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La Délégation

Temps de lecture : 11 minutes
La Délégation

La délégation pourquoi faire, à qui, comment et où ?

Compte-rendu d'un atelier lors de la réunion des chefs d'établissement

1) Pourquoi déléguer ?

- Parce que c'est inhérent à la tâche de travail.(Il ne s'agit pas là d'une réelle délégation, mais certains le ressentiront comme tel).

Exemples pour des enseignants (cf. la convention collective) :

Surveillance des élèves
Classes de découverte
Heure spécifique
Relations aux familles.

- A cause du statut des personnes.

Exemples: Les maîtres de carrière

- Parce que c'est institutionnalisé.

Exemples :

Délégués des parents aux APEL
Délégation à un enseignant en cas d'absence du chef d'établissement
Directeur adjoint dans les gros établissements
Coordinateurs de cycle.

- Pour des raisons spécifiques ou contractuelles : raisons matérielles, philosophiques, d'efficacité...

par manque de temps,
pour ne pas s'épuiser,
pour rester disponible à l'essentiel,
pour avoir une vue d'ensemble,
pour avoir d'autres points de vue,
pour sortir de son propre mode de fonctionnement,
pour assurer la continuité en cas d'absence,
pour pouvoir sortir de l'école,
pour faire connaître la tâche de chef d'établissement,
pour inciter les candidatures à la fonction,
pour partager les pouvoirs,
pour gérer la complexité,
pour impliquer,
pour dynamiser,
pour responsabiliser,
pour exploiter tous les talents,
pour faire profiter les autres des compétences de chacun,
pour une efficacité plus grande...

2) A qui ?

Il existe des délégations institutionnalisées et d'autres à créer en fonction de la taille de l'établissement :

Conseil d'enfants avec les élèves délégués de classe, parents correspondants de classe, conseil d'APEL, conseil des maîtres, expression des salariés, délégués du personnel, comité d'entreprise, conseil d'établissement, conseil pastoral, commissions dans l'établissement et hors de l'établissement (mairie, DDEC...)...

Il est nécessaire de clarifier de qui nous sommes délégués, par qui, auprès de qui ?

Les modes de désignations sont divers et à préciser en fonction de l'enjeu et des objectifs : élection, cooptation, désignation, candidature spontanée. La règle du jeu doit être connue de tous.

Et si personne ne veut être délégué ?

Les raisons du refus peuvent être multiples et de différents niveaux :
Le manque de temps, le souhait de s'investir ailleurs (famille, loisirs, associations, mouvements...) ;
Des raisons de santé ;
Le manque de confiance en soi, la peur d'avoir à décider, à trancher, à mécontenter et donc à déplaire ;
Des difficultés à aller jusqu'au bout d'une tâche, à ne pas se noyer dans les détails ;
Des difficultés ou des peurs dans le domaine de la communication ou des relations humaines ;
Une préférence pour la critique et le camp de l'opposition plutôt que l'action et la prise de responsabilité (à noter que ceux qui provoquent les révolutions, les mènent rarement à leur terme).

Les refus peuvent aussi amener le chef d'établissement à se questionner :

A-t-il bien ciblé les compétences, ou se décharge-t-il de ce qui l'ennuie, donne-t-il réellement les moyens au délégué d'agir, a-t-il bien défini le champ de la délégation, accompagne-t-il le délégué dans cette tâche, sait-il manifester sa reconnaissance, le délégué peut-il y trouver de la satisfaction ? Certains sont plus à l'aise dans une situation de réflexion, de conseil, sans prise de décision. Ils pourront participer à des commissions de travail. D'autres préfèrent une action concrète, voire matérielle, une mise en œuvre dans laquelle leur activisme, leur sens de l'organisation pourra s'épanouir.

En s'appuyant sur les goûts, les aptitudes et les compétences, la délégation sera vécue positivement par tous.

Il faut parfois créer le besoin en laissant "mijoter" sans tout assurer, montrer que certaines décisions sont prises en dehors d'eux ou sans eux faute de délégués.

3) Quoi ? Quand ? Où ?

Le champ de la délégation est à préciser au délégué et aux personnes concernées par la délégation qui pourront ainsi reconnaître le délégué.

Une trace écrite à la suite d'entretiens permet de clarifier les attentes, de s'assurer d'une compréhension mutuelle, d'une référence en cas de doute ou de difficulté, permet de réfléchir aux incidences, aux conditions et aux moyens à donner ; elle facilite l'évaluation ultérieure.
La délégation peut être ponctuelle pour une tâche et un lieu précis. Elle peut être plus large pour une durée à toujours préciser.
La notion de temps, permet à certains de s'engager sachant que leur engagement est momentané; permet à chacun de s'assurer des aptitudes à la délégation proposée ; évite aussi les délégations "à vie" ; permet une évaluation régulière de part et d'autre.

Des délégations ponctuelles bien vécues auront un effet "boule de neige" et inciteront à la prise de responsabilité.

4) Comment ?

Il faut donner au délégué les moyens nécessaires pour faciliter son rôle.
L'informer et s'informer.
Lui donner l'occasion de rendre compte de son travail.
L'accompagner et le soutenir.
Lui permettre une implication réelle.
Lui permettre de s'épanouir dans ce rôle.
Reconnaître son travail. (cette reconnaissance peut dans certains cas institutionnalisés passer par une reconnaissance financière, mais il y a d'autres moyens de reconnaître : par la parole, par la considération, par la valorisation des qualités, par un échange de compétences, "par un renvoi d'ascenseur", par le plaisir qu'on y trouve, par l'amélioration d'intérêts communs...)

5) En guise de conclusion

La délégation est fondamentale. Elle ne s'improvise pas. ( Il est bon d'éduquer nos élèves à ce rôle de délégué dès le plus jeune âge.) Elle nécessite du temps, un champ d'action défini, un accompagnement, une relation de confiance, des occasions d'information mutuelle, des occasions de valorisation et d'épanouissement, une évaluation en vue de réajustements éventuels.
La délégation n'enlève pas la responsabilité du chef. C'est une prise de risque à cadrer. Il faut pouvoir garder le contrôle et se donner les moyens de suivre en laissant une marge de manœuvre et d'initiative au délégué. Déléguer ce n'est pas se décharger, transférer une responsabilité mais c'est partager.

 

 

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