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Organiser les corrections en classe

Temps de lecture : 15 minutes
Organiser les corrections en classe

L’enseignant en classes élémentaires est régulièrement confronté au problème de la correction des exercices qu’il propose aux élèves. Comment faire pour que les corrections constituent un moment d’apprentissage efficace ?

S’interroger sur la correction, c’est s’intéresser à la fois aux démarches d’apprentissage, au statut de l’erreur et à l’évaluation. Le sujet est vaste, nous l’aborderons autour de quelques questions simples mais indispensables à éclaircir pour adapter les corrections au projet d’apprentissage : Pourquoi corriger ? Qu’est-ce que corriger ? Comment corriger ?

Sommaire :
1 - Pourquoi corriger ?
2 - Qu’est-ce que corriger ?
3 - Comment corriger ?


1 - Pourquoi corriger ?

Du côté de l’élève : l’exercice de correction fait partie de l’apprentissage et doit être envisagé comme un moyen d’impliquer l’élève dans son projet d’apprentissage. Apprendre à l’élève à se corriger, c’est lui apprendre à repérer dans ses productions les réussites et les difficultés rencontrées pour l’amener à percevoir ses besoins. Pour cela il est nécessaire d’aller au-delà de l’identification des erreurs pour mener un véritable travail de compréhension et d’analyse.

Du côté de l’enseignant : les exercices réalisés par les élèves constituent pour l’enseignant des indicateurs indispensables pour repérer le niveau de construction d’une compétence : pour ajuster son action et proposer des activités différenciées, il lui est indispensable de pouvoir relever les réussites et les erreurs de ses élèves.

2 - Qu’est-ce que corriger ?

Corriger son travail c’est continuer à apprendre : la correction est donc liée à la démarche globale d’apprentissage d’une compétence. Celle-ci conditionne le choix des exercices et nécessite une réflexion sur les consignes : comment les travailler avec les élèves pour faciliter la compréhension des exercices ?

Corriger ce n’est pas uniquement vérifier l’adéquation d’une réponse à une question : la correction ne doit donc pas uniquement être centrée sur la réponse, mais proposer de revenir sur les stratégies mises en place. La correction n’est intéressante que dans la mesure où elle permet aux élèves de comprendre leurs difficultés et de construire les moyens d’y remédier. Il est donc important qu’elle les interroge.
La correction doit permettre aux élèves de s’entendre sur les réponses à apporter aux questions ou problèmes posés, d’expliquer leurs choix et de comprendre ce qui justifie « la bonne réponse ».

Corriger c’est pointer aussi bien les réussites que les erreurs : les réussites permettent de mesurer le degré de maîtrise d’une compétence et de donner confiance (« voilà ce que je sais déjà faire »), les erreurs permettent de repérer les besoins et d’associer l’élève à son parcours (« de quoi ai-je encore besoin ? »).
Corriger implique de refaire mais pas forcément à l’identique : corriger c’est revenir sur son travail mais aussi savoir refaire un exercice du même type.

Corriger c’est percevoir qu’à une question il n’y a pas toujours une réponse unique, au moins au niveau de sa formulation. La correction invite donc au partage des productions et à la confrontation des stratégies.

3 - Comment corriger ?
Cette question nécessite d’en envisager deux autres : « que corrige-t-on ? » et « quand corrige-t-on ? ». Vous trouverez ensuite quelques pistes pour organiser les corrections en classe.

Que corrige-t-on ?
On ne corrige pas de la même manière tous les exercices proposés en classe. Il est donc d’abord important de savoir ce qu’on corrige et dans quelle perspective : par exemple, l’exigence en orthographe ne sera pas la même dans un écrit finalisé que dans un brouillon. Dans chacun des domaines disciplinaires la correction s’organisera autour de critères ciblés et donnés aux élèves avant la réalisation du travail (formulation des critères de réussite).

Quand corrige-t-on ?
Il est possible de proposer la correction immédiatement après la réalisation d’un travail, elle est alors intégrée au processus d’apprentissage et sera basée sur l’échange et la confrontation des propositions des élèves. On veillera alors à la rendre dynamique en associant de façon ludique les élèves.

La correction peut aussi se faire de façon différée : soit parce que l’enseignant a choisi, au vu des réalisations des élèves, de mener au préalable une activité de remédiation ; soit parce que il a souhaité organiser la correction selon les difficultés rencontrées en proposant des groupes de besoin.

Quelques pistes pour organiser les corrections en classe :

Envisager les moyens concrets de la correction : où corrige-t-on ? (utilisation de la page de droite, de la marge… ?). Avec quel outil ? (quid de l’utilisation du crayon, du bic vert, de l’effaceur, du « blanc »… ?).

La correction collective :
Tout n’est pas à corriger collectivement et il faut se méfier des corrections collectives consistant en une reprise successive des exercices proposés. Celles-ci sont fastidieuses, peu mobilisantes et souvent peu adaptées aux élèves ayant rencontré des difficultés.
L’enseignant la choisit lorsqu’il estime que la correction est profitable à tous. Il est alors important de l’envisager de façon ludique et dynamique : imaginer une manière de revenir sur le travail sans refaire collectivement à l’identique les exercices réalisés auparavant.
Par exemple :
- faire formuler rapidement les différentes propositions et organiser un débat au cours duquel les différentes propositions sont justifiées par ceux qui les soutiennent ;
- proposer la solution et demander aux élèves de justifier en quoi elle est la bonne.
- envisager une nouvelle situation qui nécessitera pour être résolue collectivement de faire appel à ce qui aura été construit dans le travail préalable.

L’autocorrection :
Elle est pratique pour l’enseignant et permet à l’élève d’acquérir une certaine autonomie dans la gestion de son travail. Cependant elle n’est intéressante que pour certains types d’exercices d’entraînement et ne doit pas conduire à isoler l’enfant dans son travail. La dimension sociale de l’apprentissage est évidente et la correction ne peut se limiter à la comparaison entre sa propre réalisation et un modèle.
Il existe des systèmes d’autocorrection « intelligents », qui renvoient l’enfant à une recherchec, comme le « Veritech » proposé par les éditions Sed ou le « Logico » chez MDI.

La correction mutuelle :
L’intérêt de la correction mutuelle réside dans les échanges et les confrontations qu’elle permet entre 2 ou plusieurs élèves. On pourra l’organiser en binômes ou en groupes n’excédant pas 4 ou 5 enfants.
Voici quelques possibilités :
- Envisager la correction à partir d’outils liés à la discipline concernée (dictionnaires, tables…), de grilles de critères élaborées en classe au préalable, d’aides méthodologiques. Les élèves ont alors à relire le travail d’un camarade grâce à cet outil.
- A partir du rappel des règles sur lesquelles le travail portait, organiser la correction à partir de la confrontation des productions. L’enseignant passe dans les groupes pour observer les échanges, percevoir les difficultés de certains et apporter une aide éventuelle.
- Lancer la correction sans travail préalable en donnant pour consigne : « échangez vos résultats et mettez-vous d’accord sur la proposition que vous donnerez à l’ensemble de la classe ». La mise en commun permettra de mesurer la pertinence des arguments avancés par les différents groupes et de valider les stratégies les plus efficaces.
- Organiser la correction en proposant aux élèves de réunir exercices et solutions (celles-ci sont préparées préalablement par l’enseignant). La mise en commun portera sur « ce qui justifie le choix des associations réalisées ».

Les groupes de besoin
Ils permettent d’envisager la correction de manière différenciée en prenant en compte les besoins de chacun. Les groupes seront constitués à partir des difficultés repérées dans les productions des élèves.
La correction ne consistera pas à refaire les exercices, mais à revenir sur les compétences travaillées en réalisant d’autres exercices du même type. L’enseignant pourra faire le choix de travailler avec un groupe en particulier ou de passer dans les différents groupes.

 

Et pour les corrections faites par l'enseignant en dehors de la classe ?

Beaucoup de corrections sont faites par l’enseignant le midi ou le soir après la classe.
Voici quelques propositions pour rendre efficaces les corrections réalisées en-dehors de la présence des élèves :

  • utiliser un codage commun, parlant pour l’élève (lui permettant de pointer ses réussites, comprendre ses erreurs) et compréhensible par les parents ;
  • prévoir un temps en classe pour prendre connaissance de cette correction ;
  • mettre les élèves en projet : quelle sera la prochaine étape dans le processus d’apprentissage pour ceux ayant réussi, quelles seront les remédiations possibles pour ceux ayant besoin de travailler encore la notion ?


L'origine de ce document a été conçu dans le cadre du dispositif " suppl@net ", formation ouverte à distance des suppléants.

© Crédit photo Pixabay / klimkin

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