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La question du partenariat

Temps de lecture : 13 minutes
La question du partenariat

Conditions de réussite des partenariats dans le cadre de la scolarisation des élèves handicapés.



Lorsqu’un élève rencontre des difficultés à l’école de façon importante et récurrente la question des aides à apporter se pose. Ces aides peuvent être proposées dans le cadre de la classe, avec l’appui du cycle et de l’équipe. Elles se formalisent dans le cadre d’un projet personnel, d’un PPRE tel que le recommandent les derniers textes qui font suite à la loi d’avril 2005 sur l’école.
L’actualité et ses questions pressantes autour de la réussite de tous, de la scolarisation des élèves handicapés, de la cohésion sociale placent le partenariat comme une modalité de travail incontournable aujourd’hui.
Ce mot presque « miracle » est pourtant apparu récemment dans notre dictionnaire, mais que recouvre t-il exactement ? Comment définir ce concept pour ne pas risquer des confusions et des amalgames pour mieux éclairer et construire les actions que nous menons au quotidien ?

Définition du concept
Les conditions de la réussite d’un partenariat
La place des parents dans le partenariat
Instituer des partenariats



Définition du concept
Ce mot, apparu récemment dans notre dictionnaire, est actuellement employé très fréquemment créant des confusions.
Au niveau étymologique, il contient une double idée : avec et contre
Du latin partitio, qui signifie PARTAGE, SEPARATION, DIVISION.
Au XVIIIe siècle, on trouve le mot anglais Partner.
Ensuite le terme est utilisé en économie (aux USA). Il s’agit de s’unir pour faire face à la concurrence. Il y a une recherche de relations humaines « horizontales » moins hiérarchiques avec des managements plus participatifs. Depuis les années 80 il est utilisé
dans les milieux sociaux, médicaux et éducatifs pour désigner les liens qui se développent entre ces milieux.
Nous pouvons proposer une première définition qui serait le fait de réunir des acteurs différents, complémentaires et égaux qui s’engagent dans une action commune négociée.
Pour cela, il y a le constat d’un problème que l’on ne peut pas résoudre seul et pour lequel des aides externes sont nécessaires. Pour résoudre ce problème, les partenaires vont définir un plan d’actions concertées dans lequel les zones d’intervention des uns et des autres seront clairement identifiées.
Parmi les critères que donnent différents auteurs, nous pouvons retenir :
- Un partenariat réunit des institutions différentes.
- Les relations sont égalitaires.
- Ces partenaires sont réunis pour une action commune concertée et définie dans le temps.
- Les modalités de travail sont connues, les rôles précisés.
- La notion de différence est donc fondamentale : appartenance à des institutions différentes, avec des références différentes, une langue spécifique (« jargon » professionnel), permettant d’avoir des points de vue différents et des angles d’action différents. C’est par cette altérité que le partenariat peut apporter des réponses.
On ne peut donc pas parler de partenariat interne, ni confondre le travail d’équipe avec du partenariat.
L’autre point fondamental est la complémentarité des compétences apportées par les partenaires qui produisent un enrichissement mutuel à condition que les domaines d’intervention soient précisés ainsi que les actions à mettre en œuvre. Le qui fait quoi ? où et quand revêt une grande importance.
Enfin la recherche de relations égalitaires et sa réalité dans le travail permettent de définir un partenariat. Si un des acteurs se positionne comme dominant, sa parole a alors plus d’importance que celle des autres. Dans ce cas, il s’agit d’un autre type de relations.

Les conditions de réussite d’un partenariat
Tout d’abord il est nécessaire de poser l’origine et le cadre du travail.
Il est important de rappeler pourquoi nous sommes appelés à travailler ensemble : l’élève qui a besoin d’approches et d’aides différentes et complémentaires. L’enfant est au centre de ce travail, pour autant il ne peut pas être l’objet que l’on se partage.
Il s’agit aussi de définir le cadre du travail : quand, comment, à quelle fréquence allons nous nous rencontrer ? Quel sera l’animateur ? Qui réalisera les comptes rendus et les enverra à l’ensemble des partenaires ?
Quelles règles de fonctionnement pouvons-nous donner pour garantir ce travail ?
Il est aussi important, afin que chacun puisse exprimer son point de vue d’apprendre à se connaître et de favoriser des relations de respect et de confiance pour le projet de l’enfant Certaines difficultés apparaissent dans le positionnement des acteurs : supériorité de l’un, langage trop technique ne permettant pas une compréhension par tous. Rappelons-nous, le partenariat est au service de l’enfant et chaque point de vue est recevable.

La place des parents dans le partenariat
Les parents sont reconnus dans tous les textes comme les premiers partenaires de l’école. Pourtant les échos des pratiques sur le terrain me font dire qu’ils ne sont pas encore de véritables acteurs dans les partenariats. En effet, quelle place accorde-t-on à leur parole ? Est-elle suspecte ou jugée trop subjective, niant les difficultés de l’enfant ?
Comment construit-on réellement avec les parents les réponses envisageables ? Comment les associe-t-on à l’évaluation des progrès de leur enfant ? Toutes ces questions méritent d’être posées afin de mettre en pratique ce qui nous est demandé : cesser de faire à la place de, dans une approche toute puissante et permettre une réelle responsabilisation des parents.
Toute rencontre avec des parents devrait permettre que ces derniers repartent en se sentant pleinement « parents » et non avec un sentiment de jugement sur leurs pratiques éducatives.

Instituer des partenariats
Les évolutions dans le domaine de la scolarisation devraient nous conduire à travailler davantage en amont cette question. En effet, actuellement, les partenariats se tissent au regard des situations d’élèves qui se présentent et demandent à chaque fois ce travail d’approche de connaissance, de reconnaissance et de confiance. Une démarche plus préventive consisterait à constituer autour de l’établissement et dans un secteur donné un réseau de partenaires potentiels. Constituer un carnet d’adresses des établissements spécialisés, des services de soins, des thérapeutes ; les rencontrer, faire part de son travail et des difficultés, découvrir leurs activités. Toutes ces démarches installent l’école dans un réseau élargi et permettent ainsi une approche qui facilite tout travail ultérieur y compris des initiatives imprévues au départ.
Les établissements spécialisés vont avoir à vivre des mutations importantes et si nous voulons œuvrer pour une réelle mise en œuvre de la loi de février 2005, nous avons à opérer des partenariats qui ne soient pas uniquement liés à des situations d’élèves particulières mais qui fédèrent des institutions différentes pour améliorer les services rendus par chacune.

Le partenariat n’est pas le mot miracle mais il contient des possibilités réelles de développement de créativité, d’innovation et de partage des compétences.
Le partenariat doit apporter quelque chose en plus à chacun des acteurs.

Pour aller plus loin dans la réflexion :

 

 

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