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Textes à méditer : Parents

Temps de lecture : 22 minutes
Textes à méditer : Parents

Quand les jeunes adressent leurs souhaits ; Transforme-moi en téléviseur ; Ça suffit ; Une maman, un papa ; Psaume 77 ; Quelle place pour tout type de parents ? Des citations à méditer ; Devenir mère, joie et souffrance

Créer des occasions de partager avec les parents notre projet éducatif. Mais comment ? Se rencontrer ? C'est essentiel, mais trop souvent ce sont des réunions pour organiser, informer de ce qu'y se vit dans l'école… Informer par nos bulletins, cahiers de liaison… ? Bien sûr, mais là aussi ne sommes-nous pas trop souvent dans les aspects matériels de la vie de l'école ! Et pourtant nous pourrions parler dans ces écrits transmis aux familles des problèmes éducatifs que nous partageons avec eux. « Oui, mais nous ne voulons pas faire de morale ! » Alors, si nous faisions appel à des auteurs, connus ou anonymes, qui ont cherché à nous transmettre quelques messages très simples et très parlants. C'est l'objet de cette rubrique  « florilèges » et surtout n'hésitez pas à consommer et à faire consommer ces textes sans modération !


Quand les jeunes adressent leurs souhaits aux adultes

N'ayez pas peur de nous. N'ayez pas peur de dire et d'interdire.
Laissez-nous nous tromper. Donnez-nous un nid et apprenez-nous à le quitter. Laissez-nous du temps pour poser des questions,
partager ce que nous avons compris et imaginer l'invisible.
Nous demandons une école
où, ensemble et différents,
nous gardons le désir et le plaisir de connaître et d'apprendre,
où chacun peut grandir à son rythme.
Nous aimons tous les médias.
Nous savons très vite nous en servir,
nous ne voulons pas rester seuls devant eux.
Qu'ils nous fassent rire et rêver .
Nous voulons être accueillis, regardés, écoutés, respectés.
Nous voulons une planète accueillante, pleine de couleurs,
possible, sûre et joyeuse.
Tout près de nous, beaucoup de gens souffrent d'être exclus.
Nous refusons la violence du racisme, la violence de la misère et de l'isolement. Nous voulons mieux connaître ce que vivent les autres
pour, tous ensemble, construire un monde
où chacun a sa place, un monde fraternel.

Jean-Marie Petitclerc


Transforme-moi en téléviseur

Seigneur, toi qui es bon et qui protèges tous les enfants de la terre,
je désire te demander une grande faveur :
transforme-moi en téléviseur.
Pour que mes parents aient soin de moi comme ils ont soin de lui,
pour qu'ils me regardent avec le même intérêt
que maman pour son feuilleton préféré, que papa pour le journal télévisé.
Je voudrais te parler comme tout présentateur.
Quand il parle, toute la famille fait silence
pour pouvoir l'écouter avec attention et sans l'interrompre.
Je voudrais sentir sur moi la même préoccupation
qu'ont mes parents quand le téléviseur ne marche pas
et qu'ils appellent aussitôt le réparateur.
Je voudrais être un téléviseur
pour être le meilleur ami de mes parents et leur héros préféré.
Seigneur, s'il te plaît, transforme-moi en téléviseur,
même seulement pour une journée.

Prière d'un enfant hispanoaméricain de Juventud Misione (Don Bosco Aujourd'hui, nov.-déc. 1999)


Ça suffit !

Tout le temps ils sont après moi, à me guider, me soutenir, à m'éclairer, à m'avertir, à m'aider, me prévenir et me dire comment agir de peur de me salir.
Ont-ils oublié que j'ai déjà fait mes premiers pas ? Je ne suis plus un enfant !
Toujours à moi de m'excuser, toujours à moi d'écouter, toujours à moi de céder, toujours à moi de fermer la bouche, toujours à moi d'avoir tort, toujours à moi d'être autorisé, toujours à moi de demander la parole alors que je voudrais leur dire tant de choses et de désirs qui m'agitent l'esprit et le cœur !
Qu'ont-ils donc à me protéger et à m'entourer de barrières ? Je veux décider, rire, parler, et qu'on me donne ma chance !
Tout le temps ils sont derrière moi, ils m'agacent et s'étonnent alors de voir ma tête des mauvais jours.

Ça suffit ! J'ai envie de ne plus les connaître, de ne plus les regarder !
Ô Seigneur quand viendra-t-il, pour moi, le temps d'avancer tout seul sans les béquilles qu'on me force dans les mains ?
Je ne veux pas m'éloigner, ni leur tourner le dos, ni m'écarter. Seulement, je veux aller ailleurs, toucher le soleil même si je reviens les doigts brûlés. Pour grimper au sommet, il faut risquer de tomber, sinon jamais on ne goûte à la neige en plein été !
Ô Seigneur grandir est difficile, et si parfois d'eux je m'éloigne, ce n'est pas pour tourner le dos ou m'écarter de leur visage. C'est seulement pour pousser moi-même la porte qui ouvre sur la vie.
Sûrement je me tromperai parfois, car grandir est difficile. Ils comprendront sûrement que je ne veux pas rompre et que je reviendrai toujours comme l'enfant ce jour-là.
Car je sais que leur amour jamais ne m'emprisonne, et je ne peux pas vivre sans leur bras de tendresse.
Ô Seigneur lorsque grandir m'est difficile, lorsque je me suis éloigné, lorsque je me suis trompé, rends-moi le désir du retour !
Ô toi, Dieu, je le sais, tu es le Seigneur de la Porte ouverte

Charles Singer


Une maman, un papa...

Ils donnent à manger aux enfants.
C'est pour s'occuper des enfants.
Papa et maman sont au travail.
La maman, elle fait à manger et papa il est au travail.
La maman, elle peut s'occuper parfois des enfants.
Pour que les mamans fassent naître les enfants.
Font bien travailler leurs enfants.
Quand ils ne sont pas là, les enfants font parfois des bêtises.
C'est Dieu qui a crée les parents.
La maman, elle fait à manger, elle donne par exemple des légumes et après les enfants ils grandissent.
Un papa et une maman, en fait, c'est pour faire les enfants.
On peut mettre une cassette, et si la maman elle dit non et ben on l'écoute et si elle dit non on l'écoute pas.
Quand maman part et qu'elle dit qu'on ne fait pas de bêtises on n'en fait pas et si elle dit qu'on en fait on en fait.
C'est pour faire des métiers.
Le papa il est né pour donner l'argent à sa femme et ses enfants.
Le papa travaille pour chercher des sous et pour qu'il achète.
Si un enfant qui est mort, on doit l'emmener au sommeil et si on est mort on voit plus jamais leurs parents.
Un papa, une maman, c'est quelque chose de proche, quelque chose qui est bien.
Maman ou papa nous soignent.
Si papa travaille, maman fait à manger pour son mari et pour ses enfants.
Si on fait des grosses bêtises, papa fait des grosses fessées.
Les parents c'est pratique.

Hubert André


Psaume 77

Seigneur, nos parents nous ont parlé de ta force,
de ton pouvoir de faire des merveilles.
Nous le raconterons à nos enfants,
pour qu'à leur tour, ils disent à leurs enfants :
« Dieu est le maître du ciel !
Pour son peuple, il fait pleuvoir, quand il veut,
l'eau du ciel, la manne qui le nourrit, la blé pour faire son pain ! »
Les enfants ont mangé le pain des grands.
Ils ont tellement mangé qu'ils n'avaient plus faim !
Dieu les a rassemblés, il en a fait un troupeau, son troupeau
et il l'a conduit vers sa maison.


Quelle place pour tout type de parents ?

Avec quel profil de parents, suis-je plus à l'aise ?
Quels moyens je me donne pour entrer en communication avec les autres ?

Le militant.
Le présent.
Le dévoué.
L'absent.
L'envahisseur.
Le consommateur.
L'inquiet.
Le submergé.
L'accusateur.
L'inhibé.
Le colporteur de rumeur.
Le précepteur.
Le mécontent.
Le content.
L'admiratif.
L'accompagnateur.
Le pratiquant.
L'intégriste.
L'indifférent.
L'expert.
Le fragile.
Le maltraitant.
Le comparateur.
Le dénigreur.
Le coupable.
L'agressif.
Le parfait.
L'invisible.
L'inconscient.
Le passif.
Le participant.
...


Des citations à méditer

« L'école a à faire avec tous les parents, dans leur diversité, y compris sous l'angle de leurs capacités de communication et de leur adhésion au projet d'instruire leurs enfants. »

« Les parents ont intérêt à attendre de l'école exactement ce qu'elle leur offre. »

« Nul n'est responsable des parents, de tous les parents, même pas les associations les plus représentatives. »

« Entre les parents, beaucoup de différences et de divergences. »

Philippe Perrenoud


« La famille s'est complexifiée, elle a explosé, s'est "décomposée". Il est inutile d'espérer un retour à la famille traditionnelle et verticale avec un père autoritaire ayant un droit de répudiation et d'emprisonnement. La tendance est à la famille "recomposée", horizontale, avec souvent plusieurs pères plus ou moins présents. Dans le meilleur des cas, l'autorité s'est partagée. Souvent, elle s'est diluée. Parfois, elle a disparu ou s'est inversée. »

« Je ne crois pas du tout qu'être parent soit un métier que l'on pourrait apprendre. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne puisse pas aider les parents et créer des lieux où ils puissent confronter leurs expériences. »

Le Monde de l'éducation, février 1999


« L'école doit rester un lieu appartenant aux enfants. Un lieu différent de la famille, où ils vivent leurs propres expériences avec des enseignants moins impliqués dans l'affectif et une majorité de moments où il n'y a pas le regard d'aucun parent. »

« C'est le même enfant qui se lève chez lui le matin, qui va passer la journée à l'école et se retrouve le soir avec sa famille... Quels liens entre tous ces lieux, entre tous ces adultes, entre tous ces "partenaires" qui vont le prendre en charge ? »

« S'il peut y avoir contact entre la famille et l'enseignant, entre l'enseignant et l'ATSEM, entre l'ATSEM et le personnel de cantine, c'est le lien avec tout le monde que les parents souhaitent. »

« Si je devais organiser une école des parents, j'inviterais les parents à plonger dans leur passé, à se revoir enfant ou adolescent sur les bancs de l'école, à retrouver ce qui leur importait alors. »

Education enfantine, n°3, novembre 1988


Devenir mère, joie et souffrance

Ressac du flux humain contre les parois de chair. Petit de moi, perçois-tu déjà mon murmure amoureux, ma tendresse vive ? Mon existence prend sens sous ton gouvernail.
Je vais nidifier au long des neuf mois. Attentive à toi, je vais aller, jamais plus seule, par les rues transfigurées. Ta présence va m’habiter comme la flamme au cœur de la lampe.
La péniche s’alourdit semaine après semaine. Lest précieux. Allégresse teintée d’anxiété : vais-je bien fabriquer cet enfant ? Pourrai-je le réussir jusqu’au plus petit lobe de son cerveau ?

Être devenue une femme de poids, occuper de la place pour deux ou presque. Susciter curiosité, ironie ou respect, mais de toutes façons ne plus passer inaperçue.
Premier accouchement, son mot d’incertitudes et de paniques. Souffrance indéniable du corps supplicié : ce n’est plus moi qui commande, c’est cet autre en moi qui prétend percer la fine paroi et s’expulser d’ici. Un autre désir que le mien se fait jour et se moque de mes cris rentrés. Un rythme étranger au mien, une pulsion irrépressible s’est emparée de ma chair surprise et va, jouant son propre jeu.
Délivrance enfin ! Immersion dans un plaisir sans commune mesure : corps rendu à la paix, comblé d’un orgasme inouï, cœur fou, partage et reconnaissance. Petit de nous venu à nous.
Domine l’émerveillement devant cette chose animée d’un souffle autonome, cet être encore replié sur son mystère, son noyau infrangible. Nouveau-né aux yeux le plus souvent clos, brutalement secoué par des vagues de rage affamée. Bouche exigeante, comme une sangsue au sein endolori. Détente repue, sourires d’ange. Ma fille !

Au nœud du couple novice, le père en question. Quelle place inventer ? Homme désemparé, troublé, privé de ses repères, éloigné de cette accaparée qui n’a plus grand chose en commun avec la sirène de l’année dernière, la séductrice, le corps pour l’amour fou. Un couple devient une famille.

Lente école de la discrétion. Je ne veux pas, je ne peux pas tout savoir de toi, mon enfant. Ton territoire t’appartient, tu n’as pas à me rendre compte de ton espace, de ton jeu. Ma vigilance crispée d’appréhension s’arrête à tes frontières. Je suis prête à recevoir ce que tu m’offriras, mais je ne réclamerai rien, je renoncerai même à l’attente impatiente qui agace l’air. C’est un être libre que j’ai voulu. Allions nos routes en espérant secrètement les carrefours, les croisées de chemins, les auberges de rencontre.

Enfant, tu n’aurais pu vivre si je t’avais étouffé sous ma demande, si je t’avais voulu en accord avec mon désir plutôt qu’avec le tien. Pour ne pas peser sur toi de tout mon amour, il me fallait exister pour mon compte, rester la femme de ton père autant que ta mère.

Colette Nys-Mazure ("Célébration du quotidien", Ed. Desclée de Brouwer)


© Crédit photo Altanaka / Fotolia.com



La place des parents. Quelques petites phrases pour réfléchir

Textes à méditer : mode d'emploi

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