Accueil > Vie de l'Institution et de l'école > Communauté éducative et partenariat > Parents

Apel : conseils aux parents pour la scolarisation de leurs enfants de 2 ans

Temps de lecture : 12 minutes
Apel : conseils aux parents pour la scolarisation de leurs enfants de 2 ans

Des grilles de réflexion pour aider les parents à réfléchir à la scolarisation de leurs enfants de 2 ans.

Ce document est issu du dossier La maternelle en question : la scolarisation dès 2 ans et a été réalisé par : Chantal Bourmault - DDEC Le Mans, Chantal Fonteneau - DDEC Angers, Cathy Hagobian - DDEC Marseille, Bernadette Meslet - DDEC Loire Atlantique.

Plusieurs grilles de réflexion sont proposées ici pour que les parents puissent penser la scolarisation de leur enfant de 2 ans. Il n'est pas tant question d'inciter les familles à satisfaire tous les critères, mais de les aider à évaluer les besoins de leur enfant en prenant en considération l'état de son propre développement et leur situation familiale. Il paraît souhaitable qu'ils puissent réfléchir aux compromis envisageables et aux réponses possibles pour favoriser cette scolarisation précoce.

1 - Du côté de l'enfant et de la famille
L'enfant et la famille sont-ils prêts à intégrer le système scolaire ?

 

 

- L’enfant est-il capable d’une séparation d’avec ses parents ? Sait-il que cette situation de séparation est momentanée, condition pour que les relations créées avec les enfants de la classe et l’institutrice s’établissent plus facilement.
- L’enfant commence t-il à se détacher de son rôle de bébé (affectivement et matériellement : tétine, poussette, biberons, etc.) ?
- Les parents sont-ils prêts à ce que l’enfant s’investisse affectivement dans un contexte extra familial ?
- Le mode d’expression de l’enfant est-il compréhensible par les autres ? Saura-t-il adapter au mieux son mode de communication en dehors du cercle familial restreint ?
- Si la langue maternelle de l’enfant n’est pas celle parlée à l’école, maîtrise t-il suffisamment la langue utilisée à l’école (compréhension) ?
- Si l’enfant a un objet « transitionnel » (doudou), est-il capable de s’en séparer sans drame pour participer à certaines activités ? L’école l’aidera dans cet apprentissage.
- L’enfant est-il intéressé par l’école ? En parle-t-il de lui-même ?

 


Quelques données plus générales sont aussi à prendre en considération :
- Les écarts entre enfants peuvent être considérables, même au sein d'une fratrie. Ce n'est pas parce que l'aîné a été à l'école à 2 ans que le second est forcément apte à y aller.
- L'intérêt de l'enfant, son équilibre et sa santé sont des arguments à privilégier avant de considérer les aspects pratiques (mode de garde moins coûteux, rythme pour la fratrie, etc.)
- Les besoins de l'enfant sont d'ordre physiologiques, psychologiques, affectifs et sociaux. Il faut pouvoir les évaluer :
. Physiquement, l'enfant de 2 ans n'a pas forcément acquis la propreté et la parole peut encore être difficile.
. Psychologiquement, il a besoin d'une " sécurité affective " qui lui permette de structurer son intelligence, sa personnalité et son affectivité. L'enfant la trouve dans la chaleur de son environnement ainsi que dans la permanence de ses liens d'attachement.
L'école peut être un cadre structurant pour la construction de l'enfant sans remplacer la responsabilité première de la famille en la matière.

2 - Du côté de l'école
L'école est-elle adaptée pour accueillir des tout-petits ?

 

 

 

 

 

- L’enfant de 2 ans a besoin d’espace pour coordonner et développer ses mouvements, l’espace classe est-il assez grand pour que l’enfant s’y sente en sécurité ?
L’école impose t-elle à l’enfant d’être propre ?

- L’enfant pourra-t-il faire une sieste en début d’après-midi et se reposer lorsqu’il en aura besoin ?
- Les normes de sécurité sont-elles adaptées à un enfant tout petit ? (Ce ne sont pas toujours les mêmes que pour les plus grands).
- Les tout-petits vivent-ils avec les plus grands en permanence ? Les petits doivent conserver un espace de référence bien à eux.
- Y a-t-il une collation qui leur est donnée ? Est-elle diététiquement équilibrée et adaptée à leur âge ? A la cantine, l’enfant peut-il être aidé pour manger ?

 


De nombreux spécialistes s'accordent à dire que l'idée de socialiser l'enfant reste illusoire avant la section des " moyens ", car elle implique qu'un préalable soit accompli : celui de la séparation. A cet âge, la socialisation n'est qu'un lent apprentissage de quelques disciplines nécessaires à la vie collective : ne pas agresser l'autre, ne pas casser les objets… A 2 ans, les enfants ont du mal à se reconnaître comme pairs et sont très dépendants de l'adulte. L'enseignant a donc une fonction protectrice importante et parfois très lourde dans une classe hétérogène accueillant plus de 20 enfants tous demandeurs de disponibilité et d'attention particulières.
Il ne faut pas que cette scolarisation soit vécue par les familles comme une sorte d' " abri ". Elle ne doit pas non plus entraver certaines acquisitions de l'enfant (propreté ou langage, par exemple) à cause d'un trop grand nombre d'enfants dans la classe et d'enseignants et personnels de service peu disponibles. Si l'enfant venait à être fragilisé dans cette classe, alors l'effet serait alors inversé et la phobie scolaire pourrait débuter dès 2 ans.

3 - Conseils pour mieux évaluer la situation
Il est conseillé aux parents de discuter ouvertement :
- Avec le chef d'établissement pour évaluer si les structures de l'école semblent adaptées aux besoins de l'enfant de 2 ans (locaux, personnels). Prendre du temps lors de l'entretien d'accueil et de l'inscription ou solliciter un rendez-vous.
- Avec le médecin, pédiatre, puéricultrice…

Savoir que la scolarisation implique :
- D'assumer son choix et de ne pas prendre la maternelle comme une école à la carte, la halte-garderie pouvant jouer ce rôle-là.
- D'être prêt à respecter le règlement intérieur de l'établissement, l'assiduité et la ponctualité. Ce qui n'empêche pas d'établir un contrat évolutif avec l'école si l'enfant est scolarisé à mi-temps par exemple. Ceci afin que l'enfant appréhende bien ce nouveau cadre de vie et s'y sente bien.
- De maintenir tout au long de la scolarité une communication saine et privilégiée avec l'école et d'entretenir concertation et dialogue autour des questions éducatives.

4 - La décision est prise pour la scolarisation d'un enfant de 2 ans
Quelle attitude la famille doit-elle adopter ?

- Avant la rentrée, visiter l'école avec l'enfant et avoir des lectures de sensibilisation avec ses enfants
- Favoriser une rentrée à pas de velours avec des moments d'adaptation très courts qui donnent envie à l'enfant de rester plus longtemps et qui rassurent.
- Le matin, accompagner l'enfant jusqu'à la classe pour l'aider à se mettre en condition, et ainsi adoucir la séparation.
- Si les parents travaillent et qu'ils ont une solution " relais ", ils peuvent essayer de scolariser l'enfant partiellement, mais de manière régulière.
Prévoir dans tous les cas, une solution relais en cas de fatigue ou de maladie. En effet, l'école ne prend pas en charge les enfants malades.

A lire aussi sur sitEColes :
Mes années maternelles
- Dossier : Relations école famille
Ce dossier fait le point sur l'évolution des relations école-famille et propose des ressources pour accroître les liens avec les parents d'élèves.

Site à visiter : Le site de l'Apel.

 

 

 

Commentaires

Pas encore de commentaires.

Ajouter un Commentaire

* Informations obligatoires
(ne sera pas publiée)
 
Avertissez-moi des nouveaux commentaires par e-mail.
 
J'ai lu et j'accepte les conditions d'utilisation. *
 
 
Powered by Commentics