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Les catholiques français, qui sont-ils ?

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Les catholiques français, qui sont-ils ?

51% de Français se déclarent catholiques, mais qui sont-ils et en quoi croient-ils ? Résultats d’un sondage du Monde des religions de janvier 2007.

En janvier dernier « Le Monde des religions » a publié un sondage mené sur les 51% de Français qui se déclarent catholiques. Il nous a semblé intéressant d’y faire écho dans ce numéro de « Sklerijenn » en choisissant un certain nombre d’extraits du dossier.
Frédéric Lenoir, dans son éditorial, fait remarquer combien les fidèles sont éloignés du dogme. Non seulement un catholique sur deux ne croit pas ou doute de l’existence de Dieu, mais parmi ceux qui affirment croire, seulement 18% croient en un Dieu personnel (ce qui est pourtant un des fondements du christianisme), tandis que 79% croient en une force et une énergie. La distance avec l’institution est encore plus grande lorsqu’il s’agit de questions liées à la morale ou à la discipline : 81% sont favorables au mariage des prêtres et 79% à l’ordination des femmes. Seulement 7% considèrent que la religion catholique est la seule religion vraie. Le magistère de l’Eglise a donc perdu presque toute autorité sur ses fidèles. Pourtant, ils sont 76% à avoir une bonne opinion de l’Eglise et 71% du pape Benoît XVI. Ce paradoxe, très intéressant, montre que les catholiques français qui sont en passe de devenir une minorité dans la population – et qui certainement se perçoivent déjà comme tels – épousent les valeurs dominantes de nos sociétés modernes profondément laïcisées, mais restent attachés, comme toute minorité, à leur lieu d’identification communautaire : l’Eglise et son principal symbole, le pape.

La célébration de la messe occupe une place centrale dans la vie de l’Eglise, elle est ce qui constitue les fidèles comme communauté. Pourtant, la dissociation entre la pratique et l’appartenance est grande :
- 52% des catholiques ne mettent jamais les pieds à l’église ou alors seulement pour des cérémonies telles baptêmes, mariages ou funérailles.
- 31% y vont occasionnellement.
- 17% y vont régulièrement (au moins une ou deux fois par mois).

La pratique habituelle de la prière (au moins une fois par semaine : 25%) est plus de trois fois supérieure à la fréquentation habituelle de l’église (toutes les semaines ou plus : 8%). A l’autre extrême, seulement 30% des catholiques ne prient jamais.
La prière occupe donc une place assez importante : pendant la messe, en plus de la messe… ou pour la remplacer.

Recevoir et transmettre
Presque tous ceux qui se déclarent catholiques ont reçu cet héritage, les conversions sont rares. Mais tous vont-ils transmettre ?
A la question « Est-il important que les (vos) enfants reçoivent une formation religieuse ? » 33% répond par la négative. Cependant 65% pensent qu’il faut passer le relais d’une génération à l’autre.

La culture religieuse, ce qui reste quand on a tout oublié ?
La culture religieuse, c’est à la fois des objets, des textes et une mémoire. Les objets les plus répandus sont le crucifix ou la statue de la Vierge, présents chez deux catholiques sur trois (62%).
Le texte le plus essentiel est bien sûr la Bible : un catholique sur deux seulement (48%) en dispose à son domicile. Mais posséder n’est pas lire. D’autres enquêtes montrent qu’il en est parfois de la Bible comme des encyclopédies : on se rassure en ayant à portée de main une source de connaissances ou de sagesse à laquelle il est toujours possible de recourir au cas où. Ce qui dispense parfois de l’ouvrir.
Et la mémoire ? Surprise du sondage, la très grande majorité des catholiques affirme connaître par cœur et en entier le Je vous salue Marie (81%) et le Notre Père (88%), alors qu’une partie importante d’entre eux ne pratique pas et n’a donc plus l’occasion de réviser ses classiques à l’église le dimanche. Il existe une incontestable rémanence des apprentissages de l’enfance, même si certains s’illusionnent sans doute un peu sur leur capacité à restituer tout le texte sans se tromper. D’où l’idée de faire un petit « contrôle des connaissances » sur un point précis, pour voir, en leur demandant quelle fête correspond à la descente de l’Esprit sur les apôtres. L’enquête proposait quatre réponses : la Pentecôte, l’Ascension, l’Assomption et Pâques. Le tiers seulement (33%) donne la bonne réponse, un nombre presque équivalent ne se risque pas, dans le doute, à choisir une réponse (28%) et les autres (39%) se trompent. On peut faire l’hypothèse que la nature de cette méconnaissance change au fil des générations : on passe sans doute d’une situation dominante d’oubli chez les plus âgés et une situation d’ignorance chez les plus jeunes.

Là où ce sondage nous a le plus intéressé, c’est quand il aborde les croyances : un catholique sur deux seulement croit en Dieu (52%), mais cela ne revient pas à dire qu’un catholique sur deux n’y croit pas ; ce qui s’oppose à la croyance, c’est plus souvent l’incertitude, le doute (31%) que la certitude négative (17%).
Plus étonnante encore est la définition de Dieu dans laquelle se reconnaissent les croyants : confrontés à deux formulations, l’une empruntée explicitement à la théologie chrétienne (« Un Dieu avec qui je peux être en relation personnelle »), l’autre évasive, plus proche d’un vocabulaire new âge ou orientalisant (« Une force, une énergie, un esprit »), ils sont près de 86% à choisir la seconde. Ce choix marque un retrait par rapport à la conception catholique centrée sur la relation de l’homme à Dieu et sur l’incarnation de Dieu fait homme.
Autre décalage sensible avec l’enseignement de l’Eglise : la conception de la vie après la mort. Les trois quarts des catholiques (74%) pensent que la mort n’est pas l’étape ultime de l’existence humaine. Mais ensuite, il règne une confusion certaine entre le vague et le précis puisque la majorité dit ; « Il y a quelque chose, mais je ne sais pas quoi » (53%). Et parmi ceux qui ont une idée précise, une confusion entre la représentation chrétienne de la résurrection des morts (10%) et une représentation d’emprunts, la réincarnation sur terre dans une autre vie (8%) qui arrive presque à égalité. Certes, s’il est un domaine où l’incertitude peut légitimement régner, c’est bien celui-ci. Reste que l’enseignement de l’Eglise, qui est sans ambiguïté ne s’impose plus.

Enfin le sondage passe en revue une série de croyances.
- La certitude fondatrice du christianisme, la Résurrection du Christ, est attestée par 58% de
ceux qui se déclarent catholiques.
- La représentation de la Trinité est moins partagée : 37%.
- La virginité de Marie reste largement contestée : 4 catholiques sur 10 y croient, mais 6 sur
10 n’y croient pas.
- Quant au diable, il ne fait plus recette (33%).
- C’est finalement l’existence des miracles qui recueille le plus d’adhésion (64%), sans que l’on puisse savoir si les personnes interrogées font référence aux miracles de l’Evangile ou à des miracles plus contemporains.

Pour terminer, signalons l’esprit d’ouverture de ceux qui se disent catholiques aujourd’hui, ils sont très largement favorables au dialogue de l’Eglise avec les autres religions : 23% le considèrent même comme une priorité et 57% comme important.

 

 

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