirée du jeudi, le dernier repas de Jésus avec ses disciples et son dernier message. C’est le Jeudi saint.
- Dans l’après-midi du vendredi, la souffrance et la mort de Jésus. On lit ce qu’on appelle le récit de sa Passion, raconté par l’Évangile de saint Jean. C’est le Vendredi saint.
- Dans la nuit du samedi au dimanche, c’est la fête de la résurrection de Jésus. Il est la Lumière (on bénit la flamme). Il est la Vie (on bénit l’eau du baptême). Il est nourriture, la célébration comprend normalement la communion eucharistique. C’est la Veillée pascale (ou Vigile de Pâques).
Le dimanche est une reprise de tous ces thèmes.
Il faut donc se souvenir que Pâques n’est pas seulement une date de dimanche, mais aussi une façon de revivre, durant trois jours, sa foi au Christ.
La fête de Pâques ne tombe pas chaque année à la même date parce que, comme la fête juive, elle dépend d’un calendrier qui suit les phases de la lune et ne coïncide pas avec le calendrier scolaire qui est le calendrier commun. Pâques se place toujours au moment de la pleine lune.
La célébration populaire de Pâques, au cours des siècles de l’histoire chrétienne, s’est enrichie d’un certain nombre de signes qu’on voit aujourd’hui sur les étalages commerciaux :
- l’agneau, souvenir du sacrifice de l’agneau pascal qu’on faisait au temple de Jérusalem ;
- les cloches, qui sont le signe joyeux d’une bonne nouvelle ;
- l’œuf, parce qu’il est signe de vie et que Pâques est la fête du triomphe de la vie sur la mort.

A lire sur sitEColes : Dossier : Le Carême, en route vers Pâques.

Le temps des congés : l’Ascension et la Pentecôte
On parle du “ pont de l’Ascension ”, du “ long week- end de la Pentecôte ”. Dans un souci d’aller jusqu’aux racines de notre calendrier, nous devons nous souvenir que ces noms désignent des fêtes de la tradition chrétienne.
Ces deux fêtes sont étroitement liées au contenu de la foi. Il y a eu le moment où Jésus était vu par les yeux humains de ses contemporains ; il y a le moment où il est cru (sans voir) par ses disciples et par ceux qui sont venus après. Ces deux fêtes désignent le passage d’une situation à l’autre.

L’Ascension
Le mot et la fête sont liés à une parole de l’Écriture : “ Les disciples le virent s’élever et disparaître à leur yeux dans une nuée. ” Les chrétiens laissent à ces paroles leur mystère qui ne peut être représenté, mais ils croient que Jésus a rejoint sa réalité de Dieu qui est invisible. Les images qu’en ont données les peintres, et qui sont souvent très belles, ne sont que des images.
L’Ascension est toujours située un jeudi, quarante jours après Pâques. C’était, dans la Bible, la durée d’une transformation, la durée qui était nécessaire pour que les esprits des disciples soient détachés de ce qu’ils avaient connu avant.
Le jour est resté férié dans notre société laïque française, pour que puisse être célébrée une fête chrétienne jugée importante.

A lire sur sitEColes : Dossier : L'Ascension.

La Pentecôte
Le mot, en grec qui fut la langue des premiers chrétiens, veut dire cinquante. Cinquante jours après Pâques.
Les disciples de Jésus, appelés les Apôtres, c’est-à-dire ceux qui sont envoyés pour dire ce qu’ils ont appris, sont restés quelques jours à Jérusalem, dans le lieu où Jésus ressuscité leur était apparu et qu’on appelle le Cénacle, c’est-à-dire la pièce la plus intérieure de la maison. Le jour de la fête juive de la Pentecôte, ils ont reçu l’impulsion d’une vie nouvelle donnée par le Souffle de Dieu, l’Esprit- Saint.
L’événement fut pour eux “ visualisé ” par le souffle d’un vent violent et par des flammes de feu. Ces deux images signifient toujours la présence de l’Esprit-Saint, et l’on voit toujours des flammes dans les représentations que les peintres ont créées.
Ils furent alors remplis de courage et d’initiative et ils commencèrent d’annoncer ce qui était arrivé à Jésus et ce qu’il avait enseigné. En signe d’universalité, l’Écriture ajoute que ceux qui étaient là, et qui étaient de cultures diverses, les comprenaient chacun dans leur propre langue.
La Pentecôte était déjà et est encore une fête juive, appelée la fête des Semaines, sept semaines après Pâques. Elle rappelle l’enseignement donné par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï. Les deux fêtes, la juive et la chrétienne, sont évidemment liées, et pas seulement par une coïncidence de date. Dans l’un et l’autre cas, il s’agit de la Parole de Dieu reçue et agissante dans des consciences humaines.
À l’église, la couleur liturgique est le rouge, la couleur du feu. À cette fête sont rattachés les sacrements du baptême et de la confirmation, comme ils le sont aussi à la fête de Pâques, les deux fêtes étant complémentaires l’une de l’autre.
À cause de l’importance de cette fête dans l’histoire chrétienne, on y a joint un jour de congé le lendemain, et cette pratique s’est conservée jusqu’à aujourd’hui.

A lire sur sitEColes : Dossier : la Pentecôte.

 

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