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Textes à méditer : Paroles sur la parole

Temps de lecture : 16 minutes
Textes à méditer : Paroles sur la parole

Tu peux parler ; Les outils du charpentier ; "Va au marché m'acheter un mets excellent" ; Heureux les pauvres de Coeur ! Petites béatitudes ; S'il te plaît, écoute et entends-moi ; Peux-tu simplement m'écouter ? ; Les porcs-épics ; Il était une fois... quatre personnes...? ; Toto et sa little sorella

Ces textes peuvent servir pour lancer, clore une réunion, pour faire une affiche, pour illustrer un article dans un journal d'école…


Tu peux parler

Tu peux parler mais pas trop fort
Tu peux parler mais après moi
Tu peux parler mais pas comme ça
Tu peux parler mais jusque-là
Tu peux parler mais si je te le dis
Tu peux parler si c'est joli
Tu peux parler une autre fois
Tu peux parler mais comme moi
Tu peux parler mais ne crie pas
Tu peux parler mais tiens-toi droit
Tu peux parler mais d'abord moi
Tu peux parler un peu plus bas
Tu ne dis rien ?
Tu vois !

Noëlle de Smet


Les outils du charpentier

Il y avait une fois, il y a bien longtemps de cela, dans un petit village nordique, un atelier de charpentier. Un jour que le Maître était absent les outils se réunirent en grand conseil sur l'établi. Les conciliabules furent longs et animés, ils furent même véhéments. Il s'agissait d'exclure de la communauté des outils un certain nombre de membres.
L'un prit la parole : « Il nous faut, dit-il, exclure notre sœur la scie, car elle mord et elle grince des dents. Elle a le caractère le plus grincheux du monde. »
Un autre dit « Nous ne pouvons conserver parmi nous notre frère le rabot qui a le caractère tranchant et qui épluche tout ce qu'il touche. »
« Quant au frère marteau, dit un autre, je lui trouve le caractère assommant. Il est tapageur. Il cogne toujours et nous tape sur les nerfs. Excluons-le. »
« Et les clous ? peut-on vivre avec des gens qui ont le caractère aussi pointu ? Qu'ils s'en aillent ! et que la lime et la rape s'en aillent aussi. A vivre avec elles, ce n'est que frottement perpétuel. Et qu'on chasse le papier de verre dont il semble que la raison d'être dans cet atelier soit de toujours froisser ! ».
Ainsi discouraient en grand tumulte les outils du charpentier. Tout le monde parlait à la fois. L'histoire ne dit pas si c'était le marteau qui accusait la scie et le rabot la lime, mais il est probable que c'était ainsi, car à la fin de la séance, tout le monde se trouvait exclu.
La réunion bruyante prit fin subitement par l'entrée du charpentier dans l'atelier. On se tut lorsqu'on le vit s'approcher de l'établi. Il saisit une planche et la scia avec la scie qui grince. La rabota avec le frère rabot au ton tranchant qui épluche tout ce qu'il touche. Le frère ciseau qui blesse cruellement, notre sœur la rape au langage rude, le frère papier de verre qui froisse, entrèrent successivement en action. Le charpentier prit alors nos frères les clous au caractère pointu et le marteau qui cogne et fait du tapage. Il se servit de tous ses outils au méchant caractère pour fabriquer un berceau. Pour accueillir l'enfant à naître. Pour accueillir la Vie.

Légende suédoise


« Va au marché m'acheter un mets excellent »

Rabbi Simon Ben Gamaliel ordonna à son serviteur Tavi : « Va au marché m'acheter un mets excellent ! ». Tavi revint à la maison avec une langue. Plus tard Rabbi Simon lui ordonna d'acheter quelque aliment mauvais. Tavi apporta à nouveau une langue. « Qu'est-ce que cela ? interrogea Rabbi Simon. Quand je te demande de m'acheter un bon plat, tu m'apportes une langue, et quand je te demande un mauvais plat, à nouveau tu m'apportes de la langue ? » Tavi répliqua : « De la langue vient le bien et le mal. Quand une langue est bonne, il n'y a pas meilleur ; quand elle est mauvaise, il n'y a pas pire ! »

Talmud juif
Celui qui ne garde pas sa langue est en train de raccourcir les jours de sa vie, comme s'il ne les aimait pas.

Sagesse persane
Si un mot te brûle la langue, laisse-le faire.

Jean Vernette (Midrash juif dans « Paraboles d'Orient et d'Occident », Ed. Droguet Ardant)


Heureux les pauvres de coeur ! Petites béatitudes

Bienheureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes : ils n'ont pas fini de s'amuser.
Bienheureux ceux qui savent distinguer une montagne d'une taupinière : il leur sera épargné bien des tracas.
Bienheureux ceux qui sont capables de se reposer, et de dormir sans chercher d'excuses : ils deviendront sages.
Bienheureux ceux qui savent se taire et écouter : ils en apprendront des choses nouvelles !

Bienheureux ceux qui sont assez intelligents pour ne pas se prendre au sérieux : ils seront appréciés de leur entourage.

Heureux êtes-vous si vous savez regarder sérieusement les petites choses et paisiblement les choses sérieuses : vous irez loin dans la vie.

Heureux êtes-vous si vous savez admirer un sourire et oublier une grimace ; votre route sera ensoleillée.

Heureux êtes-vous si vous savez vous taire et sourire même lorsqu'on vous coupe la parole, lorsqu'on vous contredit ou qu'on vous marche sur les pieds : l'Evangile commence à pénétrer votre cœur.

Bienheureux surtout vous qui savez reconnaître le Seigneur, en tous ceux que vous rencontrerez : vous avez trouvé la vraie lumière, vous avez trouvé la véritable sagesse.

Jean Vernette (Paraboles d'Orient et d'Occident, Ed. Droguet Ardant)


S'il te plait, écoute et entends-moi

Heureux les miséricordieux
Quand je me sens écouté, je peux enfin m'entendre.
Quand je me sens écouté, je peux entrer en reliance.
Etablir des ponts, des passerelles incertaines entre mon histoire et mes histoires.
Relier des événements, des situations, des rencontres ou des émotions pour en faire la trame de mes interrogations. Pour tisser ainsi l'écoute de ma vie.
Oui, ton écoute est passionnante. S'il te plaît écoute et entends-moi.
Et si tu veux parler à ton tour, attends juste un instant que je puisse terminer et je t'écouterai à mon tour, mieux surtout si je me suis entendu.

Nisâmî, sage persan
Qui parle sème,
Qui écoute, récolte.

Jacques Salomé


Peux-tu simplement m'écouter ?

Quand je te demande de m'écouter et que tu commences à me donner des conseils, tu n'as pas fait ce que je te demandais.
Quand je te demande de m'écouter et que tu commences à me dire pourquoi je ne devais pas ressentir cela, tu bafoues mes sentiments.
Quand je te demande de m'écouter et que tu sens que tu dois faire quelque chose pour résoudre mon problème, tu m'as fait défaut, aussi étrange que cela puisse paraître.
Ecoute, tout ce que je te demande, c'est que tu m'écoutes. Non que tu parles où que tu fasses quelque chose ; je te demande uniquement de m'écouter.
Les conseils sont bon marché, pour 6 francs j'aurai dans le même journal le courrier du cœur et l'horoscope.
Je peux agir par moi-même, je ne suis pas impuissant, peut-être un peu découragé ou hésitant, mais non impotent.
Quand tu fais quelque chose pour moi, que je peux et ai besoin de faire moi-même, tu contribues à ma peur, tu accentues mon inadéquation.
Mais quand tu acceptes comme un simple fait que je ressens ce que je ressens (peu importe la rationalité), je peux arrêter de te convaincre, et je peux essayer de commencer à comprendre ce qu'il y a derrière ces sentiments irrationnels. Lorsque c'est clair, les réponses deviennent évidentes et je n'ai pas besoin de conseils.
Les sentiments irrationnels deviennent intelligibles quand nous comprenons ce qu'il y a derrière.
Peut-être est-ce pour cela que la prière marche, parfois, pour quelques personnes, car Dieu est muet. Il ou elle ne donne pas de conseils. Il ou elle n'essaie pas d'arranger les choses. Ils écoutent simplement et te laissent résoudre le problème toi-même.
Alors, s'il te plaît, écoute et entends moi.
Et si tu veux parler, attends juste un instant et je t'écouterai.

Jean Vernette (Paraboles d'Orient et d'Occident, Ed. Droguet Ardant)


Les porc-épics

Un jour d'hiver glacial
les porcs-épics d'un troupeau
se serrèrent les uns contre
les autres afin de se protéger
contre le froid par la chaleur réciproque.
Mais douloureusement gênés par
les piquants, ils ne tardèrent pas
de nouveau à s'écarter
les uns des autres….
et les alternatives de rapprochement et d'éloignement
durèrent jusqu'à ce qu'ils aient trouvé
une distance convenable
où ils se sentirent à l'abri des maux.

Schopenhauer


Il était une fois... quatres personnes...

Il était une fois... quatre personnes qui s'appelaient « Tout le monde », « Quelqu'un », « Chacun » et « personne ».
Il y avait un important travail à faire et on a demandé à « Tout le monde » de le faire.
« Tout le monde » était persuadé que « Quelqu'un » le ferait.
« Chacun » pouvait l'avoir fait, mais ce fut « Personne » qui le fit.
« Quelqu'un » se fâcha, parce que c'était le travail de « Tout le monde ».
« Tout le monde » pensa que « Chacun » pouvait le faire, mais « Personne » réalisa que « Tout le monde » ne pouvait pas le faire.
En fin de compte, « Tout le monde » fit des reproches à « Chacun » parce que « Personne » n'avait fait ce que « Quelqu'un » aurait pu faire.
Moralité… il faut dire « Moi je le fais ». 


Toto et sa litte sorella

Die Mutter van Toto lui demande to go shopping und le donne una liste de cosas zu kaufen.
Seine Mamma le dice auch : Bring la tua little sorella mit.
Toto geht zum Magasin, kauft todas las cosas, aber quando er kommt zurück, seine little sorella tombe dans un Loch und disapears.
Cuando Toto arrive at home, seine Mutter le dice : Wo ist ta little sorella ?
Toto answers : Elle est dans un Loch gefallen.
Aber porque du hast ella nicht help zu sortir ?, dice la mother.
Porque no staba escrito sur la liste !, answers Toto.


© Crédit photo lassedesignen / Fotolia.com

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