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Les enfants pauvres en France

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Les enfants pauvres en France

Le rapport annuel du Cerc dénombre 1 million d'enfants en dessous du seuil de pauvreté…

Un million d'enfants vit en France en dessous du seuil de pauvreté et représentent 8 % des moins de 18 ans. C'est le constat accablant du Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC) dans son rapport sur " Les enfants pauvres ", rendu public le 17 février dernier. Et encore ce chiffre est-il sous-estimé. En effet, il ne comptabilise pas les enfants qui vivent dans des ménages échappant à la statistique publique : les sans domicile fixe ou encore les personnes demeurant dans des habitations mobiles ou des abris de fortune. Si la définition européenne du seuil de pauvreté avait été retenue, le nombre de ces enfants pauvres serait deux fois plus élevé.

Familles monoparentales, familles nombreuses, familles issues de l'immigration
Les enfants pauvres se retrouvent souvent dans des familles monoparentales (23 %) ou encore dans les familles nombreuses (26 % d'entre eux vivent dans des familles formées d'un couple et de quatre enfants ou plus). En outre, un quart de ces enfants défavorisés appartiennent à une famille non ressortissante de l'Union Européenne.
Ce sont d'abord les difficultés d'emploi renforcées par la présence de petits en bas âge qui expliquent cette pauvreté : " Lorsque les enfants sont très jeunes, les difficultés de trouver et de rémunérer des modes de garde poussent la mère à se retirer de l'emploi puis, lorsqu'ils sont plus âgés, l'éloignement durable de l'emploi est un obstacle à en retrouver un. "

Pauvreté et échec scolaire
Ces enfants issus de familles pauvres connaissent plus fréquemment que les autres élèves des difficultés scolaires. " (...) l'échec scolaire touche particulièrement les enfants des familles à bas revenu. Cette situation est enregistrée dès l'entrée à l'école. Elle tend à s'aggraver au cours de la scolarité. Ainsi, le retard scolaire à l'entrée en 6ème est très nettement concentré sur les enfants à bas niveaux de vie ; il en est de même, à l'âge de 15 ans, pour le retard scolaire de deux ans et plus. Les écarts de résultats scolaires se creusent encore après la fin de la scolarité obligatoire. A 17 ans, 18 % des enfants du premier décile ont arrêtés leurs études (dont 12 % sans aucun diplôme) contre 1 % en moyenne pour les trois déciles les plus favorisés. "

L'analyse du CERC
Le CERC avance différents éléments pour comprendre cette situation.
— Certains tiennent au revenu du ménage et aux conditions de vie qui en résultent. Et les experts de citer l'exiguïté et le surpeuplement des logements, les échecs de la politique de mixité sociale en matière de logement et d'éducation, le moindre accès à la culture, aux loisirs ou encore au soutien scolaire dispensé en dehors de l'école
— D'autres tiennent aux relations que les parents entretiennent avec le monde scolaire. " La proximité des parents au monde scolaire (diplôme et profession), leur capital scolaire est un des déterminants majeurs du devenir scolaire des enfants. " Les auteurs du rapport le rappellent : les aspirations des familles quant au devenir scolaire des enfants sont étroitement liées aux professions et catégories socio-professionnelles (PCS) d'appartenance. Elles sont moindres pour les enfants issus de PCS modestes et, conséquence, à compétences scolaires comparables, les enfants issus de PCS mois favorisées sont moins orientés vers une seconde générale et technologique. Quant à l'aide des parents au travail scolaire de leurs enfants, elle est d'autant plus importante que leur niveau de formation est élevé.
— Enfin le contexte familial est aussi à prendre en compte, qu'il s'agisse de la disponibilité des parents pour suivre la scolarité de leurs enfants ou encore de la conflictualité dans le ménage. Le CERC rappelle à cet égard les résultats d'une étude conduite en 2002 qui a montré que, " quel que soit le milieu social, le devenir scolaire des enfants est affecté par le divorce des parents ".
(cf. " Séparation et divorce : quelles conséquences sur la réussite scolaire des enfants ? Paul Archambault, Population & sociétés, n° 379, mai 2002).

Trois actions pour remédier à la pauvreté : lutte contre l'échec scolaire, santé et prévention, aide au logement
Si la lutte contre la pauvreté des enfants passe par des actions visant à réduire celle des parents, elle suppose aussi que soient conduites des actions directes en faveur des enfants. Ces actions doivent permettre de " développer des interventions compensatrices particulières ". Le CERC identifie trois domaines d'action la lutte contre l'échec scolaire, la santé et la prévention et l'aide au logement. Ces actions doivent, soulignent les auteurs du rapport, respecter quatre principes :
— l'intervention auprès de ces enfants de familles défavorisés doit être " précoce " ;
— elle " doit profondément respecter la responsabilité première des parents qui doivent être confortés et aidés dans leur rôle par rapport aux jeunes enfants " ;
— elle doit s'inscrire dans la continuité et cela alors même que " les acteurs extérieurs sont souvent amenés à intervenir sur une tranche d'âge donnée " ;
— l'action des intervenants doit être coordonnée.

A propos de la lutte contre l'échec scolaire
" Divers dispositifs sont actuellement à l'œuvre ou expérimentés dans le domaine de la lutte contre l'échec scolaire : les ZEP (zones d'éducation prioritaires) et, beaucoup plus récemment, le dédoublement des cours préparatoires. Il faut mentionner également les réseaux d'aide et de soutien aux enfants en difficultés (RASED). Au-delà de ces dispositions assez générales, dont l'efficacité est parfois plus faible que les espoirs qu'elles ont suscités, il faut peut-être changer d'échelle en concentrant un effort très intensif et très précoce (dès le CP) sur les élèves repérés en difficulté, effort qui serait poursuivi jusqu'à ce qu'ils puissent rejoindre le peloton. Dans certains cas, d'ailleurs, cet effort ne pourra se contenter d'une intervention limitée à l'enfant et à l'école, mais devra concerner l'aide aux parents et d'autres acteurs que les seuls enseignants.
Une attention particulière doit, par ailleurs, être portée aux enfants de familles immigrées : ici, la lutte contre le risque d'échec scolaire des enfants doit être coordonnée avec les politiques d'aide à l'intégration des parents, y compris au sein de l'école. (…) "


Consulter le rapport du CERC
 

 

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