Accueil > Documents non rubriqués

L'Enfant et la mort

Temps de lecture : 60 minutes

Pour que nous, adultes, puissions parler de la mort avec les enfants, donnons-nous quelques points de repère.

Nous sommes souvent gênés pour parler de la mort avec les enfants :
Peuvent-ils concevoir le concept de la mort comme fin de la vie ? Que peuvent-ils comprendre ? Comment leur parler de la mort ?
La psychologie moderne montre que l'enfant, incapable au début de percevoir le temps comme existant par lui-même en dehors de sa personne, n'intègre que progressivement la notion d'irréversibilité des événements, en liaison avec la maîtrise du langage.
A différents stades de développement correspondrait donc un niveau d'appréhension de la durée, de la séparation et de la mort.
Par ailleurs, les apports de la psychanalyse nous enseignent que, dans chaque séparation, se rejoue pour l'enfant une expérience de l'ordre de la mort.
Pour que nous, adultes, nous puissions parler avec l'enfant, donnons-nous quelques points de repère.


I) Trois grandes étapes
II) Comment aborder la mort avec les enfants ?
III) Un enfant est capable d'entendre dire la foi en la résurrection (Agnès Auschitzka)
IV) Le sens des mots
V) Paroles de vie
VI) Dire la mort à un enfant… à partir des livres

I) Trois grandes étapes
a) Moins de cinq ans
Avant 2 ans, pour l'enfant, c'est l'incompréhension totale et une indifférence face à la mort : il a les mêmes réactions que face à une séparation ou à un abandon.
Entre 3 et 5 ans, il a une vision cyclique et interchangeable du monde. La mort n'est pas un phénomène irréversible mais plutôt une autre façon de vivre. Le mort peut donc continuer sa vie au cimetière.
Ses questions sont très pratiques : comment se débrouille-t-il pour enlever la terre de ses yeux, pour se procurer des gâteaux au chocolat ?
A ce stade, l'enfant ne peut prévoir sa propre mort car "être vieux" ne signifie rien sur le plan personnel.
Vers 5 ans, il saisit que la mort représente une séparation d'avec les autres et à la mort d'un être proche il a peur que les autres ne le quittent également. Mais comme rien n'est définitif, son anxiété est modérée.
b) Entre 6 et 8 ans
A ce stade, ce qui domine c'est la personnification de la mort. C'est l'âge du pourquoi ?
La mort peut être invisible comme un fantôme, laide comme un monstre, effrayante comme un squelette. Elle peut surgir de la nuit et emporter très loin.
L'enfant recherche à la mort une cause, qui devient intérieure. Les animaux et les gens vieillissent, ils sont défigurés, malades, ils finissent par mourir. Il croit toujours que les enfants ne meurent pas.
Faute de savoir ce que l'on devient après la mort, on note un grand intérêt pour les rites de passage hors de la vie, les cérémonies mortuaires, les funérailles d'un insecte ou d'une souris, les dessins de cercueils, de croix, de pierres tombales.
c) À partir de 9 ans
L'enfant a la connaissance du temps mesurable, la compréhension de ce qu'est le futur. Il prend conscience que la mort est inévitable. Même un enfant peut mourir. Il s'intéresse aux conditions biologiques et physiologiques de la mort, à la souffrance qui peut l'accompagner et à ce qui se passe après. Il se préoccupe du vieillissement de ses grands-parents.
A partir de 11 ans, l'idée est dépersonnifiée pour être symbolisée : il passe du mort à la mort.
Il a recours aux symboles (larmes, cœur brisé, arbre dépouillé de ses feuilles...) pour représenter les sentiments relatifs à la mort. Il a rejoint les conceptions adultes.

II) Comment aborder la mort avec les enfants ?
Qu'on le veuille ou non, l'enfant est confronté, et ceci dès son plus jeune âge, à la mort, à la finitude du monde, à sa propre fin. Il vit dans un monde où la mort est présente. Citons simplement quelques exemples qui jalonnent la vie quotidienne de l'enfant : les actualités télévisées, les feuilletons et les films à la télé, les jeux qu'il invente avec ses camarades, les événements du quotidien que sont les décès d'êtres proches, de voisins, les accidents relatés dans les journaux. Ajoutons à cela les événements qui touchent le jeune enfant dans son affectivité : les décès des animaux auxquels il est très attaché...
Devant cette réalité l'enfant se pose des questions. Il est curieux, il veut comprendre. Ce sont les pourquoi de l'enfant. Pourquoi pour les autres mais aussi pourquoi pour lui ?
Quand en parler ?
Cela ne peut se programmer. Il est nécessaire de saisir les occasions qui se présentent dans le quotidien et qui marquent l'enfant, qui l'interrogent sur ce qu'est la mort : le décès d'un animal, une mort dont tout le monde parle dans le pays... De cette façon, l'enfant découvre la mort de façon concrète. L'adulte permet à l'enfant de ne pas rester dans l'abstrait des mots. Certes il est difficile d'en parler à l'enfant. Nous sommes mal à l'aise pour lui faire découvrir cette dure réalité et pourtant l'enfant prend ainsi, petit à petit, conscience de ce qu'est la mort concrètement.
Mais il importe de ne pas en rester là et d'affronter une autre réalité bien plus difficile et devant laquelle l'adulte hésite : le décès d'un être cher. Ici ce sont les circonstances qui vont en décider mais nous devons avoir le courage d'aborder le problème lorsque l'occasion se présente.
Et enfin, il y a aussi les occasions qui rendent présente la mort dans la vie : la visite du cimetière, en particulier lors des fêtes de la Toussaint, les fêtes de la Semaine Sainte et de Pâques...
Quelle attitude adopter ?
L'attitude de l'adulte sera guidée par un souci d'accompagner l'enfant dans ces moments essentiels pour sa compréhension de la vie, de la finitude de cette vie. Et pour cela, il lui faut avant tout écouter.
* Ecouter
C'est sans doute ce qu'il y a de plus difficile. Nous voulons souvent esquiver les questions mais aussi les silences alors qu'il nous faut laisser l'enfant s'exprimer et accueillir cette expression telle qu'elle est.
Respecter le chagrin, le silence et en même temps apprendre à écouter ce que disent ces silences. Pour mieux saisir ce que la mort signifie pour eux, écoutons ce que l'enfant nous dit, regardons ce qu'il fait. Et pour cela il est indispensable que l'enfant participe à l'événement, au deuil, aux obsèques. L'éloigner de cette réalité serait une erreur. L'enfant comprend parfois mieux que certains adultes ce qui se passe. La rencontre du grand-père sur son lit de mort est une leçon pleine de richesses pour l'enfant. Mais dans ces moments l'enfant a besoin d'une personne de confiance qui lui explique, qui l'accompagne, qui reste avec lui.
* Attendre
S'il faut écouter, il faut aussi savoir attendre. Les questions que l'enfant veut nous poser viendront en leur temps. Laissons les venir en des moments et en des termes qui nous étonneront sans doute mais qui diront ce que l'enfant ressent. Les propos de l'enfant sur la mort peuvent parfois nous heurter, plus fortement lorsque nous sommes nous-mêmes concernés par cette mort. Cela nécessite de notre part une acceptation de l'expression de l'enfant : ce sont les pleurs devant le papillon mort et l'absence de réaction au décès de la grand-mère.
* Parler
Notre guide en ce domaine : "II ne s'agit pas de donner la bonne parole mais de nous interroger honnêtement avec les enfants et de partager une espérance".
* Répondre à leurs questions "non en voulant contenter sa curiosité mais en creusant en lui le désir d'accueillir dans la foi ce qui le dépasse, ce qui nous dépasse". (Pierre Talée). Il faut répondre à ses questions sans chercher à les éviter sous prétexte de conserver à l'enfant toute son innocence.

Mais notre parole doit être simple : utilisons les mots qui nous viennent, les mots vrais et non des réponses stéréotypées, toutes faites. L'enfant a besoin de recevoir des explications adaptées à son niveau de compréhension (il est avant tout l'enfant de tel ou tel âge), des réponses qui disent la vérité, clairement même si nous ne pouvons dire toute la vérité, qui nous échappe d'ailleurs. Il ne s'agit pas de vouloir cacher certaines choses ; l'enfant ressent fortement ce qui se passe et n'acceptera pas que l'on biaise. Et même si l'on n'a pas grand chose à dire, il nous faut leur en parler. Il vaut mieux dire la vérité de notre incroyance ou de notre mal croyance que de ne rien dire du tout.
"Un enfant à qui l'on parle en vérité de la mort découvre la vie". (Françoise Dolto)

Pour parler de la mort aux enfants, sachons utiliser les images, les récits, les contes... En invitant l'enfant à s'exprimer, nous l'aidons à faire le deuil : les modes d'expression sont multiples ; n'hésitons pas à y faire appel : les dessins, les chants, les mimes... Parler, c'est aussi dire une parole d'espérance, une parole de vie. "Avec la mort, tout commence. Mais je ne sais pas tout, je ne sais pas comment mais je sais qu'il y a la vie".
Il importe de ne jamais parler de la mort sans parler de la vie : ce sont deux termes indissolubles, vie et mort. Mais en même temps nous gardons présent à l'esprit que la mort est un mystère, qu'il y a dans la mort un passage douloureux, mais plein de promesses.
Enfin, parler d'un mort c'est aussi le respecter parce qu'il va rester présent dans les esprits.
"Il ne faut pas montrer à un enfant un mort qu'il aime - sauf pour lui enseigner ce qu'est l'âme, et seulement s'il a la force de faire la soustraction". (Gilbert Cesbron)

Pour en savoir plus :
- " Dis, c'est quoi quand on est mort ? " Richard LORETTO - Editions Eshel
- " L'enfant et la mort " Ginette RAIMBAULT - Editions Privât
- " Dire la mort à un enfant " Panorama - hors série n° 17
- " La mort, y réfléchir pour en parler... " Document publié par la D.E.C. des Côtes d'Armor et disponible sur place : ddec22.asso.fr
A consulter également sur sitEColes la bibliographie : Parler de la mort avec les enfants

III) Un enfant est capable d'entendre dire la foi en la résurrection Agnès Auschitzka
Article publié dans la Croix du 25/10/96
Parler de la résurrection à un enfant - même tout petit - sans dénaturer le message chrétien est possible. Voici quelques règles de base à observer.
Chez l'enfant -comme chez l'adulte- qui est confronté à la mort d'un proche, la douleur suffocante de la séparation fait surgir inévitablement le désir obsédant de revoir celui ou celle qui est parti. Désir brouillé par l'ignorance de ce qui se passe après la mort, une fois le cercueil scellé ?
Le chrétien, qui se définit par la foi en la résurrection et affirme que l'amour a vaincu la mort, devrait être bien placé pour répondre à l'enfant en proie à de telles interrogations. Il l'est en effet, mais à condition de ne pas, par maladresse ou méconnaissance, pervertir le message de la Bonne Nouvelle. A en juger par les propos religieux tenus par les adultes à la petite Ponette (*), le risque d'une telle dérive, préjudiciable au travail de deuil, est sérieux.
Ne pas nier la réalité
Quelle que soit la foi de celui qui pleure, celle-ci n'effacera jamais sa souffrance. En christianisme, le divin ne prend jamais la place de l'humain : Dieu ne divinise que ce que 'homme humanise. Or, humaniser la souffrance, c'est prendre le temps de la reconnaître et de la nommer. Humaniser la souffrance de Ponette, c'eût été d'abord de partager les questions de cette petite fille confrontée au vertige de l'absence et d'entendre son désir de retrouver sa mère. Désir légitime qui n'est autre que celui de pouvoir "annuler" l'événement de cette mort inacceptable.
La foi n'est pas la certitude
La vérité sur l'homme et sur Dieu est une longue conquête jamais aboutie. C'est faire injure à la liberté d'un enfant que de lui présenter la résurrection de Jésus et celle des morts comme une certitude, un fait acquis. Il eût été plus juste de répondre à l'interrogation de Ponette par une phrase telle que : "Les chrétiens croient que les morts ressuscitent" ou encore : "Devant le mystère de la mort, chacun se pose des questions et chacun trouve ses réponses. Il y a des gens, les chrétiens, qui croient que...". Et la tante de Ponette aurait pu témoigner de sa foi ainsi: "Comme toi, je suis très triste de ne plus pouvoir voir ta maman, cependant je crois qu'elle vit toujours, dans le cœur de Dieu, dans le tien et dans celui de tous ceux qui l'ont aimée. Et qu'elle continue dès maintenant, elle aussi, à t'aimer".
Enfin, quelle que soit la douleur d'un enfant, s'interdire de lui laisser croire que ressusciter signifie revivre "comme avant". La tante de Ponette est tombée dans ce piège et sa nièce est allée gratter la terre du cimetière dans le fol espoir d'y retrouver sa mère "comme avant"...
Une espérance
II eût été moins dommageable de lui dire : "Lorsque Jésus est ressuscité et qu'il est apparu à ses amis, ceux-là ne l'ont pas tout de suite reconnu, car son apparence physique n'était plus la même. C'est seulement lorsqu'il a refait les gestes d'amitié et de partage qu'il avait faits de son vivant qu'ils ont compris qu'il s'agissait de ce Jésus qui avait été crucifié sur la croix. Croire que ta maman ressuscitera, c"est croire qu'auprès de Dieu elle deviendra capable d'aimer comme Jésus".
Même tout petit, l'enfant est capable d'entrer dans le mystère de l'espérance chrétienne. Ne nous privons pas de l'y inviter.
(*) Ponette = référence à un film récemment sorti sur les écrans.

IV) Le sens des mots
Devant les questions des enfants sur ces mots du langage religieux, que faire ? Où trouver le document qui aiderait ?
Une référence : le livre "Pierres vivantes", un outil trop vite oublié dans un recoin de bibliothèque. Il est là, à portée de main. Ouvrez-le et découvrez ce qui est dit sur la Toussaint, Satan, la Résurrection, le paradis, l'enfer, le purgatoire ou la vie éternelle.

1er novembre : la fête de tous les saints : Toussaint
C'est la fête des croyants. La fête de tous ceux qui ont accepté de suivre les chemins de Dieu. Avec les croyants de tous les temps, nous marchons sur le chemin de la fête, nous hâtons le pas, joyeux, vers la lumière de Dieu ; nous contemplons ces hommes et ces femmes qui sont déjà auprès de Dieu ; leur bonheur est de chanter Dieu. A la fête de ces "saints" d'hier, nous marchons avec les hommes et les femmes d'aujourd'hui vers la demeure de lumière que Dieu a préparée pour tous les vivants.
"Pierres Vivantes" p. 137
Satan
La Bible parle de démon, diable, esprit malin ou mauvais, Lucifer, Béelzébuth ou Béelzéboul, serpent, etc. Tous ces mots désignent cet être mauvais, ennemi de Dieu qui veut nous empêcher d'être vraiment des hommes, de devenir des enfants de Dieu à la ressemblance de Jésus, le Christ. Cet être mauvais a pourtant été créé bon par Dieu, mais il a refusé définitivement de L'aimer et de Le servir.
L'Evangile nous rapporte que Jésus lutte contre les esprits mauvais qui enchaînent les "possédés". Jésus lui-même est tenté par Satan qui veut le détourner de sa mission, mais il le repousse : il aime son Père plus que Tout. Jésus nous apprend à prier : "Notre Père, délivre-nous du mal".
"Pierres Vivantes", p. 53
Résurrection/Guérison
Les livres de l'Evangile racontent que Jésus a ramené à la vie des personnes qui venaient de mourir, par exemple le fils de la veuve de Naïm et Lazare qui habitait Béthanie. Lazare et le fils de la veuve ont repris leur vie ordinaire et quelques années plus tard, ils sont morts comme tout le monde.
Pour Jésus, la résurrection a été différente : il a vaincu la mort pour toujours et il est entré dans la Vie éternelle. "Le Christ ressuscité ne meurt plus". Nous pouvons difficilement imaginer cette vie si différente de la nôtre, mais nous croyons que nous la partagerons avec le Christ quand Dieu ressuscitera tous les hommes au dernier jour.
"Pierres vivantes", p. 53
Paradis
Les religions païennes rêvent d'un endroit merveilleux où vivent des dieux. Paradis veut dire : jardin, dans la langue des Perses.
L'auteur du livre de la Genèse représente à l'origine l'homme et la femme vivant dans un jardin de délices, le "jardin d'Eden", ou paradis terrestre : ils sont faits pour être heureux avec Dieu, pour s'entendre entre eux et vivre en paix au milieu des animaux et des plantes.
A l'un des malfaiteurs qui se trouve près de lui, Jésus dit, sur la Croix : "Aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le paradis".
Nous parlons parfois de paradis pour désigner la joie parfaite d'être avec Dieu pour toujours après la mort : c'est le "ciel", le Royaume de Dieu, la Vie éternelle, le règne de la Paix.
"Pierres Vivantes", p. 138
Enfers/Enfer
De nombreuses religions païennes parlent des "enfers" comme d'un lieu situé dans les profondeurs de la terre, où iraient les morts. Le mot fait penser à "supérieur", au "ciel" qui est au-dessus.
Dans le "Je crois en Dieu", les chrétiens affirment que Jésus "est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers, est ressuscité des morts, est monté aux cieux...". Ils croient que Jésus est vraiment mort et que, ressuscité, il rassemble avec lui, dans la joie de Dieu, la création tout entière "de bas en haut", des profondeurs au plus haut des cieux. Il est venu pour rassembler tout le monde, même ceux qui ont vécu avant lui. Quand les chrétiens parlent de l'enfer après la mort, ils veulent dire la situation tragique et insupportable de ceux et de celles qui auront refusé Dieu et se seront mis volontairement et définitivement en dehors de son amour. La vraie souffrance "infernale", c'est d'être séparé de Dieu. Pour le faire comprendre, l'Evangile emploie les expressions "dehors, dans les ténèbres", "là où il y aura des pleurs et des grincements de dents".
"Pierres Vivantes", p. 136
Purgatoire
L'Eglise prie pour les hommes qui sont morts, les chrétiens et les non chrétiens. Elle l'a toujours fait. A la messe, on dit : "Pour les hommes qui ont quitté ce monde et dont tu connais la droiture, Seigneur nous te prions ; reçois-les dans ton royaume". Ceux qui n'ont pas assez vécu en amis de Dieu durant leur vie pour aller directement vers Lui au moment où ils meurent, ont besoin d'être purifiés de leurs péchés. L'Eglise catholique appelle purgatoire la situation de ceux qui doivent passer par cette dernière purification avant d'entrer dans le bonheur éternel et de voir Dieu face à face tel qu'il est.
"Pierres Vivantes", p. 130
Vie éternelle
Pour certains, la mort c'est l'arrêt définitif de la vie. D'autres pensent que l'on peut vivre encore après la mort, mais sans savoir si c'est bien sûr. D'autres enfin ont la ferme assurance que les hommes entrent dans une Vie nouvelle : les chrétiens sont de ceux-ci.
Jésus a dit : "Celui qui croit en moi a la vie éternelle". Les Apôtres l'ont compris quand ils ont vu Jésus ressuscité. Ils se sont rappelés ce que Jésus avait promis : "Je suis la Résurrection ; qui croit en moi, même s'il meurt, vivra".
Entre notre mort et la résurrection à la fin du monde, notre corps va en poussière. Mais cela ne veut pas dire que nous disparaissons : notre personne spirituelle, c'est-à-dire notre âme, reste en vie. Ceux qui sont auprès de Dieu sont dans un grand repos plein de joie. Quand Dieu nous jugera, la mesure de son jugement sera son commandement d'amour : aimer Dieu, aimer son prochain, comme soi-même.
"Pierres Vivantes", p. 58

V) Paroles de vie
Les religions devant la mort
Le mystère de la vie et de la mort est présent dans toutes les religions, chez tous les peuples, de tout temps.
Dans le livre "Le goût des mûres" (cf Bibliographie sur les livres pour enfants qui parlent de la mort faire un lien dans la page sur bibliogrpahie réalisée par le centre de ressources doc paragraphe en savoir plus), un supplément apporte aux jeunes lecteurs une réflexion sur ce mystère.
Pour vous aider dans une découverte des messages que nous transmettent les religions, nous vous proposons ce texte enrichi de quelques prières, poèmes, formules ou textes sacrés.

"C'est comment quand on est mort ?" demande le petit garçon.
"On l'ignore jusqu'au moment où on le découvre soi-même", lui répond-t-on.
Pourtant, depuis toujours, quand une personne meurt, beaucoup de gens croient qu'elle continue à vivre une autre vie, différente. Dans toutes les religions, la mort n'est pas la fin de la vie mais un passage vers un autre monde, le départ d'un nouveau chemin.

Dans la religion chrétienne, la religion juive et la religion musulmane, on croit à la vie éternelle auprès de Dieu. Pour les chrétiens, un jour viendra où les corps ressusciteront : le jour de la Résurrection. Cela ne supprime pas pour autant la douleur et le chagrin pour ceux qui restent, mais donne une grande espérance à ceux qui ont cette foi.
Pour les hindous et les boudhistes, on a plusieurs vies. Notre vie actuelle n'est qu'un passage sur terre qui a été précédé et qui sera suivi par de nombreux autres. Chacun dépend du précédent. A la mort d'un individu son esprit quitte son corps pour aller habiter un autre corps. On appelle cette idée la réincarnation. Si on a bien agi dans la vie précédente, la suivante sera agréable. Si on a mal agi, ce sera le contraire. C'est pour cela que toutes les actions et les pensées que l'on peut avoir comptent beaucoup. D'après ces religions, on ne doit donc pas se plaindre de la vie que l'on mène car on l'a méritée ! Après plusieurs réincarnations, le croyant espère être devenu suffisamment proche de Dieu pour n'avoir plus besoin de renaître.
Pour d'autres religions, la vie ne s'arrête pas et se prolonge pour une durée indéfinie. Les morts, dans l'au-delà, mangent, boivent, éprouvent des sentiments, agissent.
Les Egyptiens avaient une croyance totale dans l'immortalité. C'est parce qu'ils croyaient à une vie après la mort qu'ils conservaient les corps sous forme de momies. Ils les déposaient ensuite dans des "maisons d'éternité" avec des aliments, des parures, des figurines de leurs compagnons et serviteurs et toutes sortes de présents.
En Afrique noire traditionnelle, la mort de l'homme juste qui a eu une vie digne et qui a de nombreux enfants pour se souvenir de lui n'est pas un événement triste. Le défunt rejoint le monde des ancêtres que l'on considère comme "les vivants sous terre". Ceux-ci restent en relation avec les survivants, veillent sur les naissances de la tribu, l'abondance des récoltes et le développement des troupeaux. Ils peuvent aussi se fâcher et punir si on les néglige. Dans les fêtes, on les représente à l'aide de masques de forme" humaine où animale que revêtent les habitants du village. Ces masques sont, bien sûr, sacrés et conservés pieusement.

" Tu vois que les hommes dans toutes les civilisations et, depuis toujours, dans toutes les religions ne considèrent surtout pas la mort comme une fin et une destruction mais comme une autre sorte de vie.
Pour tous, la mort est un grand mystère qui fait partie de la vie. Même si l'on n'a pas de religion, la mort n'est pas une fin, grâce au souvenir. Se rappeler les bons moments passés avec ceux qui ont disparu c'est leur permettre de rester toujours auprès de nous, de rester dans la Vie."

Chez les juifs
"Que le nom du Très-haut soit exalté et sanctifié dans le monde qu'il a créé selon sa volonté. Que son règne soit proclamé de nos jours et du vivant de la maison d'Israël, dans un temps prochain. Et dites : Amen. Que le nom de l'Eternel soit béni à jamais et dans toute l'éternité. Béni, loué, célébré, honoré, exalté, vénéré, admiré et glorifié soit le nom du Dieu très-saint, au-dessus de toutes les bénédictions, de tous les cantiques et hymnes de louange qui peuvent être proférés dans ce monde. Et dites : Amen.
Qu'une paix parfaite et une vie heureuse nous soient accordées par le Ciel, à nous et à tout Israël. Et dites : Amen".
Prière du Kaddich ou "prière des morts ". Les Juifs la récitent lors de nombreuses célébrations, en particulier le jour de l'enterrement, puis pendant l'année qui suit. Loin d'évoquer la mort, ces paroles glorifient le nom de Dieu, comme le font toutes les prières juives.

Chez les boudhistes tibétains
"O fils noble, le temps est venu pour toi de chercher le Sentier, ton souffle va cesser. Ton "guru" t'a placé face à face avec la Claire Lumière. Et maintenant tu vas la connaître dans sa Réalité, dans l'état du "Bardo" où toutes choses sont comme le ciel vide et sans nuage. (...) A ce moment, connais-toi toi-même et demeure dans cet état."...
Extrait du Livre des morts tibétain, le "Bardo Thodol"
Ces paroles sont récitées auprès de celui qui va rendre son dernier souffle. Avec d'autres formules, elles doivent l'aider à se libérer de ses désirs, à rentrer dans le "bardo", c'est-à-dire l'état de conscience de la mort, et à connaître l'illumination en évitant les réincarnations.

Prière des anciens égyptiens
"Osiris, je monte vers toi... et ma purification est sur mes mains.
Je suis passé vers la déesse Tefnout et la déesse Tefnout m'a purifié.
Je suis un prêtre, et fils d'un prêtre de ce temple.
Le lien est dénoué. J'ai jeté à terre tout le mal qui est sur moi.
O Osiris puissant ! Je viens de naître ! Regarde-moi, je viens de naître !".

Ce texte a été retrouvé gravé sur une stèle, à l'intérieur d'un tombeau égyptien antique. La prière s'adresse à Osiris, le dieu qui juge les âmes après la mort.

Dans l'évangile
"A son arrivée, Jésus trouva Lazare dans le tombeau, depuis quatre jours déjà. Béthanie était près de Jérusalem, distant d'environ quinze stades, et beaucoup d'entre les Juifs étaient venus auprès de Marthe et de Marie pour les consoler au sujet de leur frère.
Marthe dit à Jésus : "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera". Jésus lui dit : "Ton frère ressuscitera". "Je sais, dit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour".
Jésus lui dit : "Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu ?"

Evangile selon Saint Jean 11 - Jésus ressuscite Lazare.

Prière :
Jésus, nous avons peur
du mal et de la mort,
aide-nous à être courageux.
(en regardant la croix) Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.


Il y eut un soir… Il y eut un matin…
"Il y eut un soir. Il y eut un matin. Tes heures, Seigneur, ne sont pas nos heures et tes jours ne sont pas nos jours. Mais que faisais-tu, Seigneur Dieu, pendant les nuits de ces jours, entre le soir et le matin ? Est-ce à ces moments que tu trouvais bons les actes de ta création ? Etais-tu dans la nuit, lorsque ton Esprit planait sur les eaux primales du chaos ?
Peut-être passais-tu tes nuits - et tes nuits ne sont pas nos nuits - à regarder avec tendresse ta création traverser de l'ombre à la lumière, de la mort à la vie.
Peut-être ces nuits de la création figuraient-elles la nuit que ton Fils passa au tombeau. Il y eut un soir, un vendredi soir. Il y eut un matin, un matin de Pâques.
Peut-être ces nuits-là souffres-tu encore de voir ta création s'archer à la mort, avec des cris d'enfantement pour accomplir l'Histoire.
Et nous savons, Seigneur Dieu, tout-puissant, qu'il n'y aura jamais de soir mais un unique matin où la création tout entière, ayant à la suite de ton Fils traverser la mort explosera à la vie dans la lumière de ton Esprit".

Prier - Hors série n°12


Poème tzigane
"J'ai ma maison dans le vent sans mémoire
J'ai mon savoir dans les livres du vent
Comme la mer, j'ai dans le vent ma gloire
Comme le vent, j'ai ma fin dans le vent."

Chez les Tziganes, dès qu'une personne est morte, on ne prononce plus son nom. Tout ce qui lui appartenait est brûlé ou vendu.

VI) Dire la mort à un enfant… à partir des livres

La bibliographie ci-dessous ne se veut pas exhaustive sur le sujet ; elle vous propose une série d'ouvrages qui peuvent être mis à la disposition des enfants dans la bibliothèque de l'école. Les livres cités n'ont pas obligatoirement une référence chrétienne.
Il est facile d'intégrer une approche du sujet dans le déroulement habituel des activités de lecture conduites par l'enseignant.
(NDLR : vous avez réalisé ou vous réaliserez des activités avec les enfants avec l'un de ces ouvrages. Faites-nous part de vos expériences : screpy@formiris.org).
Sur la confrontation avec la mort
Pour les plus jeunes :
- La découverte de Petit Bond. - Max Velhuils - Pastel - Ecole des loisirs.
Pendant l'enterrement d'un merle trouvé par Petit-Bond, les jeux cèdent la place à l'émotion et à la gravité. Mais bientôt la vie reprend son cours. Une façon délicate et concrète de parler de la mort.
- Adieu Valentin - Marit Katdhol, Wenche Oyen - Ecole des loisirs. (1990)
Un petit garçon se noie sous les yeux de sa meilleure amie. Un sujet difficile, traité de façon
émouvante. " ,
A partir de 9/10 ans :
- L'étrange voyage de Sophie - Els Pelgrom - Gallimard folio Junior.
Une petite fille au seuil de la mort vit ses derniers moments comme un conte où se mêlent des épisodes cocasses et dramatiques. Une manière de mettre un peu d'ordre dans les fantasmes qui entourent la mort.
- Je n'aurai plus jamais de chien - Jane Resh Thomas - l'Ecole des loisirs. Capitaine, le chien de Daniel est mort. Son chagrin est tel que Daniel ne veut plus de chien, plus jamais. Un livre qui permet à l'enfant qui vient de perdre un animal chéri, de se sentir moins seul dans sa peine.
- "Le goût des mûres* - Doris Buchanan Smith - Gallimard Jeunesse - Folio Cadet Rouge.
Tom et le narrateur sont deux amis inséparables. L'énergie de Tom est inépuisable ; personne ne sait faire rire autant que lui. Et puis vient le jour terrible où Tom meurt. Comment comprendre et accepter ? Un livre qui pose le problème du deuil avec beaucoup de justesse.
A conseiller.

Sur l'absence et le souvenir
Pour les plus jeunes :
- Au revoir Blaireau - Susan Variey - Gallimard - Folio Benjamin.
Blaireau est mort. Le temps passe et c'est le souvenir des moments vécus avec Blaireau, de tout ce que Blaireau leur a appris qui apaise peu à peu le chagrin de ses amis.
- Le vol du cygne *- Keizaburo Telima - L'Ecole des loisirs.
Un beau jour de printemps, un cygne malade verra ses amis s'envoler. Il crie sa solitude et son angoisse. Mais d'autres viendront lui apporter aide et réconfort au moment de sa mort. Ceux-là vivront longtemps de son souvenir. Un conte sensible pour approcher la mort de l'autre sans peur et avec amour.
A partir de 8/9 ans :
- Odette. Un printemps à Paris - Kay Fender et Philippe Dumas - Ecole des loisirs.
Un oisillon, Odette, est sauvé de la mort par un vieux monsieur. A la mort de celui-ci, Odette se souvient avec reconnaissance de cet homme qui lui a permis de vivre.
- Le trésor de mon père *- Marie-Aude Murail - L'Ecole des loisirs.
Aller à la recherche du trésor laissé par son père. Peut-être une manière de mieux connaître l'histoire de celui à qui l'on doit la vie.
- Leïla - Sue Alexander, Georges Lemoine - Centurion jeunesse.
Dans le désert, un père musulman et sa fille s'affrontent au moment de la mort de Slimane, leur fils et frère. L'un, obéissant à la loi religieuse se mure dans un silence obstiné, l'autre refuse ce silence.
Sur les questions métaphysiques
Pour les plus jeunes :
- Maxime fait des miracles *- Brigitte Smadia - L'Ecole des loisirs.
La maman de Maxime ne croit pas en Dieu et compare Tante Anna à des cendres de cigarettes parce qu'elle est morte. Comment faire comprendre que Tante Anna est au ciel ? se demande Maxime.
A partir de 8/9 ans :
- Ce changement-là - Philippe Dumas - l'Ecole des loisirs.
L'auteur vient de perdre son père. C'est l'occasion d'une réflexion sur la vie et la mort, qu'il partage avec ses lecteurs autant qu'avec ses propres enfants.
Sur le deuil
A partir de 9/10 ans :
- Quand papa était mort *- Emilie Smadja - Syros
Parce que son père est mort, Lili quitte la Tunisie. Elle grelotte dans la banlieue parisienne et cherche désespérément une grande place au soleil.
- Un kilo d'oranges *- Roselyne Morel - Livre de poche - Hachette.
Avant de mourir, une mère sait avoir une parole de vie pour sa fille qu'elle laisse. Une histoire pour redonner courage et goût de vivre après la mort d'un être cher.
- La véritable histoire de Spit Mac Phee *- James Aldridge - Livre de poche, Hachette. Que deviendra Spit après la mort de son grand-père auprès de qui il vit et grandit ? Certains villageois veulent le mettre en pension, comme pour enfermer sa douleur. Sadie et sa mère pensent que Spit est capable de conduire sa vie. Elles l'aiment, lui font confiance et l'aideront à rester libre.

Lire aussi sur sitEColes :
- La vie, l'amour, la mort… Comment en parler ?
- Parler de la mort avec les enfants.

Commentaires

Pas encore de commentaires.

Ajouter un Commentaire

* Informations obligatoires
(ne sera pas publiée)
 
Avertissez-moi des nouveaux commentaires par e-mail.
 
J'ai lu et j'accepte les conditions d'utilisation. *
 
 
Powered by Commentics