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Textes à méditer : Vacances

Temps de lecture : 33 minutes
Textes à méditer : Vacances

Vis tes vacances ; Ralentis ton rythme ; Farniente ; Bonnes vacances ! ; Tu es le Seigneur des vacances ; Béatitudes pour le temps de vacances ; Une prière de vacances ; Dieu et les estivants ; Pour un temps de vacances ; Le repos (1) ; Le repos (2) ; La prière du touriste ; Prière pour le temps des vacances ; Quand vient l’été

Vis tes vacances

Vis à fond la caisse ce temps de plénitude,
de joie, de détente, de silence.

Aime ton conjoint en laissant tes dossiers, ta télé, tes journaux.
L'autre saura que ce temps, c'est votre temps d'amour renforcé.

Écoute tes gosses. Joue avec eux. Partage ce moment privilégié
où toute rencontre est un temps gagné, inestimable, 
loin des miasmes de la ville et de tes préoccupations multiples.

N'oublie pas ton ( ou tes) ancêtre(s) qui peuvent encore voyager.
Ils seront si heureux de voir qu'ils comptent pour toi.
Ou alors ravis-les par une visite pour casser leur solitude et leur dire:
« Vous êtes notre histoire vivante. Merci de nous avoir donné la vie. »

Pour toutes tes rencontres, respecte infiniment ce volant
qui te permettra tant de joies. Ramène au bercail, dans l'allégresse,
tes mômes, ton klébar et tes souvenirs.

Participe activement à l'extraordinaire renouveau qui nous fait,
enfin, prendre conscience du bain de sang éclaboussant, rituellement
et cyniquement, nos routes de vacances.

Bouffe l'oxygène hors des sentiers battus que sont nos autoroutes
et les endroits où l'on s'entasse. Alors tu pourras dire:

« ELLES ÉTAIENT BONNES, CES VACANCES ! »

Père Guy Gilbert, Revue « Parabole »


Ralentis ton rythme

As-tu déjà observé les enfants jouer sur un carrousel ou écouter la pluie tomber sur le toit ?
Déjà suivi un papillon volant gaiement ou bien admirer un coucher de soleil ? 
Tu devrais t’y arrêter.
Ne danse pas trop vite car la vie est courte. La musique ne dure pas éternellement.
Est-ce que tu cours toute la journée, toujours pressé(e) ?
Lorsque tu demandes : « Comment ça va? », est-ce que tu prends le temps d’écouter la réponse ?
Lorsque la journée est terminée, est-ce que tu t’étends sur ton lit avec 100 000 choses à faire qui courent dans ta tête ?
Tu devrais ralentir.
As-tu déjà dit à ton enfant : « nous le ferons demain », et de le remettre au surlendemain ?
As-tu déjà perdu contact avec un ami, laissé une amitié mourir parce que tu n’avais jamais le temps d’appeler pour dire bonjour ?
Tu ferais mieux de ralentir, ne danse pas trop vite car la musique cessera un jour.
La vie est si courte. 
Lorsque tu cours si vite pour te rendre quelque part, tu manques la moitié du plaisir d’y être. Lorsque tu t’inquiètes te fais du souci toute la journée, c’est comme un cadeau non ouvert que tu jetterais.
La vie n’est pas une course, tu dois ralentir ton rythme, prends le temps d’écouter la musique avant que la chanson ne soit terminée.
 
Anonyme


Farniente

Quand je n’ai rien à faire, et qu’à peine un nuage
Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage,
J’aime à m’écouter vivre, et, libre de soucis,
Loin des chemins poudreux, à demeurer assis
Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse,
Au bord des bois touffus où la chaleur s’émousse.

Là, pour tuer le temps, j’observe la fourmi
Qui, pensant au retour de l’hiver ennemi,
Pour son grenier dérobe un grain d’orge à la gerbe,
Le puceron qui grimpe et se pend au brin d’herbe,
La chenille traînant ses anneaux veloutés,
La limace baveuse aux sillons argentés,
Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole.

Ensuite je regarde, amusement frivole,
La lumière brisant dans chacun de mes cils,
Palissade opposée à ses rayons subtils,
Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte
En l’air, comme sur l’onde un vaisseau sans pilote ;
Et lorsque je suis las je me laisse endormir,
Au murmure de l’eau qu’un caillou fait gémir,
Ou j’écoute chanter près de moi la fauvette,
Et là-haut dans l’azur gazouiller l’alouette.

Théophile Gautiern « Premières Poésies »


Bonnes vacances !

Allez, faites de vos vacances la béatitude de la paix !
Soyez des promeneurs d'infini.
Baladez votre âme au grand soleil d'été
Et que votre corps chante par tous ses pores !
Baladez votre corps sur les sommets des montagnes
Et que votre âme exulte de la joie de vivre !

Régalez-vous d'azur et de mer,
Attardez-vous à ces heures bénies du soir,
Quand le grand crépuscule des jours de solstice
N'en finit plus de s'étirer avant la nuit étoilée.

Laissez-vous bercer par la lumière
Qui se fait câline sur les prés d'herbe tendre,
Lumière rasante à fixer comme la vague
Qui vient et revient se tapir sur le sable de la plage...

Allez, faites de vos rencontres avec les villes
Des fiançailles de joie dont les lendemains seront
Un mariage de souvenirs.

Mettez votre âme au large en d'autres jardins
Que ceux de vos résidences secondaires.
Faites de vos voyages une célébration de la terre entière.

Embrassez le ciel pour mieux saisir la terre.
Humez les parfums d'horizon.
Vivez l'amitié avec tout et tous, le monde et vous.

Pierre Talec


Tu es le Seigneur des vacances

Tu es le Seigneur des vacances, pas seulement des vacances scolaires ou des congés payés !
Non ! Le Seigneur de la vacance, du vide.
Nous, nous aimons les vacances pour faire le plein d'énergie, de santé et de bonne humeur.
Nous disons que la vie quotidienne nous épuise, nous vide.
En fait, notre cœur n'est pas souvent vacant pour être à ton écoute.
Le travail, les soucis, les détresses y sont des locataires encombrants que nous ne pouvons ou nous ne voulons pas chasser.
Pour emménager dans notre cœur, tu voudrais bien, Seigneur, qu'il y ait un peu de place, un peu de vide.
Si nous te faisons un peu de place, c'est dans un recoin d'une vie encombrée.
Toi, Seigneur, qui attend la moindre vacance pour t'installer aux cœurs des hommes,
Aide-nous à rentrer en vacance,
Sois le Seigneur de l'éternel été,
Donne-nous la plénitude de la tendresse, la liberté de ceux qui courent annoncer à tous vents que tu es venu habiter chez eux, leur apportant la joie.

Anonyme


Béatitudes pour le temps de vacances

Bienheureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes, ils n'ont pas fini de s'amuser.
Bienheureux ceux qui savent distinguer une montagne d'une taupinière, 
il leur sera épargné bien des tracas.
Bienheureux ceux qui sont capables de se reposer et de dormir sans chercher d'excuses : 
ils deviendront sages.
Bienheureux ceux qui savent se taire et écouter : ils apprendront des choses nouvelles.
Bienheureux ceux qui sont assez intelligents pour ne pas se prendre au sérieux : 
ils seront appréciés de leur entourage.
Heureux êtes-vous si vous savez regarder sérieusement les petites choses, et paisiblement les choses sérieuses : vous irez loin dans la vie.
Heureux êtes-vous si vous savez admirer un sourire et oublier une grimace : 
votre route sera ensoleillée.
Heureux êtes-vous si vous êtes capable de toujours interpréter avec bienveillance les attitudes d'autrui, même si les apparences sont contraires : vous passerez pour des naïfs, mais la charité est à ce prix.
Bienheureux ceux qui pensent avant d'agir et qui prient avant de penser : 
ils éviteront bien des bêtises.
Heureux êtes-vous si vous savez vous taire et sourire même lorsque l'on vous coupe la parole, lorsque l'on vous contredit ou que l'on vous marche sur les pieds : 
l'Évangile commence à pénétrer votre cœur.
Bienheureux surtout si vous savez reconnaître le Seigneur en tous ceux que vous rencontrez : vous avez trouvé la vraie lumière, vous avez trouvé la véritable sagesse.

Joseph Folliet


Une prière de vacances

Dormir les pieds dans l'herbe,
le front dans les étoiles.
Courir après les papillons
dans la bruyère.
Partir au gré du vent
et au gré des voiles.
Rire comme un enfant
dans les bras de la terre.
Écouter le silence
et le chant de la mer.
Respirer le parfum
des arbres et des fleurs.
Rencontrer l'étranger
y découvrir un frère.
Briser les lois du temps,
vivre au rythme du cœur.
Boire l'eau fraîche des sources
et le bleu du ciel.
Vouloir prendre du bon temps,
goûter l'imprévu.
Vouloir habiter son corps,
danser au soleil.
Savoir à nouveau que l'homme
n'est pas l'absolu.
Attendre un inconnu
sur le pas de la porte.
Surprendre son ombre
au détour d'un sous-bois.
Entendre l'écho de sa voix
que le vent apporte.
Réapprendre le Bonheur
si proche de moi.

Michel Hubaut


Dieu et les estivants

Je regarde mes fils en vacances, dit Dieu, parce que c'est moi qui les ai créés à mon image. Et même quand ils se reposent, ils sont à ma ressemblance.
Moi aussi après la Création, j'ai pris loisir de regarder mon œuvre et je me suis reposé. Je suis pour le repos, dit Dieu. Bien entendu le repos après le travail dont j'ai donné l'exemple. Et mon fils Jésus, au temps où il maniait la varlope à Nazareth, vous croyez qu'il ne se reposait pas avec joie ? C'est pourquoi j'aime que vous soyez en vacances.
Mais quand je vous vois incapables de rester en place, dit Dieu, à tourner et à tournoyer comme des fourmis en déroute, je me dis que vos vacances, au fond, ce n'est pas du repos. Cette agitation c'est même un piège du malin qui vous empêche de penser à vous et aux autres et à Moi qui suis votre Père du ciel.
Je regarde mes fils en vacances, dit Dieu, et je ne trouve pas qu'ils aient tellement l'air d'être en vacances. Mais je ne trouve pas non plus qu'ils aient tellement l'air d'être mes fils. Sur les plages qui sont si belles et si bonnes, je le sais bien, moi, qui les ai faites, ils sont là étendus. Et malgré la clarté de mon soleil, ce n'est pas un joyeux tableau. Ils me font penser à ces pauvres gens dont mon Fils a eu pitié autrefois, comme en Palestine, las et prostrés comme un troupeau abandonné.
Je n'ai rien contre les corps bronzés et les bains de soleil, dit Dieu, le soleil, je l'ai créé moi-même. Et l'homme et aussi la femme, je les ai vus, au printemps du monde, au temps de leur innocence, aller et venir sur ma terre, où ils étaient nés. Et ça ne m'offusquait pas. Mais ce que je n'aime pas dans ces multitudes, c'est qu'elles s'ennuient et qu'elles ont l'esprit vide. On dirait que les âmes sont parties en vacances, abandonnant le corps sur le sable comme des poissons échoués.
Et ça, dit Dieu, ça ne me plaît pas. Boire, manger, dormir, se multiplier, dit Dieu, je n'en demande pas plus aux animaux que j'ai créés. Mais pour l'homme qui est mon fils, j'ai rêvé quelque chose de plus. Même et surtout quand il est en vacances.

Michel Quoist


Pour un temps de vacances

Enfin les vacances, Seigneur !
Dieu sait combien je les ai attendues !
Je comptais les jours et les heures,
mon travail se faisait plus pesant à mesure qu'elles approchaient.
Et dans la paix de ce pays, dans la beauté de la nature,
dans l'inactivité de mes mains,
me voici toute bête,
ne sachant que faire de ma toute neuve liberté.
Bénis, Seigneur, ce jour de vacances.
Bénis les jours qui s'ouvrent devant nous
et vont passer comme un éclair.
Jours de joie et de paix, jours de détente et d'amitié.
En savourant cette paix,
en détendant mon corps et mon cœur,
si je te parlais, Seigneur.
Si je te parlais aujourd'hui,
dans la montagne ou l'océan,
dans la plaine ou la rivière,
dans le nuage et l'oiseau,
dans le soleil et l’étoile.

Église des Hauts de Seine, n°333, juillet 2007.


Le repos (1)

« J'aime le repos, dit Dieu.
Vous vous faites mourir à travailler.
Vous faites du sur temps pour prendre des vacances,
Vous vous agitez, vous ruinez vos santés.
Vous vous surmenez à travailler trente-cinq heures par semaine
quand vos pères tenaient mieux le coup à soixante heures.
Vous vous dépensez tant pour un surplus d'argent et de confort.
Vous vous tuez pour des babioles.
Dites-moi donc ce qui vous prend !
Moi, j'aime le repos, dit Dieu.
Je n'aime pas le paresseux.
Je le trouve simplement égoïste car il vit aux dépens des autres.
Moi, j'aime le repos
Quand il vient après un grand effort
Et une tension forte de tout l'être.
J'aime les soirs tranquilles après les journées dures.
J'aime les dimanches épanouis après les six jours fébriles.
J'aime les vacances après les saisons d'ouvrage.
J'aime la retraite quand la carrière est terminée.
J'aime le sommeil de l'enfant épuisé par ses courses folles.
J'aime le repos, dit Dieu.
C'est ça qui refait les hommes.
Le travail, c'est leur devoir, leur défi.
Leur effort pour donner du pain et vaincre les obstacles.
Je bénis le travail.
Mais à vous voir si nerveux, si tendus,
je ne comprends pas toujours
quelle mouche vous a piqués.
Vous oubliez de rire, d'aimer, de chanter.
Vous ne vous entendez plus à force de crier.
Arrêtez donc un peu. Prenez le temps de perdre votre temps.
Prenez le temps de prier. Changer de rythme, changez de cœur.
J'aime le repos, dit Dieu.
Et au seuil du bel été, je vous le dis à l'oreille
quand vous vous détendez dans la paix du monde,
Je suis là près de vous
Et je me repose avec vous ».

André Beauchamp (théologien québécois)


Le repos (2)

Dieu instaure dans l'Ancien Testament la rupture du dimanche, puis de l'année sabbatique. Il invite à se reposer sur des prés d'herbe, à mettre sa confiance dans sa Providence. Laissez-vous aller à la détente, sans perdre de vue sa finalité : renouer une relations gratuite avec Dieu et les autres.
- Exode, chap. 31, v. 12 à 18. « Vous gardez le sabbat, car il est saint pour vous ».
- Lévitique, chap. 25, « Mais en la septième année la terre aura son repos sabbatique ».
- Psaume 23. « Yahvé est mon berger, rien ne me manque ».
- Évangile de Matthieu, chap. 6, v. 25 à 34. « Ne vous inquiétez pas du lendemain : demain s'inquiétera de lui-même ».
-    Évangile de Marc, chap. 2, v. 23 au chap. 3, v. 6. « Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat ».

Extrait de la Vie, 2 juillet 2009


La prière du touriste

Notre Père qui êtes aux cieux, veille sur nous pauvres touristes, humbles et obéissants, condamnés à errer dans ce monde et à prendre des clichés, à écrire des cartes postales, à acheter des souvenirs et à marcher inlassablement, suant sous le soleil ardent. Nous t’implorons ô Père, pour que notre avion ne soit pas détourné, nos valises perdues et pour que notre excédent de bagages passe inaperçu.
Guide-nous dans ta divine bonté dans le choix de nos hôtels. Nous prions pour que les cartes d’appel fonctionnent, pour que les téléphonistes comprennent notre langue et pour que jamais un appel au secours de nos enfants nous oblige à annuler notre périple.
Montre-nous le chemin de ces petits restaurants pas chers où le vin est compris avec le repas. Fais que les gens nous aiment pour ce que nous sommes, malgré nos différences culturelles et notre accent.
Accorde-nous la force de visiter les musées, les sites historiques, les cathédrales. Et si par malheur nous sautons un commentaire du guide pour faire une sieste après le déjeuner, pardonne-nous car la chair est faible.
Dieu miséricordieux, protège nos épouses des occasions dont elles n’ont ni besoin, ni les moyens d’acheter. Eloigne-les de la tentation car elles ne savent pas ce qu’elles font.
Père tout puissant, empêche nos maris de regarder les femmes québécoises et de les comparer à nous. Epargne-les de se rendre absolument ridicules dans les boîtes de nuit. Mais par-dessus tout, montre-toi implacable avec eux s’ils fautent car ils savent parfaitement ce qu’ils font.
Au retour, accorde-nous la faveur de trouver quelqu’un qui aura la patience de regarder nos vidéos et nos photos et d’écouter nos histoires afin que notre vie de touristes n’ait pas été vaine.
Tout ceci, nous te le demandons, Mon Dieu, au nom de la carte bleue, d’American express et de Conrad Hilton.
Amen

Anonyme


Prière pour le temps des vacances

Merci, Seigneur de me donner la joie d’être en vacances.
Donne au moins quelques miettes de cette joie
A ceux qui ne peuvent en prendre
Parce qu’ils sont malades, handicapés,
Ou trop pauvres ou trop occupés…
Donne-moi la grâce de porter, partout où je passe,
Le souffle léger de ta paix
Comme la brise du soir qui vient de la mer
Et qui nous repose de la chaleur des jours.
Donne-moi la grâce d’apporter, partout où je passe,
Un brin d’amitié, comme un brin de muguet,
Un sourire au passant inconnu
Un regard à celui qui est tout seul et qui attend…
Donne-moi la grâce de savoir redécouvrir
Ceux qui vivent à mes côtés et que je ne sais plus voir
Parce qu’ils font « partie des meubles » !
Que je sache les regarder avec émerveillement
Parce que toi tu les aimes et qu’ils sont tes enfants.
Donne-moi la grâce d’être serviable et chaleureux
Pour mes voisins de quartier ou de camping,
Et que mon « bonjour » ne soit pas une parole distraite,
Mais le souhait véritable d’une bonne journée
Si possible remplie de toi, mon ami, mon Seigneur,
Qui es toujours auprès de moi-même lorsque je l’oublie
Parce que toi tu ne peux pas cesser un moment
De m’aimer au cœur même de la liberté,
Au cœur de ce temps de vacances qui devrait être rempli de toi.

Paroisses de Buc et de Jouy (Extrait de la revue « Le lien », n° 93, juillet-août 2010)
 

Quand vient l’été

Quand vient l’été vient le désir de se laisser aller,
d’en finir avec les contraintes et les plaintes
pour retrouver la légèreté, la simplicité d’être.
Quand vient l’été vient le désir de ralentir le pas,
de se promener doucement dans sa vie
pour en cueillir le goût, en savourer le relief.
Quand vient l’été vient le désir de s’élever
au-dessus des brumes du chemin
pour renouer avec ce qui en soi est vivant.
On voudrait tant se poser dans la tranquillité,
laisser fleurir le silence,
soigner la qualité de sa présence.
Mais à vouloir ainsi, on risque le désespoir,
car la vie est toujours de « l’autre »
qui fracture les envies et découd les projets.
Elle sème le désordre chez les plus organisés,
emmène les plus prévoyants en terre d’imprévu,
fait taire toute prétention à la maîtrise.
Le malheur n’est pas qu’il en soit ainsi,
il est de se raidir dans ses attentes,
de préférer ses rêves à l’appel du présent.
Il est surtout de bouder l’inédit,
qui a pourtant force de révélation
quand on renonce à la frustration.
La vraie joie prend par surprise,
elle surgit moins de ce que l’on prévoit
que de la réponse que l’on offre à ce qui arrive.
Aux matins pluvieux comme aux matins heureux,
aux heures tragiques comme aux heures magiques,
il n’y a d’autre bonheur que celui de répondre présent.
Alors, vient le souffle de rester debout
et cette douceur du lointain quand on ouvre les mains
pour accueillir ce qui aujourd’hui sera pain.

Francine Carillo (pasteure et écrivain)

 

© Crédit photo Croisy / pixabay.com

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